Mise en œuvre du MOC-DDR-RSS: ce que les parties ont convenu

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Les parties prenantes de la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale ont tenu, le vendredi à l’ex-CRES de Bamako, une réunion d’évaluation de la mise en œuvre des chapitres consacrés au MOC, au DRR et à la RSS. Pour aller vite à cette étape cruciale, la réunion a décidé du démarrage des patrouilles mixtes à Gao avant la fin de l’année et du cantonnement des combattants avec les sites disponibles en janvier 2017.

Le haut représentant du président de la République pour la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, la coordinatrice du système des Nations Unies au Mali, le représentant du gouvernement, des représentants de représentations diplomatiques, les représentants des groupes armés signataires de l’accord, les membres du Comité de suivi pour la mise en œuvre de l’accord, les représentants de la Banque mondiale, etc. étaient présents à cette rencontre d’évaluation.
Elle a ainsi permis aux participants de faire l’état des lieux sur la mise en œuvre des structures de gestion du processus de DDR, du MOC et de RSS, de faire l’état des lieux des sites de cantonnement. Aussi, ont-ils échangé sur les modalités pratiques du DDR-intégration-réinsertion socio-économique des jeunes, le financement de ces différents processus avant d’établir un chronogramme de réalisation.
Le maître de séance, le Haut représentant du président de la République pour la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, Mahamadou DIAGOURAGA, dans ses mots de bienvenue, a salué et remercié tous les acteurs pour leur effort aux côtés de l’État malien à la recherche de la paix et de la réconciliation nationale.
Ensuite, il a rappelé que la tenue de cette réunion était nécessaire pour mesurer des chapitres de la mise en œuvre de l’accord comme le MOC, le DRR et la RSS en vue de préparer le retour définitif de la paix dans notre pays tout en indiquant que leur effectivité permettront de donner un coup accélérateur aux autres étapes du processus de mise en œuvre globale de l’accord.
« L’opérationnalisation de ce processus permettra de mieux sécuriser les populations, d’assurer le retour de l’administration dans les régions du nord et des services sociaux de base dans les zones affectées par la crise, d’aider à contrecarrer la radicalisation des jeunes et de freiner les flux migratoires vers l’Europe », a-t-il martelé.
Pour la mise en œuvre de l’accord pour la paix, il a fait savoir que l’attente des populations a été longue et pour cette raison, il a demandé à l’ensemble des parties prenantes de hâter les pas afin que le processus puisse aboutir à quelque chose, dont les populations perçoivent l’intérêt.
« Les populations n’attendent que cela et elles n’ont que le regard tourné vers la paix, depuis la signature de l’accord pour la paix », a martelé M. DIAGOURAGA.
Abordant dans le même sens, la Coordinatrice du système des Nations unies ajoutera que leur participation à ce processus témoignait du soutien et de l’attachement de la communauté internationale pour la paix, la stabilité et la sécurité dans notre pays. Saluant des efforts qui ont été juste là consentis, elle a encouragé toutes les parties prenantes et les acteurs à un dialogue franc afin que le processus bouge pour de bon.
De même pour le ministre de la Défense et des anciens combattants, Abdoulaye Idrissa MAIGA, il faudra aller vite avec ces phases qui sont cruciales pour la mise en œuvre de l’accord parce que l’effectivité du MOC, du DDR sont les conditions de réussite de tout le reste du processus. En tous cas, pour ce qui est de l’engagement du gouvernement, il ne souffre d’aucun doute, a réaffirmé le ministre de la Défense tout en rappelant que l’Etat a fait de nombreuses dérogations pour renforcer la confiance entre les parties.
En outre, il a mis à la disposition du MOC 49 véhicules, signe de son engagement en faveur du démarrage des patrouilles mixtes dans les régions du pays. Selon le ministre de la Défense, ces efforts ne seront couronnés de succès que lorsque des groupes armés arrêteront de s’attaquer à l’armée nationale et aux forces étrangères déployées sur le territoire national.
« Il faut que cessent les morts de nos soldats et des autres forces étrangères engagées dans notre pays si nous voulons réellement des dividendes de la paix », a assaini le ministre de la Défense avant de proposer que soit ajouté sur les sites de cantonnement des zones à potentiel refuge pour des terrorismes et des bandits armés.
Le DDR est destiné seulement aux mouvements armés
Après ces interventions, Samba TALL, directeur de la réforme de sécurité et du DDR à la MINUSMA et son collègue, le colonel Mamadou KEITA, du ministère de la Défense ont brièvement présenté l’état de l’évolution du processus du MOC, du DDR et la RSS.
Ils ont informé qu’à ce jour, presque tous les critères sont réunis pour faire le cantonnement devant ouvrir la voie au DDR et plus part à la réinsertion des combattants. Mais essentiellement, il reste pour le ministère de la Défense de finaliser les critères d’intégration avec les suggestions des groupes armés afin qu’ils soient donnés à la commission de DDR. Le colonel Mamadou KEITA a précisé que ce processus était destiné seulement aux combattants des mouvements armés.
Par ailleurs, ils ont fait comprendre que dans le volet réinsertion et intégration, il est prévu des places pour des jeunes des communautés qui ont été affectées par la crise.
Pour les patrouilles mixtes dans la région de Gao, elles sont annoncées avant la fin de l’année, confirment les deux experts. Ce mécanisme a trainé, disent-ils, à cause des chantiers de réalisation des locaux pour la mise en œuvre du MOC. À part la région de Tombouctou qui a son local du MOC ; pour les régions de Gao et de Kidal, les travaux sont en cours. S’agissant des autres aspects de la mise en œuvre du MOC, d’énormes efforts louables ont été fournis avec l’élaboration de son mécanisme d’opérationnalisation et l’envoi de la liste des combattants de la CMA et de la plateforme qui vont faire les patrouilles mixtes, ont-ils indiqué.
Quant au cantonnement, les actions ont pris du coup à cause des retards dans la construction des bâtiments et surtout de l’insécurité sur le terrain. En dépit de ces difficultés, 3 sites sont construits à 100 % et 5 autres sont utilisables sur les 24 sites proposés. Ces 8 sites ont une capacité d’accueil de 6 000 hommes en raison de 750 combattants par site. Ces sites sont, en occurrence : Fafa, Inekar, Likrakar, Tinfadimata, Ber, Tessalit, Illouk et Tabankort.
Pour le démarrage effectif du cantonnement, il est probable qu’il débutera en janvier 2017 avec un premier contingent fort de 6000 hommes, parce que le financement des opérations de réinsertion n’est pas entièrement acquis. À ce sujet, il est prévu en décembre prochain une table ronde des bailleurs, sous l’égide de la Banque mondiale, en vue de mobiliser les fonds pour l’effectivité de la suite de ce processus. Si les partenaires venaient à donner leur accord de financement lors de cette table ronde, le 2e contingent du cantonnement de 6000 hommes pourrait commencer en mars 2017.
« Ce n’est pas facile pour la mobilisation des fonds d’un tel processus. Des efforts ont été fournis pour notamment la mise en œuvre du DDR et la réinsertion des combattants. La preuve, la construction de chacun de ces sites a coûté 1 million de dollars, soit 500 millions de FCFA. Et pour cantonner 1000 combattants pendant un mois, il faut 188 000 dollars, soit près 80 millions de FCFA. Pour 6000 hommes, il faut nécessairement un million de dollars par mois. Pour tout le processus du cantonnement au DRR, l’entretien d’une personne est estimé à 3 millions de FCFA », a fait savoir M. TALL.

Par Sikou BAH

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