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dimanche 23 juillet 2017
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Mise en œuvre RAMED: l’écart profond entre les acquis et les objectifs

Le Régime d’assistance médicale (RAMED) ne prend pas en compte seulement 15 100 personnes alors que le dispositif a été mis en place pour 819 000 personnes, soit 5 % de la population. Ce paradoxe a été relevé, le jeudi dernier, lors de la journée d‘échange pour l’opérationnalisation du système.

L’ouverture des travaux était présidée par le Conseiller technique du ministère de la Solidarité, de l’action humanitaire et de la reconstruction du Nord, Elmoctar HAIDARA.  Il était entouré du directeur pays de Save the Children, Raphael SINDAYE ; le président de l’Association des municipalités du Mali (AMM), Boubacar BAH dit Bill; la directrice de l’ANAM, Mme ZOURE Fadima MAIGA.

La rencontre s’inscrivait dans le cadre des actions de soutien de Save the Children dans l’atteinte de la couverture sanitaire universelle dans notre pays. La Maison du partenariat Angers-Bamako a servi de cadre pour l’organisation de la journée à laquelle ont participé des services sociaux, des élus communaux, des représentants de la société civile. Des responsables de la mise en œuvre du RAMED, de l’AMO et de la mutualité de santé (les trois systèmes de la stratégie nationale de la santé) comptaient parmi les participants.

La journée a été l’occasion pour les participants d’apprécier la mise en œuvre des recommandations issues de la journée de plaidoyer sur les rôles du 16 juillet avec les élus; d’échanger sur les rôles et responsabilités des collectivités territoriales et de leur association faitière nationale dans la mise en œuvre du RAMED dans le pays.

Au terme des échanges, ils ont adopté un plan d‘action qui va impliquer davantage les collectivités dans l’opérationnalisation du RAMED.

Le président de l’AMM, Boubacar BAH, a salué l’organisation de la journée qui vient renforcer et déterminer davantage leurs rôles dans l’atteinte de la couverture sanitaire universelle, à travers notamment l’opérationnalisation du RAMED.  À cet égard, a-t-il estimé, ils sont au cœur du système de la santé dans notre pays et a exprimé toute l’attention qu’ils éprouvent pour le bien-être des habitants de leurs communes respectives.

Dans tous les cas, c’est à eux, les élus communaux, d’être beaucoup plus sensibles à l’opérationnalisation du RAMED qui est à la fois une innovation et un défi qu’ils doivent relever pour la couverture sanitaire universelle dans notre pays.

Le directeur de Save the Children, à sa suite, a dressé le tableau peu reluisant des trois systèmes sur lesquels repose la stratégie nationale de la couverture sanitaire universelle. Il a relevé le taux global de couverture maladie qui était de 4,1 % en 2013. À la même période, il a précisé que l’assurance maladie obligatoire couvrait moins de 14 % de sa population cible, tandis que les mutuelles et le RAMED étaient respectivement représentaient à 2,2 % et 1,1 %.

Il a déploré qu’à l’analyse de ces chiffres notre pays ait de nombreux défis à relever pour enfin faciliter la réalisation de la couverture sanitaire universelle. Pour cela, il a réitéré l’engagement et la disponibilité de leur structure pour accompagner le ministère de la Solidarité, à travers l’ANAM et l’UTM et les collectivités territoriales.

Le conseiller technique, lui, a relevé des difficultés auxquelles l’ANAM  était confrontée pour la mise en œuvre du RAMED qui est un dispositif public non contributif qui assure la couverture du risque maladie des personnes démunies appelées indigents. Il a précisé que l’objectif du système est la prise en charge médicale des personnes démunies et des bénéficiaires de droit sans contribution aucune de leur part.

Cependant, il est regrettable que le RAMED ne compte seulement 15 100 personnes alors que le dispositif a été mis en place pour 819 000 personnes soit 5 % de la population.

Par Sikou BAH

 




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