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mardi 16 octobre 2018
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Mise en œuvre de la nouvelle feuille route: la dérobade des groupes armés

Alors qu’ils sont beaucoup attendus dans la sécurisation du processus électoral en juillet prochain, les groupes armés signataires de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale trainent toujours les pieds dans la mise en place et l’opérationnalisation des MOC de Kidal et Tombouctou. Et pour cause ? Ces deux mouvements n’ont pu fournir les listes de leurs combattants dans les délais requis, dans le cadre de la nouvelle feuille de route. Quant aux armes lourdes promises aux combattants par les parties, seul le gouvernent s’était exécuté, dans ce sens, à la date du 30 avril.

Conformément au plan concocté par les plus hautes autorités de notre pays pour sécuriser les opérations électorales à partir du mois de juillet prochain, les éléments des groupes armés signataires de l’Accord pour la paix occupent une place importante. C’est dans ce cadre d’ailleurs que le gouvernement multiplie les efforts pour la mise en place et l’opérationnalisation des MOC de Tombouctou et de Kidal. Cependant, plus deux ans après la signature de l’accord en 2015, les groupes armés signataires ou du moins certains de leurs responsables ne semblent pas pressés. Ainsi, pour la énième fois, le démarrage du Mécanisme opérationnel de Coordination de Kidal et de Tombouctou, initialement prévue pour ce 30 avril, a connu un nouveau report, a-t-on appris, auprès de source proche de la Coordination de ladite opération, depuis Gao. Mais notre source a bon espoir que les choses vont rentrer dans l’ordre avant le 20 mai.
Selon le général Mamadou Idrissa COULIBALY, coordinateur général du MOC, ce nouveau report s’explique par plusieurs motifs, dont l’absence des autorités administratives et militaires de ces deux régions. Lesquelles autorités, dit-il, sont absentes depuis quelque temps dans le nord pour des raisons de déplacement à Bamako afin de prendre part aux discussions politiques dans la cadre de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix.
Même si le général évite de parler d’une mauvaise foi des parties engagées, il n’en demeure pas moins que les groupes armés signataires de l’accord n’ont pas tenu leurs engagements. En effet, ces derniers devraient fournir, chacun, la liste de 17 combats pour le MOC à Kidal et à Tombouctou. Aussi, lors de la dernière réunion de la CTS, les parties avaient été invitées à doter les unités du MOC d’armes lourdes.
Mais à la date du 30 avril, seule la liste des combattants avait été fournie, avec un retard d’une semaine. Le mardi dernier, au moment de nos échanges avec le général COULIBALY, à l’exception du gouvernement, aucun des groupes signataires n’avait envoyé une arme lourde à ses combattants du MOC, conforment aux engagements pris, lors du dernier Comité de suivi de l’accord.
La mise en place du MOC de Kidal et de Tombouctou fait partie des actions prioritaires prévues par la nouvelle feuille de route signée, le 22 mars 2018 entre les différents acteurs en vue d’accélérer le processus de mise en œuvre de l’Accord pour la paix de 2015 issu du processus d’Alger. En vertu de cette feuille de route, les groupes armés doivent participer activement à la sécurisation du processus électoral. Toute chose qui nécessite l’opérationnalisation des MOC afin de permettre la régularité des patrouilles mixtes (FAMA-Plateforme-CMA) pour la sécurisation des personnes et des biens dans les localités du nord de notre pays.
Pour rappel, la nouvelle feuille de route comporte 21 points qui précisent à chaque fois l’intitulé des actions et leur échéance, endossés par la 23e session du comité de suivi de l’accord (CSA). Parmi ces actions prioritaires, il y avait l’opérationnalisation du MOC (Mécanisme opérationnel de coordination), à Tombouctou et Kidal était prévu pour le 30 avril dernier.

Par Abdoulaye OUATTARA




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