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mercredi 14 avril 2021
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Marakacoungo: la population marche sur la mairie

Les populations de Marakacoungo et des villages environnants ont battu, lundi dernier, le pavé pour protester contre la gestion catastrophique faite par le Conseil municipal des terres de culture et des pâturages, de la santé et de l’éducation des enfants. Cette fronde contre le Conseil municipal vise principalement le maire, Amara Diakité, dont les populations ne veulent plus voir à la mairie. La marche partie de chez le chef de village, Souleymane Sissoko, a pris fin à la mairie par un meeting. Les manifestants ont adressé un message très significatif : une délégation spéciale en attendant les futures élections.

À l’appel des Associations pour le Mali (APM), dont le président communal est Boubacar Diakité, les populations des 9 villages de la commune de Marakacoungo et hameaux se sont massivement mobilisés pour dire «Non» au diktat imposé par le Conseil municipal et principalement son maire, Amara Diakité, qui s’est illustré, ces dernières années, par la spéculation foncière à ciel ouvert et l’emprisonnement de tous paysans ou groupes rivaux qui osent s’opposer à sa pratique mafieuse.
« J’ai invité, au nom des 9 chefs de village de la commune de Markacoungo, les populations à sortir massivement, ce jour, pour exprimer notre mécontentement contre le maire et tous ses collabos, pour dire que nous ne voulons plus de ce Conseil municipal, et inviter le gouvernement à le remplacer par une Délégation spéciale en attendant les prochaines élections. Amara et ses collaborateurs ont tout vendu dans la commune, les pâturages, les champs des paysans, il n’y a même plus là où trouver le bois de chauffe. À Markacoungo, nous n’avons même plus d’espaces pour enterrer nos morts », a ruminé le chef de village, Souleymane Sissoko.
Le président des APM, Bakary Diakité, devant le cortège, arrive dans la cour de la mairie aux environs de 11 heures où flottait un Drapeau tricolore complètement délavé. Là, tour à tour, les délégués des villages ont extériorisé leur révolte contre ce qui se passe dans leur commune en termes de gestion et de sécurité des personnes et de leurs biens.
Le président des APM a adressé ses mots de remerciement aux marcheurs qui ont accepté braver le soleil de plomb pour venir défendre leurs droits devant un Conseil municipal amorphe, complice de son chef de file (le maire Amara Diakité).
«Les gens en ont marre de tout ce qui se passe ici : gestion foncière, gestion du centre de santé, des écoles de la commune, des taxes collectées», a indiqué le responsable APEM. Avant de poursuivre: «Et pourtant, ce n’est pas par faute d’alerter. Nous avons saisi notre député, Yiri Keita ; le préfet, depuis Dioïla est informé, le sous-préfet aussi, ainsi que le juge, mais rien ne change. Désormais, les populations décident de prendre leurs responsabilités», a-t-il lancé.
Ainsi, les populations unies, comme une seule personne, se donneront comme devoir d’arracher toutes bornes ou piquets de morcellement irrégulièrement implantés par le maire et ses complices. Il en sera ainsi également pour tout paysan injustement emprisonné pour s’être opposé au morcellement de son champ, a indiqué M Diakité. «Marakacoungo ne se laissera plus piétiner par aucun pouvoir corrompu», a-t-il martelé.
M. Salia SIDIBE a, quant à lui, fustigé la mauvaise gestion du Conseil municipal qui n’a pu effectuer aucune réalisation visible dans la commune alors que tous les villages qui s’acquittent régulièrement de leurs impôts et taxes, souffrent de problème d’école. Pire, le centre de santé que l’équipe municipale a hérité est en train de mourir à petit feu, faute d’investissement. Il a aussi accusé le Conseil municipal d’avoir détourné une aide d’un partenaire destinée à la réalisation d’un périmètre maraîcher pour empêcher les jeunes à la coupe abusive du bois en vue d’en faire du charbon. L’aménagement et la disponibilité de ce périmètre devraient ainsi occuper les jeunes, a martelé M. Sidibé.
«N’ayant plus rien à faire, ce forestier qui était en poste à Zantiguila avant son élection s’affaire au morcellement et à la vente illégale des champs des paysans, malgré leur opposition. La situation dans cette commune est plus que préoccupante et nécessite une intervention d’urgence des pouvoirs publics», a conclu M. Sidibé.
Les femmes, qui étaient sorties en grand nombre que les hommes, munies de dabas, pour affirmer leur attachement aux champs de leur époux, ont exprimé leur détermination à soutenir ce combat même au prix de leur vie.
«Plus question d’observer, le maire Amara Diakité et ses complices, dans leur politique de bradage des ressources de la commune», a indiqué Safiatou Traoré.
Pour dissuader les villageois à le suivre, Amara Diakité a son plan bien échafaudé. Tout paysan qui s’oppose à sa décision est ciblé, de la tombée des pluies jusqu’en fin hivernage, pour recevoir des convocations au niveau de la Justice et de la gendarmerie. Ainsi, chaque fois que la pluie tombe, le paysan est convoqué et menacé de venir répondre tous les jours.
Bakary Coulibaly du village de Dougouyè, victime de cette pratique du maire Diakité, dira que son pétard est désormais mouillé et ne fera plus peur aux paysans de Marakacoungo, car pousse-pousse s’arrête au mur.

Par Sidi Dao




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