Mise en œuvre de la Résolution 2295 de l’ONU: le Mali dégage sa stratégie nationale

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Après la Résolution 2295 (2016) du Conseil de sécurité, portant sur le renouvellement du mandat de la MINUSMA, et adoptée à l’unanimité de ses membres, maintenant place à sa mise en œuvre. C’est à quoi s’attèle le Gouvernement du Mali par la mise en place d’une stratégie nationale. L’atelier national, tenu, hier jeudi, dans les locaux du ministère des Affaires étrangères, s’inscrivait dans ce sens.

Les travaux auxquels ont pris part le Haut représentant du Président de la république pour la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale ; les représentants des départements ministériels, étaient présidés par le ministre des Affaires étrangères, de la coopération internationale et de l’intégration africaine, Abdoulaye DIOP.
La rencontre vise à permettre au gouvernement de dégager une stratégie, au plan national, de mise en œuvre de ladite Résolution 2295 du Conseil de sécurité des Nations Unies pour l’adoption de laquelle les plus hautes autorités du pays, aux premiers rangs des desquelles : le Premier ministre, Modibo KEITA (qui s’est déplacé en personne au siège des Nations Unies), se sont particulièrement mobilisées.
Rappelant le contexte dans lequel la Résolution 2295 (2016) est intervenue, le ministre Abdoulaye DIOP a fait référence à l’épreuve douloureuse à laquelle notre pays traverse depuis 2012, qui a mis en mal le tissu politico-social et économique. Une crise en faveur du règlement de laquelle, le pays a fait appel à l’Organisation des Nations Unies qui a dépêché au Mali la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) avec un mandat annuel. C’est dans ce cadre justement, a-t-il évoqué, que le Conseil de sécurité a prorogé le 29 juin dernier le mandat de la MINUSMA pour un an (jusqu’au 30 juin 2017) dans le cadre des recommandations contenues dans le rapport du Secrétaire général, publié le 31 mai (S / 2016/498).
Le Conseil de sécurité, qui rappelle que l’Accord pour la paix et la réconciliation est la pierre angulaire du mandat de la MINUSMA, a instruit à cette dernière d’appuyer sa mise en œuvre en particulier ses dispositions relatives, notamment au rétablissement et à l’extension progressive de l’autorité de l’Etat ; et «réaffirme le rôle de bons offices du Représentant spécial du Secrétaire général et établit le soutien à la mise en œuvre de l’Accord, notamment le rétablissement de l’autorité étatique, comme la priorité stratégique de la mission ».
Il prescrit à la MINUSMA de soutenir le redéploiement des Forces de défense et de sécurité maliennes reconstituées, compte tenu de la détérioration de la situation sécuritaire et en vue de renforcer l’autorité de l’Etat. Il est question de renforcer les effectifs et d’adopter une posture plus proactive et robuste afin de mener à bien son mandat. Pour ce faire, la Mission a été autorisée par le Conseil de sécurité à utiliser tous les moyens nécessaires à cette fin dans les limites de ses capacités et dans ses zones de déploiement.
Cette nouvelle résolution approuve la proposition du Secrétaire général de transférer la Force de réaction rapide et l’unité d’aviation associée de l’ONUCI à la MINUSMA, après leur retrait de la Côte d’Ivoire au plus tard le 31 mars 2017.
Aussi, exhorte-t-elle, les pays contributeurs de troupes et de polices de la MINUSMA d’accélérer l’acquisition et le déploiement de tous les équipements nécessaires aux contingents.
Pour traduire dans les faits et sur le terrain les innovations qu’apporte la Résolution 2295 (2016), le ministre a invité les départements sectoriels impliqués à s’approprier de son contenu. Par ailleurs, il a insisté sur l’impérieuse nécessité de dégager une vision commune de mise en œuvre de ladite Résolution, à travers l’élaboration d’indicateurs mesurables.
En tout cas, c’était tout le sens de l’atelier d’hier dont les participants étaient appelés à faire un examen minutieux des dispositions de la Résolution pour identifier les tâches prioritaires que le Conseil de sécurité a bien voulu confiées, d’une part, au Gouvernement et, d’autre part, à la MINUSMA, tout en élaborant un document de stratégie et de planification pour le suivi de ladite Résolution.
De toute évidence, il s’agit, a expliqué le ministre DIOP, d’une action de continuité, puisque dans le cadre de la Résolution 2164 (2014), de commun accord, les services des départements ministériels et ceux de la MINUSMA avaient déjà pu élaborer une matrice des résultats de référence du mandat de la MINUSMA avec les indicateurs de mesure des progrès.
Voilà pourquoi l’exerce consistait à innover dans l’action entreprise pour une meilleure appropriation de la Résolution aux fins d’une mise en œuvre efficace au profit de l’ensemble de nos populations.
De la conviction faite par le ministre DIOP, ce travail est capital, référence faite à l’adoption de la Résolution 2295 qui a suscité un immense espoir auprès de nos compatriotes en ce qu’elle prend en compte les préoccupations, exprimées par le gouvernement pour améliorer la capacité opérationnelle de la MINUSMA.

Par Mohamed D. DIAWARA

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