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mardi 16 octobre 2018
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Micro finance: les 10 engagements phares

Lors du lancement, hier, de la 8e édition de la semaine de la Micro finance, dont le thème est : ‘’la Micro finance au cœur de la relance économique du Mali’’, le président de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés, Adama CAMARA, a annoncé 10 engagements devant assurer la pérennisation des activités des Systèmes financiers décentralisés (SFD) et de sécuriser les avoirs des épargnants.

La cérémonie était placée sous la présidence du ministre de la Promotion de l’Investissement et du Secteur Privé, Baber GANO.
En campant le décor, M. CAMARA a rappelé la mission des SFD, à savoir contribuer au développement socioéconomique des populations à faible revenu, en facilitant leur large accès aux services financiers et contribuer ainsi à la réduction de la pauvreté et des inégalités. Ainsi, a-t-il expliqué, les institutions de Micro finance contribuent de manière significative à la promotion de l’inclusion financière, à travers la facilitation de l’accès des populations les plus démunies, surtout en milieu rural, aux services financiers de base (épargne, crédit…).
Selon le président de l’APSFD, avec plus d’un million de clients/membres, la Micro finance est l’un des plus gros contributeurs à l’inclusion financière de la population et constitue un outil privilégié pouvant permettre à l’État de réduire la pauvreté, par le financement des activités génératrices de revenus et la création d’emplois.
L’APSFD a pris 10 engagements pour assurer la pérennisation des activités des SFD et sécuriser les avoirs des épargnants. Il s’agit de :
-respecter les lois, les règlements, les textes et les politiques en vigueur dans le secteur par ses dirigeants et ses employés ;
-mettre en place les systèmes et moyens nécessaires à la bonne gouvernance ;
-s’assurer que toute fonction en son sein et au sein des SFD membres sera exercée avec loyauté, honnêteté, et intégrité ;
-veiller, à travers ses politiques, procédures, produits et services, à lutter contre le surendettement de ses membres ou clients ;
-donner, de manière fidèle et transparente, à ses membres ou clients, sur toute l’étendue du territoire, selon leurs besoins, et avant toute conclusion d’une relation d’affaires, toutes les informations requises quant aux caractéristiques des produits et services offerts, tout en veillant à une tarification responsable ;
-participer activement, en fonction de ses ressources disponibles, à l’éducation financière de ses membres ou clients, afin d’amener ces derniers à éviter le surendettement ;
-bannir dans ses relations avec les membres ou clients, la corruption, le rançonnement, les abus de confiance, les harcèlements sexuels… ;
-diffuser, à l’endroit des institutions sœurs et de l’Association professionnelle, toute information pouvant permettre de mieux gérer les risques et préserver les intérêts de l’ensemble du secteur ;
-offrir des produits et services diversifiés et adaptés aux besoins des acteurs économiques ;
-atteindre les résultats suivants : toucher 2 000 000 de membres/clients ; injecter plus de 200 milliards dans l’économie sous forme de financement ; couvrir l’ensemble du territoire ; contribuer substantiellement au taux de bancarisation élargi.
Pour la réalisation de ces engagements, l’APSFD a besoin d’accompagnement dans les domaines suivants :
-le renforcement des capacités des responsables des SFD ;
-l’accompagnement des SFD à se déployer davantage sur toute l’étendue du territoire, dans l’adaptation de leurs produits et services aux besoins des clients, dans l’intégration des nouvelles technologies dans leur stratégie d’offre des produits et services ;
-la mise en place de mécanismes de financement innovants ;
-le renforcement des fonds propres des SFD ;
-le dédommagement des SFD qui ont été victimes de la rébellion au Nord…
Le ministre GANO a saisi l’occasion pour féliciter les SFD pour les performances réalisées, nonobstant un environnement financier difficile : hausse du sociétariat avec plus d’un million de clients ; les encours de dépôts et de crédits qui s’établissent, à la fin 2016, respectivement à 69 et 93 milliards FCFA, avec un secteur qui enregistrait plus de 2 000 emplois.
Pour autant, il a soulevé des obstacles à l’inclusion financière : la qualité des ressources humaines ; la faible intégration des nouvelles technologies dans les opérations ; la diminution du refinancement ; la faiblesse des systèmes d’information et de gestion ; le déficit du contrôle interne ; la mise en conformité des SFD à la réglementation.
Et de prodiguer des conseils pour renforcer le secteur : la conjugaison des efforts pour relever les défis qui se posent avec acuité ; le rétablissement et le renforcement de la confiance entre, d’une part, les banques et les SFD, d’autre part, entre les populations et les SFD.

Par Bertin DAKOUO




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