Marche pour le Mali: une opposition inconséqente

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La marche pour le Mali de l’Opposition dite démocratique et Républicaine du samedi 1er octobre 2016 est une imposture, une marche du double langage, de la démagogie et du deux poids deux mesures.
En effet, dans sa déclaration finale, elle affirme sans sourciller que : « depuis 30 mois notre peuple réclame le respect des lois, une justice égale pour tous », et continue dans la même en disant ceci : « l’Opposition républicaine et démocratique marche pour le Mali ce jour et prend à témoin le peuple malien et la communauté internationale pour exiger fermement du gouvernement de la République ce qui suit :
1. La tenue des concertations Nationales pour la Refondation de l’Etat,
2. Le retour du président ATT pour une vraie réconciliation Nationale. »
Voici deux des exigences fars de notre Opposition dite républicaine et démocratique.
Et oui ! La tradition, c’est sacré. Surtout dans l’exercice de la profession.
Ils ont acquis l’expérience de la dégustation à la table Nationale. Mais cela a mal tourné dirait l’autre. Oui la fierté de la confrérie a été bafouée, il nous fallait une nouvelle escroquerie politique, une nouvelle « Union Sacrée » pour le Mali dans une communauté de destin.
Parbleu ! je vous dis : Amertume ! Ecœurement ! Oui j’ai reconnu la foule du samedi 1er octobre 2016 sur le Boulevard de l’Indépendance. Ce n’est pas celle qui réclame le respect des lois, une justice égale pour tous. Ce n’est pas celle qui s’est mise debout pour répondre et défendre l’honneur et la souveraineté du Mali devant les propos blessants de l’Ambassadeur des USA M. PAUL FOLMSBEE.
Ha je sais ! C’est la foule brute de privilégiés, élémentaires, celle qui ne change pas, qui acclame servilement Boulanger, hurle aux vaincus, lynche le peuple et massacre les soldats ; celle qui choisit indistinctement ses héros parmi les prévaricateurs, les concussionnaires, et les corrompus ; celle qui crache sur la démocratie, conduit la jeunesse à la mer et l’armée à la guillotine ; celle qui se prostitue depuis plus de 20 ans à tous les tyrans, à toutes les idoles.
Sinon comment comprendre qu’une Opposition républicaine et démocratique peut-elle réclamer le respect des lois, une justice égale pour tous, et exiger fermement en même temps du gouvernement le retour du Président ATT poursuivit par la justice pour haute trahison ?
On veut soustraire ATT des poursuites au motif qu’il a travaillé en comparant 10 ans de stabilité politique et de réalisations à 3 ans d’un mandat en cours. Oui ATT a travaillé c’était son devoir de le faire il a été élu pour ça ! Mais il a échoué sur l’essentiel car pour moi son premier devoir était de défendre et de protéger le pays et ses institutions, il s’est révélé être une catastrophe dans ces domaines.
Et puis c’est lui qui est parti, s’il veut revenir rien ne l’empêche de le faire, mais s’il veut revenir avec les honneurs c’est à la justice de le lui rendre. Sinon quel est l’honneur d’un Président de la République de surcroit Général de son Etat qui le fuit au moment où il avait plus que besoin de lui !
Je me rappelle comme si c’était hier lors de son départ à Dakar quand il fut interrogé à l’Aéroport Bamako-Sénou par le jeune officier Bandjoukou Bengaly à la question : mon Général pourquoi des instructeurs doivent payer de leur honneur et liberté la mort de jeunes recrus inaptes ? Quelles sont les règles de l’engagement ? Que s’est-il passé à Aguelhok ? Pourquoi vous voulez fuir ?
Voici les états d’âmes de soldats vaincus d’une Armée trahie et humiliée par certains politiciens de la troisième République. Au moment où cette Armée commence son réarmement moral en mettant fin aux replis stratégiques, on vient nous dire que l’un des premiers responsables de notre drame national est un sain ! Et il faut qu’il soit traité comme tel parce que la fondation de son Jimmy Carter a mis les moyens pour le réhabiliter ! Non les sains ne vivent pas !
Si ATT doit revenir sans rendre compte à la justice Malienne au nom d’une vraie réconciliation Nationale, alors nous exigerons aussi la libération sans conditions de tous nos camarades détenus de l’ex CNRDRE.
Faisons du Mali un Etat de droit, un « Etat dans lequel la souveraineté appartient à la loi et non aux volontés arbitraires des hommes » (C-A-44 centesimus Annus)
