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samedi 16 décembre 2017
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Missions de stabilisation et restauration: l’échec de la MINUSMA sur toute la ligne

De son déploiement, dans le septentrion de notre pays en 2013, à nos jours, la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-Unies pour la stabilisation au Mali), puisqu’il s’agit bien d’elle, semble oublier sa raison-être, à savoir assurer la stabilisation et la restauration de l’intégrité territoriale du Mali. Au point qu’elle contribue à exacerber la tension au Nord du Mali.
Pour preuve, les nombreuses attaques des forains, des convois militaires et civils, ainsi que les explosions de bombes, et autres attentats sur des cibles militaires et civils, assassinats de civils et militaires sous la barbe et le nez des éléments de la MINUSMA qui constituent le lot quotidien des Maliens, depuis.
Créée, le 25 avril 2013 par le Conseil de sécurité des Nations-unies, par sa résolution 2100, la MINUSMA a pour mission d’appuyer le processus politique et réaliser un certain nombre d’activités de stabilisation concernant la sécurité.
En vertu de la même résolution, elle a la mission de prêter une attention particulière aux principales agglomérations et axes de communication, protéger les civils, surveiller les droits de l’homme, mettre en place les conditions indispensables à l’acheminement de l’aide humanitaire et au retour des déplacés , permettre à l’extension de l’autorité de l’État et à la préparation d’élections libres, pacifiques et ouvertes à tous.
La MINUSMA incapable de se sécuriser
A la lumière de ces orientations, la MINUSMA semble se laisser distraire par le jeu des terroristes et des groupes armés. Est-elle en déphasage avec les réalités sur le terrain ? En effet, depuis son arrivée au Mali, les roquettes n’ont jamais arrêté de pleuvoir sur les villes, notamment de Gao, Tombouctou et Kidal. Donc, la quiétude des populations n’a jamais été assurée à plus forte raison de préparer les conditions pour le retour des déplacés et des réfugiés. Dans la même lancée, le terrain a presque été abandonné aux bandits armés et séparatistes pour dépouiller les paisibles populations de leurs biens. Les forains, pour leur part, ont été empêchés d’accéder à des foires en raison d’un climat sécuritaire délétère, même dans les zones où sont déployés les soldats de la paix de l’ONU.
Des attaques sur les forces onusiennes et les FAMA, il y en a eu en nombre, malgré le déploiement des forces onusiennes sur une importante partie des localités citées.
Courant 2014 seulement, notre armée a perdu pas moins de 90 soldats. Faut-il en vouloir à la force de stabilisation, une incapacité à pouvoir, elle-même, assurer sa propre sécurité? En tout cas, depuis plusieurs mois, les convois et les bases des casques bleus, au Nord du Mali, constituent la cible des rebelles séparatistes souvent déguisés en djihadistes.
Le 25 octobre, ce sont trois Casques bleus sénégalais de la MINUSMA qui avaient été blessés dans une attaque à l’engin explosif près de Kidal.
Le 7 octobre, un membre du même contingent sénégalais de la MINUSMA avait péri dans une attaque à la roquette contre le camp de l’ONU à Kidal.
A ceux-ci, s’ajoutent d’autres victimes qui restent généralement dans l’anonymat.
L’assaut le plus meurtrier contre les forces de l’ONU, dans notre pays, a été perpétré, le 3 octobre dernier, dans une localité de la région de Gao, contre un convoi de militaires nigériens, dont neuf avaient été tués.
Auparavant, en 2013, la MINUSMA a déploré pas moins d’une trentaine de morts. Autant dire qu’elle est, elle-même, incapable de sécuriser ses contingents à fortiori s’occuper des nôtres.
Qu’en est-il du retour progressif annoncé de l’autorité de l’État dans les villes du Nord, dans le cadre de son mandat ?
Sur ce sujet, la situation est loin d’être satisfaisante. Car, il est difficile d’indexer un fait majeur, comme œuvre des soldats de la paix. Pis, des zones se dégarnissent, depuis le déploiement de cette force. En plus de la région de Kidal où il n’y a plus aucune trace de l’administration malienne, depuis mai dernier, l’administration a observé un repli dans d’autres localités où la situation sécuritaire n’est guère reluisante. C’est le cas, entre autres de Nampala, Ténenkou, en début de cette année 2015.
Quant à l’insécurité, elle n’a fait que prospérer par l’inefficacité de la MINUSMA. Pour preuve, les populations de ces localités n’ont jamais été aussi terrorisées que ces derniers mois.
A Tabankort, en passant par Dioura et Gao, on ne dira pas le contraire.
La MINUSMA en spectateurs à Kidal
L’inefficacité de la MINUSMA a atteint son comble avec la visite du Premier ministre, Moussa MARA à Kidal, en mai 2014. Lors de cette visite, pas moins 30 civils et militaires ont été égorgés par les séparatistes sans aucune réaction de la force onusienne.
Les assassins, dans leur cruauté, ont même mis sur Internet les images macabres des corps sans vie de nos compatriotes.
La visite du Premier ministre dans les régions du Nord a été marquée, le 21 mai, par des échanges de tirs entre les combattants du MNLA, associés à des terroristes, et les militaires maliens. Le bilan en perte en vies humaines est lourd: 36 morts. On dénombre aussi 97 blessés.
La plupart des morts sont des administrateurs qui ont été sauvagement assassinés par les terroristes et les combattants du MNLA. Deux civils, dont un informaticien, ont été également assassinés.
Ces actes terroristes et barbares ont été perpétrés en présence de la MINUSMA qui est restée en retrait alors que les djihadistes associés aux séparatistes du MNLA tiraient sur les soldats maliens presque désarmés. Que fait la MINUSMA de sa mission d’imposer la paix.
Depuis ce mois de janvier 2015, l’administration ne cesse d’abandonner le terrain, à cause de la recrudescence de la violence.
Que fait donc, la MINUSMA si ce n’est de ratisser le feu, empêchant souvent les Forces armées maliennes d’accomplir leurs missions sur le terrain ? Le pire, c’est que les groupes armés qui étaient presque cantonnés à Kidal ont étendu leur domination sur de nouveaux territoires, au vu et au su de la MINUSMA.
On peut affirmer que l’absence des forces armées et de sécurité maliennes à Kidal, où il existe une certaine collision entre les groupes armés rebelles et les mouvements djihadistes, a offert un terreau fertile à ces malfaiteurs qui tentent de reprendre le terrain qu’ils ont perdu à la suite de l’opération serval.
L’échec de la MINUSMA est d’autant plus patent que les prochains pourparlers inter-maliens d’Alger, qui sont prévus pour ce mois de février, sont devenus incertains.
Par Sidi DAO




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