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lundi 22 avril 2019
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Meeting du HCI: le chantage de l’Imam Dicko

Très mécontent face à l’ingérence de certains pays, dont la France dans les affaires du Mali, le président du HCIM a appelé les autorités nationales à se ressaisir. Il en veut pour preuve, les ordres donnés par l’ambassadeur de France au Mali au Premier ministre Soumeylou Boubèye Maiga pour mettre fin à sa Mission de bons offices mise en place par l’ancien Premier ministre Abdoulaye Idrissa Maiga. Face à ces ingérences et le laisser-aller qui s’est installé dans le pays comme mode de gouvernance, Mahmoud Dicko a appelé les gouvernants à se ‘’ressaisir’’, faute de quoi, ils (les musulmans au nom de qui il parle) se verront dans l’obligation de leur dire de ‘’dégager’’.

Transcription libre de l’intervention de Mahmoud DICKO lors du meeting du 10 février 2019

Chers musulmans, disciples du Prophète (PSL), nous rendons grâce à Allah, lui qui nous donner l’islam comme religion. Une religion que Dieu a juré d’élever au-dessus de toutes les autres, qu’il ne déplaise aux mécréants.

Nous demandons à Allah d’accorder la paix et le salut au Prophète (PSL) à ses descendants. Qu’Allah nous pardonne de nos pêchés. Nous rendons grâce à Allah !

Mes Cheick, mes collaborateurs, mes amis ici présents ainsi que les personnalités de Bamako, les Maliens de l’intérieur comme de l’extérieur, je vous salue tous !

Un salut particulier s’adresse à celui que j’appelle « A charafou choraffa » ! Le Cheik Mohamed Ould Chekiné HAIDARA dit Bouyé. Le Chérif nous a fait une très grande surprise. Je préfère vous dire ça avant de continuer. Je vais vous dire ce que le représentant du Chérif de Nioro, par pudeur, n’a pas voulu dévoiler à ce propos.

On nous a proposé 50 millions comme soutien à l’organisation de ce meeting. Nous l’avons refusé nous avons répondu que cette initiative a été prise comme un don de soi de la part de chaque participant, à Allah. Nous le faisons à cause d’Allah ! De ce fait, nous devons tenter de savoir ce que vaut notre engagement par nos propres moyens, sans l’aide de quelqu’un. Il faut que nous parvenions à organiser certaines choses sans contrepartie, sans attendre quoi que ce soit de la part de quelqu’un. Il faut que nous montrions cette voie aux gens, que cela soit un exemple.

Il y a une mauvaise habitude dans ce pays, dès qu’on tape du tam-tam, on vous envoie de l’argent. Il faut faire cesser çà. Car nous savons que l’argent qu’ils nous donnent ne provient pas de leur poche. Ce sont vos impôts et taxes, sinon, ils n’ont rien eux-mêmes.

Il va falloir qu’on sorte de ces cycles.

Après cela, A charafou choraffa m’a envoyé un émissaire avec la bagatelle de 50 millions de FCFA. Dans son message, il m’a dit ceci, je sais pourquoi tu as refusé ce soutien du gouvernement, mais je te donne la même somme avec la baraka. Je te prie de bien vouloir accepter ce cadeau de ma part et tu peux en disposer comme tu veux. En fait, ça, c’est une culture chez les Chérifs, je profite de l’occasion pour saluer et remercier le Chérif de Nioro. Cela n’est nullement une surprise de sa part, ça ne relève pas de l’extraordinaire.

Chers musulmans, je ne serai pas long. Ce qui été dit ici est un message très clair. Des propos de notre Cheik et collaborateur Mohamed TRAORE, jusqu’à notre fils, et notre maman Kadidia, je pense que l’essentiel a été dit.

Mais, le message, c’est celui de Bouyé. Ce qu’il a dit, c’est l’essentiel. C’est le pilier de notre message. Il est adressé clairement à quelqu’un (ndlr président IBK). J’espère qu’il va comprendre. Sinon, il l’apprendra autrement. Je ne fais pas de commentaire sur ça. Le message du Chérif est clairement adressé au chef de l’État. S’il comprend, c’est tant mieux. Dans le cas contraire, le Chérif nous a invités à nous mobiliser. Nous veillerons, nous resterons mobilisés. Nous avons tout simplement décidé de suspendre nos actions. Mais les dispositions sont prises sur l’ensemble du territoire. Ils ont pensé que les musulmans ne peuvent s’entendre et se mobiliser autour d’un objectif commun. On a crié sur tous les toits que c’est fini pour DICKO. Qui peut mettre fin à la volonté d’Allah ? Tu es qui pour mettre fin au pouvoir de DICKO ? Tu ne peux pas. Nous cherchons à faire face à nos préoccupations, pour le reste, c’est des détails. Ils doivent répondre aux messages qu’on les a adressés. L’essentiel, c’est le pays. Ce pays où nous vivons, notre Mali, ce grand pays. Le pays de Kankou Moussa, de Askia Mohamed, de Firoun, de Ahamed BABA, de Babemba, de Koumbi DIOSSE, ce grand pays ! Le pays de Sékou Amadou Macina, Amadou Hamdallaye ; El Hadji Oumar FOUTI, ce grand pays, bénit ! Que ce pays puisse tomber si bas pour devenir la risée de tout monde, de ses ennemis.

