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dimanche 22 juillet 2018
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Mesures anti-pagaille: SBM doit aller plus loin

Pour endiguer l’insécurité préoccupante et enrayer les affrontements intercommunautaires dans le Centre du pays, le Gouvernement, depuis l’arrivée du Premier ministre Soumeylou Boubèye MAIGA, a mis en œuvre une batterie de mesures. Parmi celles-ci on peut citer : déploiement massif des Forces de défense dans le cadre du Plan intégré de sécurisation du Centre ; interdiction de circulation de motos et pick-up ; mise en place des antennes de la mission de réconciliation ; nomination de Préfets et Sous-Préfets…
Le Premier ministre lui-même s’est personnellement déplacé sur le terrain par trois fois à Mopti et à Ségou pour sensibiliser les populations et encourager les troupes. Pour boucler le dispositif préventif, SBM vient d’ordonner ‘’aux Forces de défense et de sécurité de désarmer systématiquement tous les détenteurs d’armes, y compris ceux titulaires de permis de port d’arme’’ et d’envisager ‘’des poursuites judiciaires (….) contre tous ceux qui seraient impliqués de près ou de loin dans les actions de violence, la diffusion de messages de haine ou d’incitation à la violence’’.
‘’Face à la persistance de l’insécurité’’ qui résulte en vérité d’une défiance systématique et pandémique de l’autorité de l’État, il faut saluer les mesures courageuses et opportunes prises et envisagées par le Premier ministre : combattre les djihadistes longtemps laissés comme en terrain conquis ; interdire la circulation des motos qui constituent la logistique utilisée par ces terroristes et désarmer tous ceux possèdent des armes… Pour restaurer l’apaisement, l’entente et la quiétude entre les populations qui ont toujours vécu en harmonie. Parce que la pagaille ça ne peut pas continuer, de même que la loi de jungle. Parce que pour la survie de la République et de la Nation on ne saurait durablement permettre à chacun, sous prétexte de liberté (d’expression ou de confrérie) de prêcher n’importe quoi et de s’armer n’importe comment.
Il faut féliciter SBM pour ces mesures judicieuses qui participent de la restauration du crédit et de l’autorité de l’État. Partant du principe universel que l’usage de la force et surtout de la force armée dans une République n’appartient qu’à l’État, et qu’il ne peut partager ce privilège, il faut encourager le Premier ministre à aller plus loin et à demander le désarmement de tous les groupes sur l’ensemble du territoire pour ramener la paix et la réconciliation.
En effet, dans l’application des mesures préconisées, le Premier ministre et son gouvernement devraient surtout veiller à l’uniformité pour éviter des frustrations régionales. La loi est la même pour tous. Chaque Malien (Dozo ou activiste sur les réseaux sociaux) doit respecter la Constitution. Ce qui est valable au Centre doit être valable au Nord ou à Sikasso.
Pour ramener la paix, pour renforcer stabilité, la cohésion sociale et le Vivre Ensemble, la loi doit être appliquée à tout le monde et de la même manière. Par exemple : pour avoir pris des mesures discriminatoires contre les Peulhs, le Maire de la commune de Koporona, cercle de Koro, M. Étienne POUDIOUGOU, doit être poursuivi pour incitation à la haine ethnique. Parce qu’en l’espèce, une simple procédure de suspension ne peut être satisfaisante. Il faut aller plus loin. Il est temps d’arrêter la pagaille.

Par Chrystelle KONE




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