L’Opposition dite républicaine et démocratique exige fermement du gouvernement aussi des concertations Nationales à mon sens elle ne réclame que des postes, des primes, du bruit et des couleurs autour de sa propre voix. Où sont les masques ? Ils sont tombés au nom des « Concertations Nationales » pardon j’allais dire « le coup d’Etat institutionnel » que la bande des mauvais perdants, des irréductibles préparent et qui pensent que pour avoir raison soit il faut crier plus que tous les autres ou parler plus qu’eux.
Oui les concertations Nationales semblent être le seul remède miracle trouvé par notre chère Opposition aux maux du Mali. En réalité, la demande des concertations nationales est le plus grand effort que la bande des bourgeois ait tenté pour proposer aux maliens le nouveau contrat de gouvernance, un nouveau mythe susceptible de contrebalancer le mythe du consensus, des concertations qui doivent se solder par un gouvernement « d’union nationale ». C’est pourquoi notre opposition lui accorde un accueil tendre et jaloux.
Non il ne faut pas se moquer des concertations nationales car 2016 n’est pas 2012, n’est-ce pas messieurs les irréductibles ? D’abord parce que beaucoup d’entre nous ne sont pas toujours restés insensibles à ses illusions ; ensuite parce que de braves gens sont morts à cause d’elles. Un ex-Président de la transition a même failli y laisser la vie.
Mais ce serait une erreur de croire qu’il n’y a que les bonnes causes qui suscitent des martyrs. Les martyrs souriants des concertations nationales nous interdisent la raillerie, ils ne nous empêchent pas de constater qu’ils sont morts pour une erreur. Oui c’était une erreur de croire qu’en se mettant tous ensemble qu’on pouvait faire vivre la démocratie. Qu’en réconciliant l’individu et la patrie autour du mythe consensuel, on réconciliait du même coup l’individu et la société. La patrie n’est pas la société. Elle n’en est même pas un diminutif, même pas une caricature. Elle relève d’une autre conception du monde.
Toujours est-il que le spectacle actuel prête à des multiples observations. Oui nous sommes d’accord que ça ne va pas au Mali ! Nous sommes aussi d’accord qu’il y a nécessité de dialoguer.
Mais ce n’est pas à l’Opposition dite républicaine et démocratique d’exiger des concertations nationales, c’est au régime élu à 77% par les maliens de faire le constat que le programme sur la base duquel, il a été élu ne répond plus aux aspirations de son peuple et d’en tirer les conséquences.
Comme disent les bambaras : « Cèkorôni tè a ka kulusi kwo su fè gwansan ! » traduction : « lorsque le petit vieillard fait sa lessive la nuit, c’est qu’il n’a pas de vêtements de recharge ou bien qu’il n’a personne pour laver son linge. »
Messieurs de l’Opposition vous qui avez été cherchés la communauté internationale à votre corps défendant, oubliant que personne ne fera le Mali à la place des maliens, savent mieux que quiconque que la question de la paix dépasse de beaucoup la volonté d’un gouvernement, quel qu’il soit. Vous qui avez été parmi les acteurs de la décadence nationale, vous savez bien ce qui détermine à l’heure actuelle à faire la paix. Il y a des raisons économiques profondes mais aussi politiques. Alors dans vos moments de frustration ne faites pas comme si vous n’avez aucune responsabilité dans la déchéance actuelle de notre pays. En disant cela je fais allusion au professeur Ali Nouhoum Diallo ex-Président de l’Assemblée Nationale et ex- Président du Parlement de la CEDEAO, car sa dernière sortie contre l’Armée est d’une telle monstruosité que l’histoire enregistrera comme l’une des plus grandes forfaitures du Mali contemporain ! Ce sectaire a manqué à son devoir « Maa kôrô kan ye fura ye » traduction : « c’est un remède, la parole de la sagesse ! »
Aujourd’hui le Mali n’a pas besoin du deux poids, deux mesures, de la démagogie et de l’inconséquence.
Les hommes politiques doivent comprendre que leur crédibilité en sera en fonction de la concordance de leurs projets, de leurs discours et de leurs comportements à l’égard du peuple.
Dans nos actions et agissements, nous devons faire un tri et ne retenir que ce qui est fiable, viable et transmissible aux générations du futur.

M. MARIKO BAKARY, France.

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