Nous réitérons notre souveraineté pendant que nous sommes assis. Non ! Il faut que le peuple soit debout. Nous devons rester nobles et fiers. Nous ne devons pas vivre comme des étrangers chez nous. Cela n’est pas acceptable. Ceux qui ont compromis le pays, ceux qui ont mis dos à dos les fils de ce pays ; ceux qui depuis des temps immémoriaux vivaient ensemble dans la symbiose se mettent du jour au lendemain à se massacrer. Pourquoi maintenant alors que cela jamais été le cas ? Ce que vous devez comprendre, c’est que nous sommes victimes d’un complot. Ils veulent créer une crise qui n’a pas sa raison d’être pour profiter des richesses du pays. Ils veulent nous distraire pour s’occuper de l’essentiel de notre pays. Aujourd’hui, c’est des conflits intercommunautaires entre peuls et dogons, bambara et bozo, peuls et bambara, rien que pour des bêtises, nous nous entretuons. Pourquoi ? Ceux qui prennent les armes au nom de l’islam doivent nous laisser en paix. Depuis plus de mille ans, ce pays a connu l’islam. Il n’y a pas de villages, de casernes, de lieux de rassemblement où n’existe au moins une mosquée. Est-ce que c’est les armes qui ont fait ça ? Mais, on nous pousse les uns contre les autres, et on nous parle de l’islam. Ce n’est pas une question peule, c’est une attaque contre l’islam.

Comment peut-on comprendre qu’on s’en prenne aux peuls au Mali, au Burkina, au Niger, au Nigeria, au Cameroun, en Centre Afrique, au même moment, cela n’est pas possible. Les gens doivent comprendre que ce n’est pas une question peule, et les peuls doivent aussi comprendre qu’ils ne sont eux les cibles, mais la pratique de l’islam. C’est une honte cette guerre entre les frères maliens. On ne peut comprendre que ceux qui disent Laah Ilaha Ilalahou, pour la seule différence ethnique, acceptent de prendre les armes avec des ennemis du pays pour s’entretuer.

Nous savons qui donne ses armes et on va les dénoncer au moment opportun. Ce sont eux, quand on brule les motos d’un groupe armé qui renouvellent le parc. Ce sont nos siens, ceux à qui nous avons fait confiance pour nous diriger qui nous ont trahis. C’est ça, la réalité, c’est la vérité crue qu’on est obligé de dire. Il faut arrêter ce cirque au centre du pays. On ne peut pas comprendre que dans un pays où il y a l’armée, la MINUSMA et toutes les internationales, qu’on nous dit que c’est les donsos qui font la loi au centre du pays. On incendie les villages, on tue les hommes. Pendant ce temps, aucune force ne bouge. Comment comprendre que des donsos se retrouvent avec les armes de guerre ?

On est en train de nous distraire, il faut arrêter ça. Du haut de cette tribune, je lance un appel à nos frères, notamment aux peuls, aux Dogons, aux Bozos, aux Bwas, leur dire que nous sommes tous des frères et sœurs, des cousins. Nous ne devons pas accepter de perdre la foi, de devenir des mécréants pour nous entretuer.

Comment comprendre que des voisins s’entretuent que des autorités disent qu’ils ne sont pas au courant de ça. C’est ça l’insulte pour le peuple. Cela veut dire qu’ils ne sont responsables de rien. On ne doit pas tenir de tels propos devant le peuple qui t’a élu. Des citoyens vous mettent à la tête du pays et que face à des erreurs de gouvernance énormes, vous vous contentez de nous dire que vous ne vous reprochez rien. J’invite le président à écouter attentivement les conseils du Chérif.

Si le message n’est pas écouté, il y aura des actes. Le pays est tombé bas, détériorer. Certes, nous avons été colonisés par la France, mais elle ne peut pas continuer à nous dicter ce qu’on doit faire.

Hier, on dépendait d’elle, aujourd’hui qu’on indépendant, ne devrions-nous pas être maitre de nous-mêmes ?

J’ai dit sur toutes les antennes, lorsque j’étais à la Mission de bons offices, c’est sur instruction de la France, notamment l’ambassadeur de France au Mali, que les autorités maliennes ont mis fin à cette belle initiative qui était d’aller parler à certains Maliens pour qu’ils intègrent la république.

