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mardi 19 septembre 2017
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Minusma : ce qu’il faut savoir

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) a été créée le 25 avril 2013 par l’adoption de la  résolution 2100 (S/RES/2100 (2013)) du Conseil de sécurité de l’ONU afin de remplacer la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) de la CEDEAO et de l’UA au Mali. Devant être constituée de 12 600 Casques bleus, dont 11 200 soldats et 1 440 policiers, la MINUSMA entrera en fonction le 1er juillet 2013 si les conditions de sécurité le permettent. Déployée en vertu du chapitre VII de la Charte de l’ONU, la MINUSMA a pour principal mandat de stabiliser les principales agglomérations du Mali  et de contribuer au rétablissement de l’autorité de l’État dans tout le pays. Elle doit également contribuer à la mise en œuvre de la feuille de route pour la transition, à la promotion et à la défense des droits de l’homme, au soutien de l’action humanitaire et à la sauvegarde du patrimoine culturel malien. Finalement, la MISMA a pour mandat de protéger les populations civiles et le personnel de l’ONU sur le terrain.

Avant même la création de la mission onusienne, les États-Unis appellent à son déploiement le plus rapidement possible et la Mauritanie s’engage à fournir un contingent de 1800 soldats. C’est finalement le 25 avril que le Conseil de sécurité, agissant en vertu du Chapitre VII de la charte de l’ONU, adopte la résolution 2100 autorisant la création de la MISMA, une mission de stabilisation intégrée multidimensionnelle correspondant à la deuxième option proposée par le Secrétaire général. Dans cette résolution, le Conseil se félicite des premières mesures prises pour rétablir l’ordre constitutionnel et l’unité nationale au Mali, en particulier l’engagement du gouvernement de tenir l’élection présidentielle le 7 juillet 2013 et les élections législatives le 21 juillet 2013. Il souligne qu’il est important de réunir les conditions propices à la tenue d’élections, en particulier de créer un climat de sécurité avant,  pendant et après la période électorale.

Conséquemment, le Conseil décide de créer la MINUSMA pour une période initiale de 12 mois et demande au Secrétaire général d’y intégrer le BUNUMA. Le Conseil décide également que l’autorité de la MISMA sera transférée à la MINUSMA à compter du 1er juillet 2013, date à laquelle la nouvelle mission commencera à s’acquitter de son mandat. Ainsi, les effectifs militaires et le personnel de police de la MISMA correspondant aux normes de l’ONU seront intégrés à la MINUSMA en étroite coordination avec l’UA et la CEDEAO. Le mandat de la MINUSMA est articulé autour de sept axes, soit : a) la stabilisation des principales agglomérations et contribution au rétablissement de l’autorité de l’État dans tout le pays; b) la contribution à la mise en œuvre de la feuille de route pour la transition; c) la protection des civils et du personnel de l’ONU; d) la promotion et la défense des droits de l’homme; e) le soutien de l’action humanitaire; f) l’appui à la sauvegarde du patrimoine culturel; et g) l’action en faveur de la justice nationale et internationale. Le Conseil autorise la MINUSMA à user de tous moyens nécessaires, dans la limite de ses capacités et dans ses zones de déploiement, pour s’acquitter du mandat. De plus, il demande à la mission  d’envisager pleinement, dans tous les aspects de son mandat, la question de l’égalité des sexes comme une question transversale et d’aider les autorités de transition maliennes à garantir la contribution, la participation et la représentation des femmes à tous les niveaux et à un stade précoce de la phase de stabilisation. Le Conseil exige également que la mission tienne pleinement compte, dans l’accomplissement de son mandat, de l’impératif de protéger les civils et de limiter les risques, tout particulièrement ceux auxquels sont exposés les femmes, les enfants et les personnes déplacées ainsi que les installations civiles. La résolution autorise aussi l’armée française, dans la limite de ses capacités et dans ses zones de déploiement, à user de tous moyens nécessaires, à partir du commencement des activités de la MINUSMA jusqu’à la fin de son mandat, d’intervenir en soutien aux éléments de la Mission en cas de danger grave et imminent.

Le Conseil fixe au 1er juillet le déploiement de la mission mais prévoit que cet échéancier sera réexaminé 60 jours après l’adoption de la résolution en fonction de l’état de la sécurité dans la zone de responsabilité de la Mission. Cette réévaluation de l’échéancier de déploiement devra prendre en compte spécifiquement la fin des principaux combats menés par les forces militaires internationales et de la réduction significative de la capacité des terroristes de présenter une grave menace pour la population civile et le personnel international aux abords immédiats ou à l’intérieur de la zone de responsabilités envisagée pour la MINUSMA. Le Conseil précise que le calendrier de déploiement sera modifié en conséquence si la situation ne satisfait pas à ces critères avant le 1er juillet 2013.

Tel que recommandé par le Secrétaire général, les effectifs autorisés de la MINUSMA sont de 11 200 militaires, y compris des bataillons de réserve pouvant être déployés rapidement à l’intérieur du pays selon les besoins, et 1 440 policiers. Le Conseil précise que les contingents fournis devront disposer de l’expérience, des compétences professionnelles et de l’équipement requis pour s’acquitter du mandat complexe de la mission. Le Conseil demande également que soient mises en place toutes les mesures nécessaires pour assurer la coopération entre les missions onusiennes dans la région, notamment entre la MINUSMA, la MINUL et l’ONUCI. Le Conseil autorise également le transfert, au besoin et avec son autorisation, de contingents et des biens d’autres missions à la MINUSMA. Le Conseil demande également aux autres missions de la région, notamment à la MINUL et à l’ONUCI, de partager avec la MINUSMA leurs moyens logistiques et administratifs, dans la mesure du possible, sans préjudice de leurs capacités opérationnelles respectives, dans le but d’accroître l’efficacité et de réduire le coût des missions de la région d’Afrique de l’Ouest. Le Conseil demande également à l’UE de coordonner étroitement l’action de l’EUTM-Mali avec la MINUSMA.

Suite à l’adoption de la résolution 2100, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA affirme regretter que « l’Afrique n’ait pas été consultée de façon appropriée dans le processus de consultation et de rédaction » de la résolution. De plus, la présidente de la commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, déplore le retrait de certaines prérogatives de l’UA dans la gestion du conflit malien. Selon elle, la résolution « retire certaines attributions de l’UA et les transfère à l’ONU seule ». Néanmoins, les préparatifs pour le déploiement de la MISNUMA progressent rapidement. À la mi-mai, un premier contingent de 400 militaires mauritaniens est déployé dans le nord du Mali. De plus, lors d’une conférence des pays donateurs à Bruxelles le 15 mai, les 108 pays et institutions participants promettent environ 3,25 milliards d’euros pour aider le Mali excédant les objectifs visés par les organisateurs qui espéraient lever 1,96 milliard d’euros. Deux jours plus tard, le chef de l’ONUCI, le néerlandais Bert Koenders, est nommé Émissaire spécial de l’ONU pour le Mali et chef de la MINUSMA. Finalement, le 19 mai, une délégation de l’ONU conduite par la Secrétaire générale adjointe à l’appui aux missions, Ameerah Haq, se rend à Gao pour préparer le déploiement de la MINUSMA. La visite de Mme Haq a pour but d’appréhender les réalités concrètes du théâtre malien en rencontrant le personnel de l’ONU déjà présent au Mali en vue de la création d’un poste de commandement de la MINUSMA. Par ailleurs, certaines informations laissent entendre que la Chine aurait proposé de fournir entre 500 et 600 Casques bleus à la future force onusienne au Mali, ce qui en ferait sa plus importante contribution à une mission d’opération de maintien de la paix de l’ONU.




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