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samedi 24 octobre 2020
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Mise en couverture sanitaire universelle: les problèmes des ASC risquent d’être le blocage

Notre pays a tenu le samedi dernier la 1ere édition de sa Journée nationale sur les Soins essentiels dans la communauté (SEC). La tribune a été une forte interpellation pour l’adoption d’un mécanisme garantissant la prise en charge pérenne des Agents de santé communautaires (ASC). Jusqu’à preuve de contraire, leur motivation est assurée par des ONG.

Organisée par la Coalition nationale en faveur de SEC en collaboration avec la Fondation Aga Khan et le ministre de la Santé, la journée vise à renforcer le plaidoyer auprès des autorités pour la mise en œuvre effective des SEC.

La 1re édition de cette journée tenue au CNDIFE a réuni des acteurs et partenaires intervenants dans le secteur de la santé. La mise en œuvre de la stratégie et sa pérennisation constituent un enjeu majeur de la couverture maladie universel. Et l’organisation de cette journée marque un tournant important en faveur des SEC, a indiqué le président Yaya Zan KONARE dans son discours de bienvenue. Toutefois, leur souhait est la consécration d’une journée dédiée à la promotion et la valorisation des SEC dans notre pays.

« Cette journée que nous voulons voir être institutionnalisée sera une opportunité pour les décideurs, acteurs et bénéficiaires de partager les efforts fournis en faveur des SEC », a expliqué Yaya Zan KONARE.

Pour lui, la finalité est de faire des SEC, un instrument efficace pour davantage appuyer le gouvernement, à travers le ministère de la Santé dans ses efforts de rendre accessible les soins et services de qualités aux populations. En effet, grâce à l’approche des localités éloignées des centres de santé bénéficient de certains paquets de soin avec les ASC.

De même, pour la représentante de la Fondation Aga Khan, le Dr Aïssata MAIGA, la mise en place d’une Coalition nationale de plaidoyer pour la promotion des SEC dirigée par des organisations de la société civile est une avancée majeure pour le Mali et un dispositif important pour accentuer l’implication des communautés.

« Bien que la coalition soit à son jeune âge, les actions déjà menées laissent entrevoir de bonnes perspectives vers l’atteinte des objectifs de la couverture sanitaire universelle », a indiqué le Dr Aïssata MAIGA. Aussi, la journée, selon elle, est-elle une opportunité de lancer les jalons de la vision de promouvoir la santé communautaire pour réduire la mortalité des mères et enfants. En effet, selon des données, en dépit des efforts consentis, le taux de décès maternel et infantile reste élevé.

Cependant, pour le président de l’Association de la municipalité du Mali (AMM), Yacouba TRAORE, il est difficile pour les SEC d’atteindre ses objectifs sans la prise en compte des problématiques des ASC. Au cœur de l’approche, les ASC sont confrontées à des difficultés de prise en charge de leur salaire.

« Le Président de la République a pris un engagement pour l’intégration des ASC dans la fonction publique des collectivités. Rien n’a bougé depuis ce jour. Ce qui est un handicap majeur pour la couverture maladie universelle (CMU). Je suis persuadé que sans de meilleures conditions de travail pour les ASC, il n’y aura pas de CMU », a déclaré le président de l’AMM.

Puis, il a ajouté qu’un nombre important des ASC ne sont plus rémunérées après le retrait de projet qui prenait en charge leur salaire.

« Je pense que l’État doit prendre des dispositions pour honorer l’engagement du président IBK en garantissant des motivations pérennes. Parce que la fin des activités des AS est un coup très dur pour la mise en œuvre de la Couverture sanitaire universelle », a-t-il mis en garde.

De son côté, le représentant du ministère de la Santé n’a pas raté également de réagir aux propos du président de l’AMM. Selon lui, l’État est en train d’agir pour honorer l’engagement du président IBK. Toutefois, il y a des préalables qui sont en train d’être gérés.

« Pour le moment, ces ASC n’ont pas de statut. C’est ce travail que nous sommes en train de faire », a-t-il précisé avant de regretter aussi que le faible engagement financier des collectivités en faveur des ASC.

Par Sikou BAH




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