Mariage précoce: plaidoyer pour porter l’âge minimum à 18 ans

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Le Secrétaire général du ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, Attacher MAIGA, a procédé, hier jeudi, à la Cité des Enfants, au lancement officiel du programme conjoint «Le mariage n’est pas un jeu» et «Son choix à elle». Soutenus par l’Ambassadeur des Pays Bas, ces programmes de plaidoyer de 5 ans cadrent parfaitement avec la politique nationale de lutte contre le mariage précoce dans notre pays.

Les responsables de l’ambassade des pays Bas, de l’ONG Save the children, de Oxfam, d’Enda Mali, du Parlement des enfants du Mali étaient présents au lancement de ces programmes. Cette cérémonie consacre le démarrage d’importantes activités de plaidoyers, de sensibilisation, d’information sur le méfait du mariage précoce en vue d’un changement de comportement à tous les niveaux.
Lors de cette cérémonie, Rose DOLO, agent de l’ONG Oxfam a fait une présentation sur les missions, les attentes et les objectifs de ce programme conjoint dans notre pays avant de faire un constat alarmant de la pratique du mariage précoce dans notre pays. Selon elle, ces programmes ont été initiés pour venir en appui aux autorités nationales dans le cadre de la lutte contre le mariage des jeunes filles afin de réduire le taux de cette pratique voire l’éradiquer.
Durant la période de la mise en œuvre de ces programmes qui vont concerner singulièrement les régions de Ségou et de Sikasso, seront menées des compétitions intercommunautaires et inter-écoles sur le mariage des filles ; des actions de plaidoyers, de rencontres ciblant les notabilités, les leaders religieux, les associations de femmes, de jeunes et de filles.
Elle a expliqué ensuite que les objectifs de ces rencontres visaient à contribuer à lutter significativement contre cette pratique dans notre pays qui a atteint une proportion très élevée. Elle a fait remarquer à cet effet que selon l’EDS V de 2012, 20% de nos filles sont données en mariage à 15 ans contre 50% des filles qui se marient avant l’âge de 18 ans. Selon la même source, 37% des femmes ont leur premier enfant avant que leur organisme ne soit apte physiologiquement à la reproduction.
Avec ces chiffres, il n’est étonnant pas, pense la Directrice pays de l’ONG Save the Children, Leila BOURAHA, que notre pays soit cité parmi les Etats à la traine dans la lutte contre ce phénomène. En effet, en s’appuyant sur les chiffres l’UNICEF, notre pays arrive en 6e position sur les 10 pays ayant les taux les plus élevés de mariages des enfants, en Afrique avec 55% de mariages des enfants de moins de 18 ans.
S’agissant des deux programmes « Le mariage n’est pas un jeu » et « Son choix à elle», ils sont soutenus financièrement par l’ambassade des Pays Bas à hauteur de 2 milliards de FCFA.
Sa représentante a soutenu que cette contribution rentre dans le cadre des programmes d’aide des Pays Bas au Mali pour l’amélioration de la santé et la lutte, à travers la lutte contre des pratiques néfastes sur la santé.
De son côté, la 1ère vice-présidente du Parlement des enfants du Mali, Bassan SOW, compatissant aux douleurs des nombreuses filles mariées précocement, soutient que cette pratique prive ses camarades de toutes perspectives d’épanouissement. L’isolement, les maladies, l’exposition à la violence, les grossesses prématurées sont, entre autres, conséquences dont sont victimes les jeunes filles, a signalé Mlle Bassan SOW.
Et face à l’ampleur de la situation, elle est d’avis avec ses prédécesseurs pour une révision de la législation en vue l’augmentation de l’âge du mariage à 18 ans pour les filles. Ce, ajoute-elle, pour rétablir l’équilibre social entre les filles et les garçons et corriger en même temps une injustice en faveur des filles.
Quant au secrétaire général du ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, Attacher MAIGA, il pense qu’aucun pays ne réussira le combat contre le mariage précoce si des efforts ne sont pas consentis pour maintenir les filles à l’école très longtemps que possible. Aussi, invitant les partenaires à plus de méthode dans leur approche, il a ajouté que le mariage des jeunes filles était un facteur de régression pour lepays.

Par Sikou BAH

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