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vendredi 23 avril 2021
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Minusma: les adieux de Mohamed Saleh

Après avoir passé cinq ans au Mali, Mahamat Saleh Annadif ne sera plus le chef de la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali) à partir du 31 mars 2021. Appelé à une nouvelle fonction toujours pour le compte des Nations-Unies, il sera remplacé à ce poste par un autre africain, le Mauritanien El-Ghassim WANE, nommé quelques jours plutôt comme nouveau Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour le Mali.

Après avoir passé cinq ans au Mali comme le chef de la Mission onusienne, le Tchadien Mahamat Saleh Annadif est sur le point de partir. Il a donné ses adieux et a échangé avec les hommes et les femmes de médias. C’était ce mardi 16 mars 2021, au Quartier général de la Minusma, autour d’un déjeuner. Prenant la parole, Mahamat Saleh Annadif a fait savoir que les défis au Mali sont nombreux. Il a souhaité la paix et la stabilité au Mali. «On ne peut pas faire des réformes politiques et institutionnelles sans associer la classe politique », a-t-il dit. Pour preuve, il a rappelé l’échec de la réforme constitutionnelle de 2017.
En outre, il évoqué la situation d’après coup d’État. « Malgré le coup d’État, la transition ouvre une fenêtre. Mais il faut aussi que la classe politique soit réaliste, on ne peut pas tout faire pendant la transition. S’entendre sur le minimum peut les aider à sortir de la transition », a souligné le patron sortant de la Minusma, avant de mettre l’accent sur le comité d’orientation stratégique sur les réformes politiques et institutionnelles mis en place, le 15 mars 2021, sous l’autorité du Premier ministre, Moctar OUANE. Le chef de la Minusma a évoqué la nécessité d’aller de façon consensuelle aux réformes. Selon lui, au Mali, ce n’est pas le contenu des réformes qui pose problème, mais la forme.
Parlant de la Force conjointe du G5 Sahel, Mahamat Saleh Annadif a préconisé la mutualisation des efforts pour combattre le terrorisme. A ses dires, la lutte contre le terrorisme coûte extrêmement cher, car nécessitant une mobilité et le partage des renseignements. A l’en croire, quelle que soit la bonne volonté des pays du G5 Sahel, ils ne peuvent pas financer la Force du G5 Sahel ; d’où la nécessité d’avoir un financement pérenne des Nations Unies. « Je continuerai à être l’avocat de la paix au Mali. J’aurais aimé un minimum de consensus au Mali », a-t-il dit.
Annadif estime que la refondation du Mali pendant cette transition est difficile. Selon lui, cette tâche doit revenir aux futures autorités qui seront élues.
Faut-il dialoguer avec les jihadistes ? Sans prendre de position, le chef de la Mission onusienne au Mali a précisé que la majorité des Maliens est favorable au dialogue avec les jihadistes. D’ailleurs, si cela peut amener la paix, l’orateur n’y voit pas d’inconvénient. A le croire, la crise a dépassé le Mali, aujourd’hui, c’est la crise du Sahel.
Selon lui, c’est possible de tenir les élections dans les délais de 18 mois octroyés à la transition, mais à condition d’avoir un minimum de consensus.
Cependant, Annadif dira que s’il faut la perfection avant les élections, alors là, la transition va durer plutôt que prévu.
Enfin, Mahamat Salah Annadif a fait savoir que le Mali a besoin d’une référence (comme le Moro Naba du Burkina Faso), une personne ressource au-dessus de la mêlée, capable d’interpeller à chaque fois que la situation dégénère.

Par Abdoulaye OUATTARA




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