Lorsque j’ai appris cela, j’ai été le voir dans son bureau pour lui dire que c’est la France qui l’appartient, mais pas le Mali. Pourquoi vous posez cette question ?

De quel droit ? De quoi tu te mêles ? Pourquoi tu t’ingères dans nos affaires ? Il faut qu’on refuse ça. Non, un pays ami est un pays ami. On collabore avec tout le monde. On préserve les intérêts des uns et des autres. Prétendre prendre notre souveraineté, alors qu’on est plus maître de nous-mêmes ; et qu’on ne peut rien faire de nous-mêmes. Non, il faut refuser ça. Il faut que le peuple se mette debout pour la restauration de notre dignité et de nos valeurs culturelles.

La dignité et les valeurs culturelles sont sauvegardées par celui qui jouit de toutes ses facultés mentales. Si quelqu’un perd la raison, le reste de son corps ne sert à plus rien.

Il faut arrêter d’ouvrir et donner tous les compartiments du pays à n’importe qui, notamment ceux qui ne viennent pas ouvrir des usines, ou autres structures créatrices d’emplois. Qu’est-ce qu’ils viennent ouvrir ici ? Des bars, des chambres de passe et des lieux de vente de drogues. Et donner une mauvaise éducation aux enfants du pays.

Mais le plus grave dans tout cela, ils n’ont même pas d’autorisation souvent à faire telle ou telle chose. Ils s’installent comme ils veulent, là où ils veulent, parce qu’il y a le désordre dans le pays. Et bientôt, c’est l’anarchie. Chacun fait ce qu’il veut. Chacun dit ce qu’il veut. Cela, que tu sois Malien ou étranger. Le pays est laissé aux étrangers qui en abusent à souhait.

Autrefois, si tu voyais quelqu’un venir en toi, tu es content pensant directement avoir eu un partenaire bienfaiteur. Aujourd’hui, si tu vois quelqu’un dans l’obscurité, tu es inquiet, car ne sachant ce qu’il peut te faire. Les drogués et autres consommateurs stupéfiants se promènent partout dans le pays. Cela va-t-il continuer éternellement ?

Cela ne leur suffit plus. Maintenant, ils vont exiger du pays autre chose de plus grave. Depuis que les gens se cachent pour le faire, à savoir l’homosexualité, les gays et autres. Mais comment on peut imaginer que dans notre pays, le Mali, tu vas enseigner l’éducation sexuelle à nos enfants ? Non vous savez la vérité, vraiment, il faut que nos autorités se ressaisissent. Sans quoi, ça ne marchera pas. S’ils ne se ressaisissent pas, on leur dira ce qu’on avait dit aux autres. S’ils ne se ressaisissent pas, on leur dira de dégager. Dégagez (reprise par la foule, Boubèye dégagez)

S’ils se ressaisissent, nous sommes tous des parents, des amis et collaborateurs.

Qu’ils se ressaisissent, c’est cela le vœu à nous tous. Car personne ne souhaite que le pays tombe dans l’impasse et l’incertitude. C’est notre patrie, on ne veut qu’elle soit détruite. On veut qu’il soit construit. Celui à qui nous avons eu confiance pour conduire les destinées du pays doit savoir que les autres réfléchissent et comprennent les choses. Ils ont une opinion. Mais, il ne doit pas nous regarder sous le même regard des colonisateurs et impérialistes, pour qui nous n’avons pas d’opinion.

Il est temps que vous vous arrêtiez pour échanger avec les autres citoyens. Si vous ne vous arrêtez pas, sachez que vous allez droit au mur. Ce qui n’augure nullement un lendemain meilleur pour le pays. Il faut vous arrêter. Ayez la raison.

Moi, j’interpelle. Je le dis, en plus de celui du Chérif, je fais cette interpellation à l’adresse de mon grand-frère (IBK, ndlr), en lui disant de s’arrêter et prendre garde.

Il y a de ces propos qui ne pas sont bons entre nous. Notre humanisme ne permet pas cela. Vraiment, on fait violence sur nous-mêmes pour accepter certaines choses dans ce pays, notamment nos relations humaines, valeurs séculaires de notre pays, afin de sauvegarder lesdites relations. Qu’ils se ressaisissent et exécutent ce qui leur a été dit.

Il y a quelque chose qui vient de se produire tout de suite, ici. Je ne peux quitter les lieux sans vous le dire. Ça m’a un peu dérangé, je vous demande des excuses. Je vais vous le dire.

Je n’ai pas apprécié la manière. Au Mali, tout leader musulman est un leader musulman qui a des disciples et fans. Celui qui n’est pas là, on ne doit deviner ses propos. Cela n’est pas bon. Je dois le dire à vous, parce que nous sommes entre nous.

