Ministère de l’environnement : l’âge de la retraite l’âge de la tirelire

La simple idée d’arrêter le travail à la fin de l’année est devenue un drame pour ce Directeur Général, à la tête d’un service stratégique du ministère de l’Environnement. On ne l’appelle plus par son nom, mais par le sobriquet bien trouvé de « prébendier » du Dibida. Il ne parle plus. Il délire. Son slogan ? « Moi, pas bougé ». Assurément, et c’est justement pourquoi s’empresser d’attirer l’attention de ses supérieurs, car l’État ne peut se satisfaire de la rapine. Sa propension à réclamer 10 % sur tous les contrats est devenue boulimique.

Faire valoir ses droits à retraite bien méritée est, en principe, un grand moment de joie pour tout cadre qui a la conscience d’avoir servi son pays avec dévouement. À certains de ces commis, la patrie reconnaissante décerne des médailles. À d’autres, la même patrie sait trouver les moyens d’un second engagement au service de l’État. L’un dans l’autre, la retraite n’est plus synonyme de misérabilisme. Du moins, le croyait-on, en ces moments où les cadres concernés gardent toujours une bonne santé, ce qui leur ouvre les postes de Consultants. Ceci n’est manifestement pas le cas de tous les aînés qui ont perdu le nord, depuis que le ministre de la Fonction publique a publié la liste de tous les agents devant se reposer à partir du 31 décembre 2016. Il en est ainsi de notre fameux Directeur, dont les agissements, aussi puérils que futiles, mais résolument contre les intérêts de l’Etat et de la Nation, sont aux antipodes d’une gouvernance durable.
La liste des partants est bien connue de tous et communiquée partout pour que les cadres concernés se mettent à jour par rapport aux papiers administratifs et à la caisse des retraites. Alors, que fait notre Directeur ? Il arrache littéralement de la liste générale, la partie qui le concerne personnellement et met en circulation la partie en rapport avec les cadres de catégories B et C. qu’à cela ne tienne ! Les agents, en cette ère de transparence, se procurent la liste intégrale et prennent le soin d’afficher la partie mise sous le boisseau. Ils l’affichent même au tableau, pour que nul n’en ignore, et voilà notre Directeur qui soliloque : « je ne sais pas qui est derrière ce coup, mais de toute façon, le nom qui est affiché-là n’est pas le mien, donc ça ne me concerne pas !!! ».
Ce n’est pas tout. Après que la liste ait été connue, il s’empresse de se souvenir qu’il est détenteur d’un doctorat, titre qui d’après lui, le met en droit de demander un reclassement dans le corps des chercheurs, ce qui doit l’amener à continuer au-delà de 62 ans. Mais a-t-on jamais vu quelqu’un devenir un chercheur de façon soudaine et subite sans aucune publication ni même avoir élaboré une seule fois dans sa vie, un protocole de recherche ? Confiant, comme un moine, il dit à ses amis qu’un célèbre institut de recherche a validé sa requête. Donc, « lui pas bougé ». Et que n’a-t-il fait pour ne pas bouger ? Il n’ira pas assurément, car même après avoir proposé des libéralités énormes à la direction de la fonction publique son nom a été quand même généré par la machine infernale, l’informatique.
Ces tribulations d’un autre âge doivent être portées à la connaissance des premiers responsables du pays. Le ministre en charge de l’Environnement doit s’empresser de mettre un terme aux agissements antipatriotiques et à la rapine érigée en système de travail, de quelqu’un qui n’est en fait que Directeur de sa seule poche. Oui, une poche devenue une panse où tout passe, tant qu’il s’agit de l’argent ; de l’argent de l’État ; de l’argent des partenaires ; de l’argent des privés et même de l’argent de son chauffeur ! Oui de l’argent, il en veut et il ne s’en tape pas qu’en nature, mais en espèce. Du carburant pour le fonctionnement d’un projet « tombe », Monsieur s’empiffre pour 7 millions. Et quand les cadres du service ont le courage de lui poser des questions, sa réponse laisse pantoise : « ah bon ? C’est devenu de l’égoïsme pur et simple maintenant. Attendez votre tour, pour le moment, c’est moi le DG. »
Des missions sur le terrain ont lieu dans la zone d’intervention d’un projet ? Monsieur a son nom partout même s’il ne dépasse jamais la ville de Kati. Des activités doivent être menées, que pour Monsieur, il peut bien faire des activités fictives, et prendre ce qu’il veut parce qu’il a contracté une dette auprès d’une banque de la place.
Est-ce, cela le service de l’État ? Pour notre héros, oui, car il est militant du RPM. Est-ce cela, véritablement le projet de société de ce parti ? En tout cas, notre bonhomme-là est d’une sérénité déroutante. Il a été « institué » par un ministre qui, en neuf mois à la tête du département, a fait souffler un ouragan sur les structures sans rien bâtir. Il a « survécu », dit-il à Ag Erlaf. Il a été aux anges quand Ousmane Koné est venu aux affaires, car il était « son plus que-frère depuis Sikasso où ils ont été recrutés à l’école ensemble ». Arrive Mme Kéïta. Et voilà que l’impétueux déclare à qui veut l’entendre que « non avec Aïda, il n’y aura aucun problème, c’est ma femme », en référence à sa supposée proximité d’avec l’époux de la ministre, Nancoman KEITA.
En 1953, Fidel Castro, dans son auto-défense, la veille de son procès, dans la Moncada, avait sublimé les esprits, par une déclaration pleine de conviction : « l’Histoire m’acquittera ». Et nous, que fera de nous cette Histoire ? Elle nous jugera et nous condamnera, à coup sûr. Pour aujourd’hui que nous avons gaspillé et pour demain que nous n’avons pas projeté avec clairvoyance.

Christophe TANDIGORA

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