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jeudi 21 septembre 2017
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Marché des livres scolaires : la copie ravit la vedette à l’original

A l’approche de la rentrée scolaire, les manuels et fournitures scolaires se vendent comme du petit pain. Du coup, les vendeurs occasionnels se multiplient. D’aucuns changent parfois d’activités à cet effet. Même les marchands qui ne savent ni lire ni écrire profitent de l’occasion. Tous les moyens sont bons pour se faire des sous. Le phénomène devient un peu comme celui des médicaments de la rue. A cause de la modestie des prix par rapport aux librairies, les gens ignorent superbement ces établissements spécialisés.

Ces marchands occasionnels déambulent un peu partout à travers la capitale pour vendre des livres à la sauvette. Les marchés ne leur suffisent plus, ils se faufilent entre les véhicules de la circulation au mépris de leur vie. Dans les quartiers, certaines femmes se transforment en libraires occasionnelles. Elles étalent les « sésames » dans les assiettes pour les proposer aux clients dans les couloirs des marchés parfois à vil prix. Car, la plupart des livres proposés sont soit des copies, soit des livres soustraits des donations publiques.

Certains livres ne sont même pas lisibles à cause de la reproduction. Mais, les acheteurs ne s’en rendent pas comptent. L’essentiel pour eux est d’avoir un livre pour son enfant. Et tant pis pour la qualité. Les causes de ce phénomène sont nombreuses et chacun à sa part de responsabilité. D’abord, les parents parlent de la cherté de la vie. Du coup, ils préfèrent les livres moins chers même si c’est falsifié.

Mouaz Maïga de la « librairie Dambé » de Boulkassoumbougou explique le ras-bol des libraires. « On est fatigué par ce phénomène et ça joue beaucoup sur nos ventes » a-t-il indiqué.

Selon lui, actuellement, les livres sont vendus n’importent comment et par n’importe qui. « On a l’impression même que les gens oublient le rôle des librairies alors que dans la rue, ils ne distinguent pas le vrai du faux. Pour moi, tout le monde est fautif même les directeurs d’écoles, les parents, ainsi que les enseignants, tout le monde est devenu commerçant laissant leur véritable fonction », assure-t-il.

 Avant de poursuivre qu’il ya même des directeurs d’écoles qui font sortir les livres qui doivent être remis aux élèves gratuitement pour les vendre. C’est pourquoi, selon lui, les livres qui étaient vendus à 3000F peuvent être acquis à 1000F.

«  La différence de prix est trop grande. Ce qui fait que les clients qui viennent à la librairie trouvent que nos prix sont trop chers sans tenir compte des conditions d‘acquisition de ces livres par les vrais libraires. », regrette-t-il.

A l’en croire, il y a aussi plein d’enseignants qui se sont transformés en vendeurs de livres. Car ils proposent aux élèves d’acheter directement avec eux la liste des livres qui leur sont donnés en classe.

Pour lui, les parents ne cherchent que des bas prix à cause des problèmes d’argent.

« La faute incombe aussi aux grands commerçants car il y a des lieux au grand marché ou l’on voit tout genre de livre reproduit. Il arrive que certains parents, dès qu’ils se rendent compte que les livres achetés dans la rue ne sont pas de qualité, ils viennent nous voir », explique M. Maïga.

Qui poursuit que lorsqu’on achète un livre dans une librairie, on ne rencontre pas ces genres de problème.

« Le syllabaire est le meilleur exemple. On a parfois de la peine à reconnaître les écritures à plus forte raison, identifier les dessins qui illustrent les phrases. Une grande partie des livres de cette catégorie sont des copies. », assure-t-il. Avant de conclure  en demandant aux autorités de chercher une solution à ce problème qui est en train de prendre de  l’ampleur.




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