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lundi 22 avril 2019
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Meeting de Mahmoud Dicko: la grande mobilisation des fidèles

A l’appel du Haut conseil islamique du Mali, pour un meeting de prières et de bénédictions pour le Mali, la communauté musulmane du Mali s’était donné rendez-vous, hier dimanche 10 février 2019, au Stade du 26 mars, plein à craquer. Mais, la tribune a servi de cadre pour les principaux intervenants de dénoncer la mauvaise gouvernance du régime, qu’ils appellent à dégager » ; le projet de l’homosexualité, l’ingérence de la France dans les affaires du Mali.

Ils étaient des centaines de milliers de personnes, plus de 60 000, selon certaines estimations, à répondre, hier dimanche, à l’appel de l’Imam Mahmoud DICKO, président du Haut Conseil Islamique du Mali (HCIM).
Etaient présents au stade ce jour, outre Mahmoud DICKO, plusieurs responsables politiques et de la société civile, parmi lesquelles, Soumaila CISSE, Tiébilé DRAME, Me Mountaga TALL, Oumar MARIKO, Choguel Kokala MAÏGA, Ras BATH, Jeanmille BITTAR.
Seul absent de taille, le Cherif de Nioro Bouyé HAIDARA, pourtant annoncé comme étant le parrain de l’événement.
De sources proches de la famille chérifienne, apprend-on, cette absence s’explique par l’état de santé fragile du patriarche.
Il est 10h 25, ce dimanche, quand l’imam Mahmoud DICKO fait son entrée dans le stade sous les applaudissements nourris du public.
Lors ce meeting, l’intervention du représentant du Chérif de Nioro et celle de l’imam DICKO étaient les plus attendues par les fidèles.
Selon son représentant, le guide religieux, Bouyé HAÏDARA, demande à IBK de faire le choix entre maintenir à son poste ou faire partir son Premier ministre.
«IBK doit sauver son pouvoir et son pays. Mais, son Premier ministre, Soumeylou Boubèye MAÏGA, doit partir. Si Boubèye reste, tout peut se passer», rapporte le porte-parole du Cherif de Nioro.
Quant à l’imam DICKO, il a insisté sur les propos tenus par le porte-parole de Bouyé.
«S’ils ne comprennent pas ce que le Cherif vient de dire, nous allons les faire comprendre autrement, à savoir : on va leur demander de dégager», a menacé DICKO, faisant allusion au président IBK et son Premier ministre.
Dénonçant le projet de manuel scolaire sur l’enseignement de l’homosexualité à nos enfants à l’école, le président du Haut conseil islamique, a indiqué que Soumeylou Boubèye n’est pas à sa 1ère tentative de perversion des mœurs avec le projet d’Education sexuelle complète. «Toutes les mauvaises lois, c’était lui, quand il était ministre des Affaires étrangères », a-t-il accusé.
Contre l’impérialisme français, l’imam DICKO dénonce : « La France nous a dirigé hier. Mais qu’elle continue de nous diriger encore aujourd’hui est inacceptable ». Et d’ajouter :
«Il faut refuser ça. Car, c’est le désordre aujourd’hui mais bientôt c’est l’anarchie. Je ne ferai pas d’autres commentaires», conclut l’imam DICKO, très rayonnant d’avoir réussi sa grande mobilisation.
Pour son meeting de dimanche, l’imam DICKO s’est offert le luxe de refuser l’aide financière de 50 millions de FCFA, proposée par le gouvernement. Selon l’imam DICKO, ceci aurait vidé la manifestation de sa «substance» qui se voulait être une mobilisation pour la paix, le don de soi et la foi en Dieu.
Par contre, il reconnaît avoir accepté le même montant de la part du Chérif de Nioro avec qui, il avait préparé cette mobilisation pour la paix, qui s’est révélé comme celle d’un procès du régime IBK et sa gouvernance.
Selon lui, la situation au centre est la conséquence de mauvaise gouvernance.
«Il faut que le peuple soit débout. Nous devons rester nobles et fiers. Nous ne devons pas vivre comme des étrangers chez nous. Pourquoi nous entretenons maintenant ? Ils veulent nous distraire pour s’occuper de l’essentiel, il faut l’arrêter. Ceux qui prennent les armes au nom de l’islam doivent nous laisser en paix. C’est une honte, cette guerre entre les frères», s’est-il insurgé.
Pour l’imam DICKO, il ne s’agit pas d’une affaire de peul, c’est un complot contre notre pays et l’islam.
Aussi, il s’est indigné de voir que tous ses massacres au centre se déroulent dans la quasi-indifférence des autorités.
«Ceux qui disent qu’ils ne sont pas au courant, qu’ils ne se reprochent rien, ne sont pas assez responsables. Si vous n’écoutez pas les conseils du chérif, vous allez l’apprendre à votre dépend. J’invite les autorités à se ressaisir», a-t-il prévenu.
L’imam DICKO dit ne pas comprendre, comment dans un pays où il y a l’armée, la MINUSMA, et toutes les forces internationales, qu’on nous dit que ce sont des donsos qui font la loi au centre du pays.
« On incendie les villages, on tue les hommes, pendant ce temps, aucune force ne bouge. Comment comprendre, que des donsos se retrouvent avec les armes de guerre ? ». S’est-il interrogé.
«Du haut de cette tribune, je lance un appel à nos frères, notamment aux peuls, aux Dogons, aux Bozos, aux Bwas, en les disant que nous sommes tous des frères et sœurs, des cousins», a-t-il conclu.

Par Abdoulaye OUATTARA




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