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samedi 18 novembre 2017
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Mariage précoce: le carton rouge de OXFAM-Mali

La plateforme des jeunes du Mali « Anw tè son», le creuset de toutes les sensibilités de la jeunesse de la majorité présidentielle, de l’opposition et de la société civile, a organisé, samedi et dimanche dernier, les journées de réflexion sur la contribution aux pourparlers inclusifs d’Alger. Objectif affiché: fédérer les visions et les solutions des jeunes du Mali en apportant des éléments susceptibles de mieux accompagner les négociateurs et l’équipe de médiation, tout en garantissant une acceptation par tous des futurs accords.

La ministre de la Femme, de l’enfant et de la famille a lancé, le vendredi dernier, le projet sur la prévention du mariage précoce, initié par OXFAM. C’était sous le hangar de la Plateforme des femmes, sis dans l’enceinte du Centre Aoua KEITA.

La ministre de la Femme, de l’enfant et de la famille, Mme SANGARE Oumou BA, était entourée du directeur de OXFAM, Alkassoum KADADE, de la coordinatrice du Programme My rights, My voice (Mes droits, ma voix), Mme TOGO Sitan CISSE et de la présidente du Conseil consultatif des jeunes, Adam DICKO.

Les organisations comme la Coalition nationale éducation pour tous (EPT), FAWE-Walé, AMPPF, ASDAP, Projet jeunes, AJCAD étaient représentés ; sans oublier la présence des représentants des ministères de l’Education, de la Santé, de la Jeunesse, entre autres.

La rencontre visait à partager et présenter le Projet de prévention du mariage précoce aux partenaires de OXFAM. Il s’agissait notamment d’expliquer le Projet dans son ensemble (le contexte, les objectifs, les stratégies, les résultats, les activités, les exigences du bailleur, les canevas et délais de rapportage, les rôles et responsabilités de chaque partie prenante).

Selon le directeur de OXFAM, le Projet sur le mariage précoce est celui qui vient compléter les activités du programme My rights, My voice, en cours pour 2014 2015. C’est un programme qui intervient dans 8 pays (Afghanistan, Tanzanie, Népal, Niger, Mali, Géorgie, Pakistan et Vietnam). Il s’agit d’un projet innovant qui vise à prévenir le mariage précoce, à travers l’éducation, l’accès à l’information en santé sexuelle et reproductive et l’implication des jeunes dans la campagne de sensibilisation. Il est axé sur la formation des enseignants, des pairs éducateurs et d’autres jeunes et le plaidoyer au niveau de la région de Ségou et dans le District de Bamako.

Chaque année, a-t-il noté, plusieurs milliers de jeunes filles sont forcées à se marier avant l’âge de 8 ans dans le monde.

Le phénomène du mariage précoce ne date pas d’hier et ne se réglera pas en un jour, a déclaré le patron d’OXFAM-Mali.

La présidente du Conseil consultatif des jeunes, Adam DICKO, lui, a plaidé pour un abandon pure et simple du mariage précoce dans le monde, en général, et au Mali, en particulier. Car, selon elle, le phénomène touce1/3 des filles dans les pays en voie de développement.

La ministre de la Femme, de l’enfant et de la famille, Mme SANGARE Oumou BA, a rappelé que le taux de garçons scolarisés est toujours supérieur à celui des filles. Bien que la scolarisation des filles augmente, d’énormes obstacles socioéconomiques les empêchent de terminer leurs études.

Au nombre de ces obstacles, figurent selon la ministre, les rôles domestiques traditionnels, le manque de choix économiques pour les femmes, l’insuffisance d’éducation à la santé sexuelle et reproductive et les mariages précoces menant à des grossesses précoces ou inversement.

Au Mali, l’âge moyen du premier rapport sexuel est estimé à 13-14 ans. Ainsi, les jeunes ignorent les risques et exposent leur vie à de nombreuses menaces dévastatrices allant de grossesses non désirées au VIH et autres infections sexuellement transmissibles.

L’âge légal du mariage pour les filles est de 15 ans, mais nombre d’entre elles deviennent épouses bien plus tôt et sont forcées d’abandonner leur scolarité.

Dans le même temps, la faible qualité de l’éducation jette ainsi un discrédit sur cette même éducation.

Grâce au présent projet, a espéré la ministre de la Femme, les enfants et les jeunes au Mali disposeront les potentiels nécessaires pour changer leur vie et transformer leurs communautés. C’est pourquoi Oumou BA a souhaité l’élargissement du projet à toutes les régions du Mali.

Durant 12 mois, d’octobre 2014 à octobre 2015, sous la coordination de Mme TOGO Sitan CISSE, le projet renforcera les capacités des filles avec des connaissances, des compétences et des systèmes de soutien pour le changement de comportement des filles et des adolescents.

Le programme proposé va inclure la formation en compétences de vie à travers l’enseignement des filles en santé sexuelle et reproductive et en droits, ainsi que sur les effets néfastes des mariage et grossesse précoces, la sensibilisation juridique, la communication, la négociation et des compétences de prise de décisions, de partage de l’information et la création des espaces sûrs et des réseaux de soutien visant à équiper les filles pour mieux se connaître, elles-mêmes, et leur permettre de plaider pour leur cause.

Il appuiera au changement social par le renforcement de la sensibilisation du public sur les préjudices causés par le mariage précoce et le soutien des initiatives communautaires de sensibilisation et d’influence des mentalités qui ont un potentiel énorme pour amener des changements positifs.

Un sketch sur le mariage précoce a été présenté par une troupe venu de Niamankoro. Aussi, une communication sur le virus Ébola (comment elle se manifeste, ses modes  contamination, les mesures préventives…le numéro vert) a été faite en marge du lancement.

Par Hamidou TOGO

 




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