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mardi 23 juillet 2019
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Marche du vendredi 5 avril: des Bamakois s’expriment

Après la marche pacifique, organisée par l’imam Mahmoud DICKO, le vendredi 5 avril dernier, sur le Boulevard de l’indépendance, nous avons recueilli, hier lundi 8 avril, à travers la ville de Bamako, les impressions de certains Bamakois sur ladite marche.

Mountega DEMBELE : enseignant de formation : « celui, qui n’avance pas, recule »

La marche du vendredi passé, nous ne l’avons pas apprécié au départ, mais par la suite, on l’a apprécié, parce que le gouvernement actuel n’a jamais voulu régler aucun problème social, à commencer par les grèves des magistrats, des agents de la santé, et celles des élevés.

Le gouvernement est resté insensible, c’est pourquoi, il fallait que le peuple souverain lui rappelle qu’il est là pour lui et agit en son nom et pour son compte.

On a vu la révolution française de 1789 à Paris, la prise de la Bastilles, donc, il revient à IBK de conseiller le gouvernement de se méfier de certaines choses, respecter le peuple et de faire le travail correctement, et surtout de lutter contre la corruption.

IBK n’a jamais voulu déclarer ses biens, il a été couvert par Tapily, le président de la Cour suprême.

Ensuite le prix de l’avion présidentiel à un moment difficile où les Maliens traversent la crise. IBK s’est permis de payer un avion dont le prix réel n’est toujours pas connu des Maliens. Certains parlent de 20 milliards, d’autres de 21 milliards, ou encore 5 milliards de FCFA.

Les Maliens sont restés comme tels sans riposter, mais trop c’est trop, il y a eu les attaques, l’insécurité même à Bamako, nous sommes tous en insécurité, c’est pourquoi le peuple s’est montré, il faut qu’il comprenne ça. On n’est pas dans un régime, mais nous sommes en train de nous défendre, de faire appel à la conscience du gouvernement qui doit ouvrir ses yeux et cesse de dormir. Les Maliens souffrent, le coût de la vie est cher, les jeunes sont sans emplois, les écoles sont fermées, ça ne peut pas continuer.

Mon dernier mot, c’est qu’on ait le courage de le dire : si le gouvernement ne peut pas qu’il démissionne purement et simplement, nous sommes plus de 18 millions d’habitants, il y a tellement de cadres compétents qui sont là, prêts à prendre le pouvoir et à faire du Mali, le vrai Mali. Donc je demande au régime de se réveiller. Celui qui n’avance pas recule, la marche du vendredi n’est qu’une mise en garde.

Abdou TRAORE, partant volontaire à la retraite : « Ce n’était pas pour qu’il y’ait un coup d’Etat »

La marche, c’était bien et bonne. Elle n’était pas faite à cause de l’Islam et non à cause de quelque chose. Le peuple assiste à l’assassinat de ses enfants, des femmes, vielles personnes, ses militaires, gendarmes, douaniers à travers tout le pays. Tout cela se passe sans que les plus hautes autorités n’arrivent à résoudre cette situation.

C’est pourquoi les Maliens sont sortis pour montrer que ça ne va pas. Et si les autorités du pays ne peuvent pas sécuriser les populations, qu’elles laissent le pouvoir. Voilà le message que le peuple a fait passer. Sinon nous ne sommes pas sortis pour qu’il y’ait un coup d’Etat, pour qu’on tue des gens, mais nous sommes sortis pour leur montrer que ça ne va pas. Et ça, c’est un avertissement. Si le Président IBK sait qu’il ne peut pas sécuriser les populations, qu’il laisse le pouvoir. C’était la raison principale de la marche du vendredi.

Hawa COULIBALY, vendeuse : « Si on ne fait rien, on ne saura rien »

C’était bien, si on ne fait rien, on ne saura rien. Si les gens s’unissent pour agir comme cela, le gouvernement saura s’il a des problèmes ou pas. Pour moi, c’était une bonne manière pour réagir. Mais je demande aux manifestants de ne pas être agressifs, et violents.

Yacouba Sangaré : « Il faut que le PM soit relevé »

Nous sommes allés répondre à l’appel de notre imam DICKO, pour dénoncer les conflits entre enfants d’un même pays, ainsi que les récentes tueries au centre du Mali.

Il est temps pour les autorités de prendre leur responsabilité. Il faut que le PM soit relevé de ses fonctions. Le président, c’est le peuple qui l’a élu, et il doit écouter pleinement ce peuple. Qu’il fasse acte de prudence, car nous ne voulons pas de problème. Nous allons écouter les conseils de nos leaders religieux et exécuter ce qu’ils vont nous dire.

