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jeudi 3 décembre 2020
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Un micmac dégueu au MATD

Quand les francs-tireurs se transforment en francs patte-pelus, l’affaire tourne à l’aigre et il faudrait un véritable travail de déminage. Le 10 novembre 2020, le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation adresse une lettre à Monsieur le Secrétaire Général du Syndicat Autonome des Administrateurs Civils (SYNAC) ; à Monsieur le Secrétaire Général du Syndicat Libre des Travailleurs du Ministère de l’Administration Territoriale (SYLTMAT) dont l’objet porte sur ‘’consultation sur le projet de décret portant modification du Décret n° 2015-0067/P-RM du 13 Février 2015 fixant les conditions de nomination et les attributions des Chefs de Circonscription administrative.

Le ministre, concrètement, demande l’avis des syndicats sur les articles 19 et 20, dans le cadre de la relecture du Décret n° 2015-0067/P-RM du 13 Février 2015. Il rappelle : ‘’les fonctions de Préfet et de Sous-Préfet sont actuellement réservées à certaines catégories de personnel’’. ‘’Toutefois, défend-il, l’insuffisance de personnel due aux départs massifs à la retraite, l’absence de recrutement d’administrateurs Civils depuis quelques années au profit du Ministère chargé de l’Administration Territoriale, la situation sécuritaire du pays qui rend difficile l’occupation de certains postes de Représentant de l’État par un personnel civil nécessitent la prise de mesures adéquates pour faire face à cette situation’’.
‘’Les modifications visent à élargir, selon les cas, les conditions de nomination de Préfet et de Sous-Préfet aux Sous-officiers, aux Officiers subalternes et aux Officiers supérieurs, membres des Forces Armées et de Sécurité’’.
‘’Vos avis sont attendus par le Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, au plus tard le jeudi 12 novembre 2020’’.
Ainsi, les postes du Vice-Président de la Transition (Colonel Assimi GOITA) ; de ministre de la Défense et des anciens combattants (Colonel Sadio CAMARA) ; de ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Lieutenant-colonel Abdoulaye MAIGA) ; de ministre de la Sécurité et de la Protection civile (Colonel Modibo KONE) ; de ministre la Réconciliation nationale (Colonel-major Ismaël WAGUE) ne suffisent pas à calme les crampe d’estomac des membres du Comité National pour le Salut de… Cinq postes qui viennent en tête de l’ordre de préséance, excepté le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Mohamed Sida DICKO, qui s’intercale en deuxième position. Désormais, ce sont des postes de Préfet et de Sous-Préfet qui sont leur ligne de mire pour caser des Sous-officiers, des Officiers subalternes et des Officiers supérieurs. Est-ce une foire d’empoigne qui serait ouverte dans ce bled depuis un certain 18 août, date du renversement du régime du Président Ibrahim Boubacar KEITA ? Et dire que cette guerre de positionnement se passe dans un pays en guerre où des villages sont assiégés, où la liberté de mouvement tient de l’humeur des jihadistes, où des gens sont interdits d’accès à leur champ pour la récolte, où des centaines d’écoles sont fermées, des imams froidement assassinés, des civils enlevés ; où la Charia supplante la Constitution dans de nombreuses localités… Il n’y a-t-il pas lieu de réviser nos objectifs pour le Mali ?
Sinon, les conditions de nomination des Représentants de l’État sont claires. D’ailleurs, le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation se fait fort de rappeler dans sa lettre : ‘’les fonctions de Préfet et de Sous-Préfet sont actuellement réservées à certaines catégories de personnel’’. Les Sous-officiers, les Officiers, et les Officiers supérieurs ne font pas partie des catégories de personnel concernées.
À ce train de n’importe quoi-isme, les bledards ne seront pas surpris que Bah N’DAW se mette également à légiférer par ordonnance pour le bon vouloir de Kati.
Il y a aussi une vacherie dans ce micmac en fomentation : les syndicats n’ont que trois jours pour soumettre leurs avis au ministre de l’Administration Territoriale. Ça pue le formalisme. Ce, d’autant plus que c’est un secret de polichinelle que les syndicats concernés sont en grève illimitée. Si le ministre veut parler avec les syndicats, il suffit d’entreprendre une approche sérieuse, sincère et respectueuse. Parlons de leur grève avant de chercher à mettre les militaires à leur place. À moins qu’il ne s’agisse d’un alibi pour les besoins de la cause. Comme on l’a vu récemment avec le recrutement d’enseignants volontaires pour remplacer les grévistes de l’article 39. Cela s’appelle une fuite en avant.




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