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jeudi 20 septembre 2018
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Le ministre de la justice fuit le débat !

Le ministre de la Justice, garde des Sceaux fuit il le débat ou ignore une réalité de son département connue de tous les Maliens ? En tout cas, c’est la question que les journalistes reporters du briefing du mercredi dernier, animé par des ministres du gouvernement sont en droit de se poser. Toutes les questions adressées au ministre de la Justice, Hamidou Younoussa MAIGA, ont été soit balayées d’un revers de la main ou escamotées par lui comme des ‘’affirmations gratuites’’ ! Mépris pour ses interlocuteurs ou incompétences ?

Cette attitude du ministre MAIGA, qui a été mal appréciée par des confrères, est certainement en porte à faux avec le sens même de ce cadre de dialogue entre les autorités (ministres) et les hommes de média. En effet, il est connu du commun des Maliens qu’il n’est pas donné à un citoyen ordinaire ou un journaliste de rencontrer tous les jours un citoyen de la république pour lui demander des explications sur des questions sensibles. Conscient de cet état de fait, les plus hautes autorités du pays ont instauré ce briefing hebdomadaire après chaque Conseil des ministres pour pouvoir éclairer la lanterne des journalistes sur certaines questions d’actualité. En retour, ces derniers posent également des questions qui taraudent souvent les esprits. Le mercredi dernier, pour une des rares fois, le ministre MAIGA n’a pas été fair-play aux yeux de beaucoup de journalistes.
Pour rappel, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Hamidou Younoussa MAIGA, était l’un des invités du briefing du mercredi dernier. Il a commenté le texte portant opérationnalisation d’une Cour d’appel administrative à Bamako, adopté en Conseil des ministres. Sur la question, il a rappelé la création, à partir de 2011, des Tribunaux administratifs dans certaines régions (Bamako, Kayes, Mopti). Mais les journalistes restés sur leur faim par rapport aux explications données ont naturellement tenté de comprendre davantage avec le magistrat de classe exceptionnel. Peine perdue ! Pour le ministre ! ‘’Ce n’est pas en quelques minutes qu’on peut faire comprendre certaines pratiques judiciaires à un néophyte’’, rétorque-t-il.
Sur une autre question à lui adressée, le ministre n’a pas voulu jouer au fair-play dans un cadre d’échanges institué par les plus hautes autorités entre ministre et homme de média. Il s’agit de la question de libération tous azimuts des suspects terroristes avant leur jugement, dans notre pays. Toute chose qui compromet, la question des droits de l’homme chère aux Maliens.
Malgré l’évidence, le Garde des sceaux a voulu ‘’cacher le soleil avec la paume de la main’’, en fuyant le débat. Pour le ministre de la Justice : ‘’c’est des affirmations gratuites’’.
Et pourtant, les Maliens se souviennent encore que des mandats d’arrêt contre certains responsables des groupes armés ont été levés pour leur permettre dit-on de prendre part aux pourparlers ayant abouti à la signature de l’Accord d’Alger. Aussi, pour des raisons de mesures de confiance, certains terroristes mis aux arrêts ont été libérés ou échangés de la libération d’otages.
Parmi les libérations qui avaient provoqué l’ire des organisations de défense des droits de l’homme, l’on peut citer entre autres le cas de Ag Alfousseyni dit Houka Houka, ancien juge islamique de Tombouctou ; de Yoro Ould DAHA, ancien membre influent de la police islamique du Mujao à Gao ; de Mohamed Aly Ag Wadoussène… La liste des terroristes arrêtés et libérés sans être jugés est loin d’être exhaustive. Et pourtant, le ministre a nié cette évidence, une réalité reconnue par certains de ses prédécesseurs.

PAR MODIBO KONE




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