Djibril Doumbia : «La rumeur de l’assassinat des Peuls par des Dogons est fausse »

Selon moi, le meeting a été une réussite car à vrai dire les Maliens sont fatigués. Ils sont en train de mourir pour des raisons non valables tandis que les responsables ne s’en soucient guerre. La rumeur relative à l’assassinat des Peuls par des Dogons est fausse. Ils ont été tués par des Français et la MINUSMA. Il faut noter que Mahmoud Dicko s’est lévé à un moment opportun et nous devons l’aider car à défaut, ils viendront nous tuer tous jusqu’à Bamako. J’aurai voulu lors de la marche que DICKO invite tout le monde à dire que nous ne voulons pas de la France, la MINUSMA. Il devrait appeler ceux-ci à quitter notre territoire. A vrai dire si ces gens ne partent pas nous n’allons jamais vivre en paix. Il est à noter que nos dirigeants ne sont pas bons, car ils ne pensent qu’à eux, leurs familles. Nous prions Dieu pour que nos dirigeants soient remplacés.

Nouhoum Samaké : « Que cette marche cesse car nous n’en voulons pas »

Cette marche est une manœuvre politique qui a pour vocation de diviser la nation. Au moment où nous sommes, faire un appel massif de la population ne résoudra aucun problème. Ça ne fera qu’engendrer des problèmes. Je souhaite que cette marche cesse, car nous n’en voulons pas.

Kara Kodio : enseignant à la retraite : « IBK, lui, ne veut que son argent et c’est fini »

Le peuple malien s’est exprimé la situation qu’il vit au quotidien, à travers la grande marche du vendredi. Ça, ce n’est pas pour rien, tant de monde dans la rue, ce n’est pas du cinéma, ce n’est pas un montage, ce n’est pas le fait d’un parti politique, c’est tout le peuple mécontent qui est là. Cela veut tout dire. Un pouvoir qui ne veut pas comprendre la colère du peuple et essaye de le réprimer par la force s’en ira. Les policiers ont été sages, si jamais les policiers avaient fait la moindre brutalité sur la population, tous les commissaires de police auraient été brulés à Bamako. Le gouverneur a interdit la manifestation, le Premier ministre l’a aussi interdit, mais les gens ont marché. Les policiers n’ont pas tiré sur les gens, c’est une sagesse de leur part qu’il faut saluer. Aucun pouvoir au monde ne peut résister face à la force de la population. Tout ce qui se produit, se produit au bon moment. Le vendredi 5 avril, les gens ont agi parce que c’était nécessaire. Regarde la situation réelle du Mali, le nord n’appartient plus au Mali, des conteneurs quittent Kidal pour aller en Côte-d’Ivoire par des motards français et qu’est ce qui est dans ces conteneurs on ne sait pas.

Chaque soir, les carburants français descendent à Kidal, la MINUSMA qu’est-ce qu’elle fou ici ? Les gens qui sont gracieusement payés, des rebelles entrent, des Peuls et des Dogons s’affrontent, on ne sait même pas. Et cela veut tout dire, où est le pouvoir dans tout cela, le pouvoir n’existe pas. IBK, lui, ne veut que son argent et c’est fini. Que le Mali brule, ce n’est pas son problème. Les Français vont dire qu’il est Français et ils vont lui défendre, c’est clair.

Daouda Keita commerçant : « La marche n’avait rien de religieux mais patriotique »

La marche a été une réussite exceptionnelle. Elle n’avait pas une vocation religieuse, mais une vocation patriotique pour qu’une solution puisse être trouvée à nos problèmes avant qu’une guerre civile n’éclate. C’est la raison pour laquelle nous sommes allés répondre massivement à l’appel de DICKO.

Pour moi, le Premier ministre n’a rien fait de grave. Le fautif c’est le Président IBK, car c’est lui qu’on a choisi, c’est lui le chef. Nous sommes au même rang que Boubèye. Il peut-être demis de ces fonctions, par contre pour le Président ce n’est pas le même cas. Le Président est élu pour un moment déterminé et ne peut être remplacé qu’à la fin de son mandat. Je lance un appel au Président IBK qu’il regarde un peu les enfants du pays. Si tu vois qu’il y a altercation entre le Président et la population, c’est juste une question liée à la Patrie car s’il n’est plus au poste de Président, personne ne l’embêtera et personne ne demandera son avis.

Ibrahim Tienta: «Je souhaite que le Président et le PM dégagent tous »

L’initiative de cette marche m’a beaucoup plu compte-tenu de la situation de notre pays. Je souhaite qu’ils dégagent tous, aussi bien le Président que le Premier ministre.

Propos recueillis par Joseph Marie DAKOUO

et Almamy Malick SYLLA (stagiaires)

 




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