Migration, déplacements forcés et à la radicalisation des jeunes: le plan de réponse des pays Africains

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Pour stabiliser les zones sujettes à la migration, aux déplacements forcés et à la radicalisation des jeunes, les ministres africains de l’Environnement, dont le nôtre, Mme KEITA Aida M’BO, qui se sont réunis, mardi, dans le cadre de la COP 22 de Marrakech, ont initié un plan d’actions dénommé 3S (Soutenabilité, stabilité et sécurité).

Instaurer la Soutenabilité, la stabilité et la sécurité (3S) en Afrique. C’est la mission que se donnent les ministres africains réunis, mardi en début de soirée, à Marrakech, dans le cadre de la COP 22.
C’est le ministre sénégalais de l’Environnement et du Développement durable, Abdoulaye BALDE, qui a ouvert les travaux de la rencontre des ministres africains au nom de la présidence du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique. C’était en présence de la Secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies de lutte contre la désertification, Mme Monique BARBUT ; du représentant du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du royaume du Maroc, Salaheddine Mezouar ; et de plusieurs ministres africains.
L’initiative 3S est l’aboutissement d’une profonde réflexion autour des questions liées aux effets des changements climatiques et de leurs impacts sur la dégradation des terres en Afrique. Des études récentes ont montré qu’environ 200 millions de personnes en Afrique sont touchées par une insécurité alimentaire et hydrique croissante, réduisant ainsi les efforts engagés par les gouvernements africains pour un développement sain et durable, pour ne pas dire un développement sûr.
Cette situation de précarité a conduit, d’une part, des milliers de jeunes à prendre le risque d’une migration d’infortune qui a souvent abouti à mort d’homme. D’autre part, cette situation difficile et regrettable a offert un terrain de recrutement et de radicalisation des couches vulnérables, en particulier la jeunesse.
Voilà pourquoi cette réunion ministérielle a permis de s’accorder sur les mesures concrètes pour faire face aux défis émergents qui pèsent sur le triptyque « Soutenabilité, stabilité et sécurité ».
C’est dire que les objectifs de cette initiative des pays africains sont de stabiliser les zones sujettes à la migration, aux déplacements forcés et à la radicalisation des jeunes, en ciblant les causes profondes de leur création, puisque la sécurisation des ressources naturelles constituent le « socle » permettant de garantir des solutions à long terme pour les populations menacées par la dégradation de l’environnement ; de lutter contre l’influence des groupes terroristes et des trafiquants d’êtres humains en renforçant le contrôle et la gestion des ressources naturelles abandonnées ; d’éduquer les jeunes provenant de zones rurales vulnérables et créer des opportunités d’emplois et de revenus en réhabilitant les terres dégradées.
Par cette ambition exprimée, il s’agit, d’ici à 2020, de former un million de jeunes pour qu’ils bénéficient dans l’agriculture et l’adaptation aux changements climatiques. 5.000 villages répartis dans 50 pays d’Afrique (250.000 villages), dans les pays où transitent les migrants et les personnes déplacées, feront partie de ce programme d’éducation pour la restauration et la réhabilitation des terres.
Dans une première phase, 3 à 4 jeunes (« Green Corps ») seront formés, dans chaque village, à la gestion durable des terres et recevront le soutien et les outils nécessaires pour l’irrigation, par exemple, pour démarrer les activités génératrices de revenus. Au moins, 4 ha par personne seront accordés en propriété ou en concession de long terme. Les 250.000 villages seront dotés d’accès aux informations issues des systèmes d’alerte précoce aux désastres (naturels, civils et liés aux conflits) et leur accès au marché et aux opportunités de travail sera renforcé. Aussi, d’ici à 2025, 10 millions de nouveaux emplois seront créés en Afrique.
Pour la réussite de cette initiative, les ministres ont lancé une « task-force » qui servira de « mécanisme pour la coordination des activités ». Elle transmettra les recommandations au président du NEPAD qui va présenter, au nom de l’Afrique, la déclaration et les décisions pour mener le plaidoyer.

Par Mohamed D.
DIAWARA

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