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mercredi 14 avril 2021
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Mise en œuvre des soins essentiels dans la communauté: l’engagement des acteurs locaux solicités

L’atelier national des assises communautaires sur les Soins essentiels dans la communauté (SEC) a débuté, hier mardi, au CICB, pour quatre jours. Objectifs : renforcer l’engagement et l’appropriation des acteurs communautaires (ASACO, mairies, leaders communautaires) à la mise en œuvre des SEC au profit des populations ayant un accès difficile aux soins de santé ; améliorer la couverture géographique des services offerts et rapprocher les services des bénéficiaires.

La cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre de la Santé et de l’hygiène publique, Marie Madeleine TOGO. C’était en présence du président de la Fédération nationale des associations de santé communautaire (FENASCOM), Yaya Zan KONARE ; du représentant des PTF, Erin PACIFIC et des participants venus de toutes les régions du pays.
Ces présentes assises dont le thème central est : « Soins essentiels dans la communauté », ont pour objectif de renforcer l’engagement et l’appropriation des acteurs communautaires (ASACO, mairies, leaders communautaires) à la mise en œuvre des SEC au profit des populations ayant un accès difficile aux soins de santé.
Le Président de la FENASCOM, Yaya Zan KONARE, a affirmé que la stratégie des soins essentiels dans la communauté, après sa phase d’expérimentation, a donné des résultats très encourageants qui autorisent à préconiser sa mise à échelle et son extension sur l’ensemble du territoire national. Mais, il n’a pas manqué d’évoquer les insuffisances constatées sur le terrain qu’il faille corriger pour aller à l’efficience de la stratégie. Il s’agit des insuffisances qui ont pour nom : le retard de payement des salaires ou motivations des agents de santé communautaire (ASC) ; la faible appropriation de la stratégie par les ASACO et les mairies ; la faible implication des membres et démembrements de la FENASCOM et des maires dans la gestion des ASC soutenus par les différents programmes et projets ; la non maitrise de la stratégie SEC par les acteurs de terrain surtout en termes d’engagement, de rôles et de responsabilités pour le fonctionnements des sites ASC…
Selon le président de la FENASCOM, la santé communautaire a atteint un niveau de maturité où la couverture sanitaire en services de soins de qualité doit être une réalité absolue dans chacune des aires de santé dans notre pays. Une couverture sanitaire qui, dit-il, exige des personnels de santé en nombre suffisant capable de servir jusque dans les ménages.
Aussi, a-t-il salué les efforts des partenaires techniques et financiers aux cotés de l’Etat qui ont permis de stabiliser plusieurs ASC aux services de réduction de la mortalité maternelle et infantile et ainsi contribuer à améliorer considérablement les indicateurs salutaires dans la durabilité en s’appuyant d’abord sur les acteurs et les décideurs locaux.
La cheffe de file des partenaires techniques et financiers intervenants dans le domaine, Mme Erin PACIFIC, a déploré qu’au-delà de la vétusté des infrastructures et des équipements, du non-respect des normes qui régissent le bon fonctionnement des CSCOM ; des barrières financières et de la mauvaise gouvernance dans la gestion et le fonctionnement des services, la distance est un frein non négligeable à l’accès et l’utilisation des services de santé au Mali.
Elle a informé que les données de l’annuaire statistique du ministère de la Santé indique qu’environ 44% de la population vit à plus de 5 Km d’un CSCOM fonctionnel, soit 7,4 millions de personnes et que le taux de fréquentation est très faible, 33%.
La représentante des PTF soutient que cela est la preuve que malgré les efforts consentis par le gouvernement et ses partenaires, une partie importante de la population reste exclue du système et ne peut prétendre à la jouissance de son droit fondamental à la santé.
«Les agents de santé communautaire apparaissent aujourd’hui comme le premier niveau de contact de la population avec les services de santé. Ils contribuent pour au moins 20% des consultations et traitement des cas de paludisme, de diarrhée… Cependant, leur prise en charge reste en grande partie assurée par les PTF et les communautés bénéficiaires », a affirmé Mme Erin PACIFIC.
Pour faire face à la précarité des conditions de vie des agents de santé communautaire, Mme Erin PACIFIC a recommandé à l’Etat d’envisager l’intégration des ASC dans le système de santé à travers la révision de la loi organique de la santé et de créer une ligne budgétaire pour leur prise en charge dès lors que la stratégie des ASC est l’un des axes prioritaires du PRODESS en cours.
Pour le ministre de la Santé et de l’hygiène publique, malgré les efforts importants entrepris par les communautés, les prestataires et les partenaires, l’exécution du plan stratégique des soins essentiels dans la communauté a enregistré une difficulté majeure qu’est le problème de pérennisation lié au paiement des salaires ou indemnités des ASC.
Pour elle, cela justifie la tenue des présentes assises en vue de matérialiser la vision des autorités pour l’avenir. Et pour arriver à cette fin, affirme-t-elle, les participants auront à débattre des questions comme : quels engagements des acteurs communautaires pour la pérennité des SEC ? Comment assurer le payement des indemnités/motivations des ASC par les collectivités ? Comment assurer le payement des indemnités/motivation des ASC par les ASACO ?
Le ministre de la Santé a insisté sur la stratégie des soins essentiels dans la communauté qui reste un défi à relever pour notre système de santé.
Il faut souligner que c’est dans le souci d’améliorer la couverture géographique des services offerts et rapprocher les services des bénéficiaires, que le ministère de la Santé et de l’hygiène publique a adopté en 2009 l’approche des Soins essentiels dans la communauté.

PAR MODIBO KONE




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