C’est à moi qu’il a été dit. C’est le Chérif Ousmane Madani HAIDARA et moi qui avons parlé. Il m’a dit qu’il est empêché ; je suis en déplacement. Je lui ai dit, mon jeune-frère, abandonne tout pour venir. Il a dit ‘’au nom Dieu, grand-frère, je suis d’accord avec ce que tu as dit. Mais, je suis empêché’’. Au moment opportun, si je ne reviens du voyage, je vous présenterais toutes mes excuses. Je vais dire à mes disciples de venir. Alors, je lui ai promis, une fois à la cérémonie, je donnerai les raisons de votre absence. J’ai appelé un de ses disciples pour que ce dernier dise les raisons de son absence. Mais, je n’ai pas bien apprécié la manière dont ce dernier a été accueilli. Ce sont là des choses qu’on ne doit pas faire au moment où nous prônons l’unité, la solidarité et la cohésion sociale entre nous.

Alors, ne faites plus jamais cela (applaudissements populaires). Je suis ravi. Je suis ravi. Merci à vous tous.

Je souhaite à ce pays, notre grand pays, pays de bonheur, le pays de nombreux Saints et Érudits que Dieu le protège.

Je ne peux pas finir de parler sans féliciter et remercier mes maîtres, mes autres collaborateurs et grand-frères qui ont honoré de leur présence à cette cérémonie. Il serait difficile de citer nommément tout un chacun. Mais en ce qui concerne les KOUNTA, j’ai l’habitude de le dire, les KOUNTA sont mes Cheick ; le fils de Sékou Sala, ici présent ; les représentants de Sékou Amadou Boubou de Hamdallaye, ici présents, ainsi que ceux de Dily qui sont mes maîtres et mes beaux-parents. Mes Respects et considérations vont à tous. Sans oublier mon collaborateur et fidèle ami Cheickna Hassimi HAIDARA. Malgré sa souffrance, il a tenu à faire le déplacement pour être présent à cette cérémonie.

Ce que nous cherchons, c’est l’unité ; ce que nous cherchons, c’est la cohésion sociale ; ce que nous cherchons, c’est le retrait de ce qu’on est en train de faire dans notre pays : la désunion des uns et des autres dans les familles, dans les bureaux, au sein des syndicats, forces armées, dans toutes les catégories socioprofessionnelles du pays. Il faut mettre fin à cela.

Nous faisons des bénédictions aux porteurs d’uniformes, tombés sur-le-champ de l’honneur, dans la défense de l’intégralité du territoire national. Nos bénédictions aux autres victimes collatérales. Que Dieu les accueille dans son Paradis éternel.

Que Dieu préserve notre pays d’une pareille situation. Que Dieu le protège.

Les jeunes musulmans se sont mobilisé jours et nuits pour la réussite de cet événement. Ils ont travaillé sans qu’on ne leur donne un franc à qui que ce soit. Parfois, ce sont eux-mêmes qui mettent la main à la poche.

Mes remerciements aux jeunes et aux femmes pour leur très forte mobilisation.

Mes remerciements également à la presse qui est de tous les combats de la nation : journalistes (presse écrite, radio, télévision), nous sommes ensemble tous les jours. Je le jure, à moins que Karamoko Djibi leur donne quelque chose, à mon insu, je ne leur ai pas remis un franc jusqu’à présent. Tout ce qu’ils ont fait, ils l’ont fait pour leur pays et leur religion. La situation exige de nous qu’on resserre les rangs. Il s’agit de la chose la plus importante qui est notre patrie. Il va falloir aujourd’hui qu’on fasse l’union sacrée autour de notre pays. Il s’agit d’écarter les vautours qui rôdent autour de nous pour que nous-mêmes, nous reprenons le gouvernail duite de notre pays.

Chers musulmans, c’est ça la vie : tu es là aujourd’hui, demain, tu n’es pas là. On ne peut quitter cette tribune, sans prier le Tout puissant pour le repos de l’âme de notre frère et collègue, Abdoul Aziz YATTABARE, que Dieu le pardonne et l’accepte dans son Paradis éternel.

Tu n’appelles jamais Abdoul Aziz et qu’il te dise qu’il n’a pas le temps. Toute affaire cessante, il répond présent. Aussi, il fait tout de bonne foi et avec dévouement.

Mais, les choses finissent là où Dieu en a décidé.

Nous faisons des bénédictions et prions pour le repos éternel de tous les musulmans décédés.

Les deux mains levées, j’implore en ces lieux, Dieu, le tout puissant, lui qui voit nos cœurs, de protéger notre pays, qu’il le délivre le pays des maux dont il souffre ; que la mésentente qui y existe prenne fin, que Dieu nous pardonne et exauce nos prières et vœux. Amen !

 




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