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mardi 26 mars 2019
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Migration irrégulière: les femmes aussi y pratiquent

De nos jours, le phénomène de la migration irrégulière qui a atteint des proportions inquiétantes, n’est pas que l’apanage des hommes. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à se lancer dans cette aventure incertaine pleine de conséquences dramatiques. Nous avons décidé de faire un zoom sur la pratique de la migration irrégulière qui fait des victimes au sein de la gente féminine.

C’est de coutume au Mali, beaucoup filles des zones rurales, avant leur mariage, pratiquent l’exode vers les centres urbains. La raison principale de cette forme d’exode saisonnière est de réunir les moyens financiers à même d’aider les parents à constituer leurs trousseaux de mariage. Au fil des années, cette pratique qui se faisait à l’intérieur du pays, s’est étendue au-delà des frontières. Des filles et même des femmes n’hésitent plus à tenter leurs chances dans certains pays de la sous-région ou même en Europe.

Pour y arriver, certaines femmes ou filles empruntent souvent des voies illégales aux conséquences incommensurables. Au casse-tête de la migration irrégulière classique en Afrique, et plus particulièrement au Mali, est venue se greffer cette nouvelle problématique de la migration féminine. Certaines femmes partent à l’extérieur pour rejoindre leurs conjoints ; toutefois, d’autres, certainement la majorité, le font pour des raisons économiques. Les principales destinations des migrants maliens, hors du continent africain, sont la France, l’Espace et l’Italie. Etant naturellement plus fragiles que les hommes, plusieurs migrantes meurent en traversant le désert ou la méditerranée pour regagner l’Europe.

Les raisons de la migration des hommes aussi bien que celle des femmes s’expliquent par la recherche des conditions de vie meilleures en Europe, ainsi confondue à un Eldorado. Le plus généralement, la décision de partir est prise sans avoir réuni les conditions légales et sans renseignements fiables sur les pays de transit, encore moins celui d’accueil. Ce qui ne va pas sans conséquences parfois tragiques.

Les impacts les plus visibles de cette migration irrégulière des femmes sont entre autres les violences physiques, avec leurs corolaires de viols, d’esclavage, de prostitution, de grossesses non désirées, etc., nonobstant les nombreux cas de pertes en vie humaine dans le désert et en Méditerranée.

Un cas récent a marqué les esprits au Mali : celui de l’accueil, le 8 novembre 2018, de Fatoumata Zarahou KONATE, fillette de Feue Aminata DIARRA décédée dans le Sahara à la frontière algérienne, au mois de juin 2018. Au décès de sa maman, l’orpheline qui n’avait que 7 mois a été récupérée par les migrants rescapés et confiée à une autre femme migrante en partance pour l’Algérie.

Ce drame de l’aventure n’est qu’un exemple parmi les nombreux cas se produisant sur les routes de la migration irrégulière. Malgré le tableau très sombre sur la situation, le phénomène continue de plus belle. Les candidats justifient leur départ par le souci de contribuer à l’amélioration des conditions de vie de leurs familles. Avant, les femmes contribuaient au financement du voyage pour l’extérieur de leurs fils, frères ou époux. Elles ont toujours joué un rôle fondamental dans la migration autant légale que clandestine. Aujourd’hui, elles n’hésitent plus à se lancer sur le chemin pour atteindre l’Europe, dans des conditions très pénibles. Ce phénomène mérite une attention plus particulière de la part des autorités maliennes et les partenaires qui interviennent dans le domaine de la migration.

PAR MODIBO KONE

 




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