Search
samedi 24 octobre 2020
  • :
  • :

Le ministre Bill aux partisans du ‘’non’’: ‘‘Il n’y aura pas de report’’

Ce vendredi 14 février 2020, deux membres du Gouvernement ont co-animé une conférence dans la salle de conférence du MATD. L’Objectif de cette rencontre entre le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, Boubacar Alpha BAH, et son homologue en charge de la Communication, Yaya SANGARE, porte-parole du gouvernement avec les hommes de média était de faire point du l’état d’avancement de l’organisation des élections législatives 2020. C’était en présence du général Siaka SANGARE, délégation générale aux élections(DGE) ; de Amadou BA, président de la Commission électoral nationale indépendante(CENI).

Cette conférence de presse, qui a lieu au lendemain de la date officielle de clôture du dépôt des candidatures pour l’élection des députés à l’Assemblée nationale (13 février), a été une occasion pour le Gouvernement de souligner les enjeux et les défis du scrutin et de présenter les organes de gestions de ces élections.

Souligner les enjeux

Au cours de cette conférence de presse, les deux membres du Gouvernement, Yaya SANGARE et Boubacar Alpha Bah dit Bill, ont édifié tous les journalistes sur l’état du fichier électoral, la sécurisation du processus électoral. De même, il s’agissait de faire le point du niveau d’exécution des activités prévues dans le chronogramme électoral ; le rôle des différents acteurs, le chronogramme des activités ; les procédures de vote et de dépouillement des bulletins ainsi que les mécanismes de gestion du contentieux électoral.

Compte tenu de la complexité et de la sensibilité de ces élections, le Gouvernement, selon son porte-parole, Yaya SANGARE, a jugé nécessaire d’informer les principaux acteurs du processus électoral, notamment les responsables politiques et les électeurs sur l’état des préparatifs des élections législatives de 2020 au Mali avant l’ouverture officielle de la campagne électorale prévue le 8 mars 2020.

Accompagnement de la presse

De même, il s’agissait pour le gouvernement de solliciter, à travers cette initiative, l’accompagnement de la presse pour la réussite du processus électoral, à travers la diffusion d’informations justes et crédibles sur les élections législatives.

Le 22 janvier 2020, a-t-il rappelé, le Gouvernement de la république du Mali a convoqué le collège électoral en vue des élections législatives du 29 mars 2020 pour le premier et le 19 avril dans les circonscriptions où aucun candidat n’aura obtenu la majorité absolue, à l’issue du premier tour.

Pour le ministre, l’organisation de ce scrutin constitue une réponse à la résolution n° 1 du DNI portant sur la nécessité d’organiser dans les meilleurs délais les élections législatives sur la base des circonscriptions électorales actuelles afin que la nouvelle législature commence le 2 mai 2020.

Quel sort pour les nouvelles régions ?

Dans son exposé, le secrétaire général du MADT, Adama CISSOUMA, a axé son intervention sur les contraintes. Il a indiqué que l’organisation de ces élections dans les 49 cercles de l’intérieur et les 6 communes du district de Bamako, conformément à la loi organique de 2002. Aussi, ces élections seront organisées sur la base de la loi électorale en vigueur. Décidé à la suite de la résolution du DNI, il n’était pas envisageable selon M. CISSOUMA, de procéder la relecture de la loi électorale actuelle, conformément à la disposition de la CDEAO qui interdit toute révision à moins de six des élections.

Autres précisions de taille, les nouvelles régions ne pouvaient pas être érigées en circonscription électorale à l’occasion de ce scrutin compte tenu du fait qu’on ne connaissait pas encore le nombre de cercles et de communes de ces nouvelles régions, à l’image de Bougouni, Dioïla, Koutiala, San, Nioro du Sahel, Kita, Bandiagara, Douentza. Par conséquent, les opérations électorales se déroulent conforment aux anciennes circonscriptions électorales. Pour Taoudénit et Ménaka, même si les circonscriptions électorales sont créées, le Gouvernement n’a pas pu, compte tenu de certains facteurs, établir les listes électorales par commune dans ces nouvelles régions alors que la loi électorale dit que les listes sont faites par commune. De ce fait, dans ces régions, ils voteront conformément à la loi organique de 2002. Aujourd’hui, un inventaire exhaustif de matériel électoral a été fait et les dispositions sont prises pour pallier le manque et l’insuffisance d’équipements.

