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mardi 12 décembre 2017
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Minusma : la rançon du mensonge et de la duplicité

Une mission de stabilisation qui perturbe la paix sociale, à travers une insolente partialité. Une approche exclusive en vue d’un accord de complaisance qui réveille tous les désaccords. Une force de paix qui massacre de paisibles populations. Une «entité» qui, du haut de sa suffisance et sa légèreté, méprise la souveraineté de notre Peuple et verse dans un marchandage de tapis avec ses séparatistes et dans l’exécrable mensonge. Telle pourrait être le résumé de ce que les Maliens ressentent aujourd’hui vis-à-vis de la Misnusma.
À travers une Mise au point rendue publique, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) pris la main dans le sac et face au tollé suscité au sein de l’opinion et dans les chancelleries tente de se justifier sur sa motivation. C’est justement sur ce terrain que la Minusma se fait épingler, le mobile étant la lance par laquelle on tient le criminel. Il affirme sans convaincre personne que sa seule motivation était de «identifier une sortie de crise satisfaisante à la situation à Tabankort». Mais quelle voie a-t-elle privilégiée ? Une démarche sélective et exclusive qui aboutit à un accord non inclusif signé en catimini avec ceux qu’elle avait maille à partir avec la situation à Kidal, à propos d’un bombardement dont les signataires de l’Accord sont les seuls à confirmer.
Versant dans la suffisance et dans le mépris envers notre peuple et nos autorités, la Minusma se pose en victime et crie à la manipulation et à la propagande politique. Sur cette terre des Hommes du Mali, même les bambins vous diront que lorsqu’un secret entre deux personnes se retrouve dans la rue, il n’y a pas lieu de chercher ailleurs. Si ce n’est l’un, c’est l’autre (Ni ye goundo min sirila so djoula, ni a dara kene kan, i goundo nyogon gninika). Du reste, en quoi la divulgation de l’accord gène-t-elle la Minusma à moins que la transparence sur ses agissements ne lui pose problème ?
À lumière de ses justifications, il apparaît clairement que la Minusma n’avait aucune traîtresse intention de rendre public cet accord qu’elle appelle «document de travail». L’argutie de la manipulation (qui n’en est pas une)– « Ce dernier a fait l’objet de graves retouches, contraire à toute éthique. La MINUSMA rappelle qu’un tel procédé ne peut créer que de la confusion et détourner le document de son objectif principal.» – n’est qu’une pirouette qui ne trompe personne Et de tous les acteurs et parties prenantes concourant à la résolution de cette crise, la Minusma est la moins fondée à épiloguer sur les questions d’éthique et de violation de cessez-le-feu. Par combien de fois, en effet, elle a joué au spectateur quand ses « hôtes » et leurs complices terroristes de Kidal ont empêché une délégation officielle du Mali d’atterrir, donnaient l’assaut au Gouvernorat pour égorger l’ensemble du personnel du commandant, attaquaient systématiquement les positions de l’armée ? Pourquoi la très vertueuse Minusma n’a jamais dénoncé le refus par le MNLA et ses complices de regagner leurs positions d’avant, le 17 mai ? Les accords de cessez-le-feu signés ne valent-ils que pour les autres ?
Bien évidemment, pour une Mission qui a renié son mandat pour trinquer et coexister avec les voyous armés doublés de contrebandiers et de narcotrafiquants est avantageux que de combattre les terroristes. Bignè kala gninina sen be bigen kala kan !
Surtout qu’elle ne nous parle pas de populations civiles, la cadette de ses soucis. Pour cette Minusma profondément compromise avec les séparatistes, l’existence humaine s’arrête à la lisière de la chimérique Azawad. En dehors, la vie d’être humain ne vaut rien. Elle vient de nous donner la preuve à Gao !
Oui, la Minusma a renié son Mandat, celui que la résolution 2100 lui assigne pour avoir pris la responsabilité de pactiser avec les « traîtres » à la Nation, pour l’avoir fait au mépris de notre souveraineté et tiré sur des populations civiles et pour avoir menti pour nous faire avaler les couleuvres de sa trahison.
Tout comme cette méprisante trahison, la grossière et insolente tentative de manipulation a été étouffée dans l’œuf grâce à la vigilance de notre peuple et à la réaction vigoureuse de nos autorités. Il est donc clair comme l’eau de roche désormais que le Mali n’a point été consulté ni associé à l’élaboration de cet accord qui n’est point dans le mandat de la Minusma et parce conséquence, il est nul et nul d’effet.
Depuis quand et dans quel pays du monde, on a vu un document de travail signé et paraphé par les parties, bizarrement appelés « entités » ? Et pourquoi seules deux « entités » ont signé ce « document de travail » ?
Dans son communiqué annonçant le retrait de l’accord, la Minusma affirme : «Ce document de travail, une piste de réflexion sans aucune portée juridique, constituait un projet en cours d’élaboration destinée à être acceptée par l’ensemble des mouvements armés puis soumis au Gouvernement ». Comment et pourquoi une sérieuse mission onusienne comme la Minusma signerait avec tant de solennité un simple document de travail sans aucune valeur juridique ? Qu’in ne prenne pas les enfants du bon Dieu comme des canards sauvages. On aurait cru au sérieux et à la sincérité de la Minusma si à côté des signatures des deux « entités » (Minusma et CMA), il y avait une petite place, dans un petit coin du document, place pour celles du Mali et de la Plateforme. Mais non, puisqu’il fallait agir en urgence et en catimini pour satisfaire le «partenaire» qui la tient par la barbichette, la Minusma ne s’est pas préoccupée d’inclusivité.
Faut-il le rappeler, le schéma onusien, en dehors des touareg du MNLA, l’armée du Mali et les groupes armés n’existent pas et ne méritent aucun égard. C’est pourquoi le président IBK met le baume au cœur meurtri de son peuple en rappelant avec force que : « le Mali est un pays souverain » et qu’il faudrait que chacun s’en souvienne.
Nous persistons dans notre faiblesse d’esprit d’avoir la conviction que contrairement à toutes les justifications et jérémiades de la Minusma, l’objectif de cet accord n’était pas d’«identifier (et de parvenir à) une sortie de crise satisfaisante à la situation à Tabankort », mais plutôt de renverser le rapport de force sur le terrain, à travers une zone tampon de sécurité (ZTS) au profit exclusif du MNLA et d’écarter toute menace contre ses positions actuelles. Parce que sans un accord de ce genre, la CMA ne peut longtemps tenir face aux avancées spectaculaires des combattants de la Plateforme. La preuve, mercredi, les séparatistes ont été délogés de Tabrichett par la Plateforme. Pour maquiller leur débandade, ils parlent d’attentat terroriste contre leur position.
Après le mardi noir de Gao, le sentiment de la mission non accompli doublé de celui d’une trahison de cette même mission par la Minusma se renforce au sein de l’opinion malienne. Car, même si le Peuple reconnaissant du Mali est enclin plus d’indulgence à l’égard de la faillite de la Mission onusienne, eu égard au sacrifice des soldats sur le terrain (ils se sont battus loyalement à l’instar des Tchadiens, des Sénégalais), il ne peut accepter et pardonner sa duplicité, sa compromission et ses mensonges, par-dessus tout son mépris et son irrespect pour la souveraineté de notre pays et pour les autorités de notre pays. Comme nous l’avons évoqué hier, ça, c’est insupportable et inadmissible.
En effet, ce sont bien les autorités maliennes qui ont tapé le point sur la table et exigé d’elle qu’elle retirât cet accord de tous les désaccords qui ne fait pas partie de son mandat. Mais nulle part, dans son communiqué, du 28 janvier dernier, annonçant le retrait du fameux accord, la Minusma ne se fait le devoir d’élégance de mentionner l’État du Mali à plus forte raison de reconnaître que les autorités maliennes y sont pour quelques choses. Voilà ce qu’écrit la Minusma : « Ce document, a malheureusement été manipulé dans la forme, puis diffusé par certains médias, entraînant une confusion dans l’opinion publique. À ce titre, le projet ayant été mal compris et détourné de son objectif principal n’a plus sa raison d’être ».
Un mensonge de plus, une duplicité de trop. Toutes choses qui s’ajoutent à la tentative insultante d’une Minusma qui a tenté, mardi, lors de son point de presse, d’accréditer le mensonge suivant lequel la Minusma n’avait tiré aucune balle sur les manifestants. Avant de reconnaître piteusement que « la Police des Nations Unies a alors utilisé du gaz lacrymogène et effectué des tirs d’avertissement dans le but de disperser les manifestants hostiles et les empêcher d’entrer dans le camp de la MINUSMA »
On peut dès lors comprendre comment, en l’espace d’une petite semaine, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) est passée des cimes aux abysses de l’opinion malienne.
En effet, après l’élan de sympathie suite au «bombardement» d’un convoi hostile de la Coordination séparatiste, le 20 janvier, et sa décision inique d’octroyer un ZTS à ses protégés de la CMA, le 24 janvier, l’assassinat de manifestants à Gao, le 26 janvier, la mission onusienne est désormais au centre de toutes les controverses et de tous les questionnements.
Ce plongeon spectaculaire de côte auprès des populations, elle la doit à sa décision unilatérale très controversée et compromettante de pactiser avec le Mnla et ses acolytes en vue de chasser les groupes armés patriotiques de leurs positions et bases dans la zone de Tabankort, mais aussi à la bavure de ses Casques bleus rwandais qui ont ouvert le feu sur les jeunes de Gao qui manifestaient paisiblement contre sa partialité.
Pour avoir longtemps joué de connivence avec les séparatistes de Kidal contre les aspirations profondes et légitimes de notre peuple à la paix, à l’unité et à la concorde et pour avoir longtemps choisi d’être le bouclier de ceux-là mêmes qui ont bravé et continuent de défier la République, la Minusma paye aujourd’hui doublement de sa partialité et de sa connivence pour ne pas dire de sa duplicité et son double jeu. Obligée qu’elle est, pour se sauver la face de se compromettre à Kidal avec les séparatistes adoubés par de terroristes notoires (dont on sait tous ayant le nez dans la poudre), la Minusma se compromet et s’annihile désormais tout le respect et la reconnaissance des populations impuissantes qui la voit verser dans la triche, la manipulation et bien pire, le mensonge éhonté en vue de la réalisation du plan de partition de notre pays.
Le mouvement de colère légitime contre la force onusienne doit aujourd’hui interpeller sur la nécessité de la clarification de leur présence aux côtés de notre peuple. Une présence qui ne peut signifier pour le Malien lambda que par son engagement ferme et total conformément à la Résolution N°2100, du 25 avril 2013, qui l’oblige à aider principalement notre pays d’une part, à rétablir l’autorité de l’État en vue de« stabiliser la situation dans les principales agglomérations, en particulier dans le nord du pays, et, dans ce contexte, écarter les menaces et prendre activement des dispositions afin d’empêcher le retour d’éléments armés dans ces zones»; et d’autre part «à étendre et rétablir l’administration de l’État dans tout le pays».
Or, au lieu de ce terrain sur lequel il est attendu, la Minusma semble progressivement (par habitude, certainement) se muer en force d’interposition entre un pays souverain et en parrain d’une coalition de voyous et de terroristes. Une posture qu’elle paye au cash en termes de discrédit aux yeux des populations et de l’État malien ainsi que de tous les autres partenaires engagés dans le processus du dialogue et de paix qui ne font plus d’illusions sur sa compromission avec les séparatistes et alliés terroristes.
Qu’on ne se compte pas sur le Quotidien des sans voix pour baisser le ton ou pour manifester une quelconque sympathie envers une Minusma qui non seulement n’a pu empêcher le retour des mêmes terroristes, mais s’éloigne chaque jour dangereusement de son mandat. Quoi de pire, que de prendre ses jambes au cou à Kidal face à des vandales aiguillonnés qui mettent à feu et à sac ses installations pour venir tuer à balles réelles sur des jeunes de Gao qui ne demandent que justice. Est-ce parce que les enfants de Kidal valent mieux que ceux de Gao ? Est-ce parce la Minusma a-t-il dans son mandat secret de tout accepter de Kidal et de ne rien respecter envers notre peuple, nos populations et nos autorités ?
Rançon de la partialité ou simple étape vers la finalisation d’un plan machiavélique ? En tout cas, le ressenti du peuple malien doit plus que jamais motiver et déterminer l’État souverain du Mali à demander et à obtenir, suite aux derniers développements de la situation sur le terrain, la révision du mandat, tout au moins sa clarification. Pour plus de respect de la souveraineté de notre pays et de notre peuple.
Sur cette voie, il faut encourager la veille et la mobilisation citoyenne et se réjouir de la position ferme et décisive de l’État qui a contraint la Minusma à retirer cet accord de désaccord, à revenir sur terre et à acter et à se souvenir désormais avec le président IBK que «le Mali est un pays souverain, il faut que chacun s’en souvienne».

Par Sambi TOURÉ




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