Une démarche inclusive

Par ailleurs, a-t-il fait savoir, depuis la clôture du dialogue national, le MADT a entrepris une série de concertations, avec les partis politiques, les acteurs de la société civile et les partenaires techniques et financiers, les mouvements signataires. De ces différentes rencontres, les préoccupations suivantes ont été soulignées : la révision de la disposition relative au choix des assesseurs, l’utilisation des procurations, l’audit du fichier électoral.

Concernant l’ensemble de ces points des dispositions seront prises pour discuter de l’ensemble de ces points avec les acteurs politiques et le fichier sera audité avant la tenue du scrutin.

La date limite des dépôts de candidatures, et les imprimés de candidatures étaient disponibles au niveau de l’Administration. On attend donc la signature par le ministre du modèle de carte d’électeur.

De son côté, le général Siaka SANGARE a souligné que le DGE est en train de procéder à la mise à jour du fichier électoral sur la base des résultats de la révision annuelle des listes électorales de 2019 qui s’est déroulée du 1er octobre 2019 au 31 décembre 2019.

Plus de 7 533 464 d’électeurs

Ainsi, sur la base de ces documents, le nombre d’électeurs est estimé à 7 533 464. Ce nombre provisoire d’électeurs est reparti dans 22 145 bureaux de vote créés dans 18 465 centres de votes. Ces chiffres sont susceptibles d’être modifiés après l’audit du fichier électoral. Aussi, la confection des cartes d’électeur vierges a déjà démarré, et la personnalisation sera faite après l’audit du fichier.

« Avec la volonté politique affichée du Gouvernement, soutenu par les expériences des uns et des autres, nous allons pouvoir relever le défi pour organiser des élections crédibles dans le délai, c’est-à-dire avant le 2 mai », a-t-il rassuré.

La fermeté du gouvernement

Aux partisans du report de ce scrutin, le ministre Bill dira que les élections sont libres et que nul n’est obligé de participer à une élection.

« On n’obligera personne à venir, il n’y aura pas de report. On ne va pas prêter le flanc. Quand nous avons réuni ici l’ensemble de la classe politique, les groupements de partis de l’opposition et de la majorité, personne n’a dit, je ne viendrais pas. Mais on n’obligera personne à venir. Tous ceux qui comptent dans la république ont décidé de participer : hommes, femmes, jeunes sont venus dans cette salle l’exprimer, donc, il n’y aura pas de report. Le seul point évoqué par les mouvements, c’est le cas du vote des réfugiés. À l’état actuel des choses, on ne peut pas faire voter les réfugiés », a-t-il tranché.

Aujourd’hui, a-t-il dit, la quasi-totalité des partis politiques a déposé des listes. Il y a plus de 10 listes à Kidal ; plus de 15 listes à Kéniéba.

« Il y va de la crédibilité de notre pays », a-t-il insisté.

S’agissant de la question sécurité, le ministre MATD a répondu que personne n’ignore que le pays est en état de guerre. De ce fait, des dispositions seront prises dans ce sens, conforment à la décision de la recommandation N° 1 du DNI et sur la base des textes existants.

Avant de terminer, le ministre Bill a indiqué que le coût de ce scrutin s’élève à 16 milliards F CFA et que ladite somme est disponible et prévue dans la loi de finances 2020.

Un sursaut patriotique de tous les acteurs

Pour Yaya SANGARE, les jeux politiques sont ceux qu’ils sont, mais il appartient à la presse de mettre les informations pertinentes à la disposition des populations.

« Ne soyez pas les relais des gens qui cherchent à faire peur aux populations », a-t-il conseillé à ses confrères.

Pour le ministre SANGARE, ceux qui demandent un report ne nous disent pas ce qu’il faudra mettre à la place de l’Assemblée actuelle. Pour ce faire, il faut, dit-il, que les uns et les autres fassent des efforts pour qu’on organise ces élections.

« Aujourd’hui, aucun sacrifice n’est de trop pour la stabilité du pays », a-t-il d’interpelé. Selon lui, la réussite d’une élection dépend de la confiance et de la bonne foi des acteurs au processus. Sur la question de la sécurité, Yaya SANGARE a salué l’arrivée des FAMa à Kidal qui est un signe d’espoir pour le retour de la sécurité.

Par Abdoulaye OUATTARA




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *