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jeudi 21 septembre 2017
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Mobilisation autour de la révision constitution: les conseils du CNSC au Président IBK

Dans une adresse à la nation en date du 18 août 2017, le président de la République, Ibrahim Boubacar KEÏTA, a annoncé sa décision de surseoir à l’organisation d’un référendum sur la révision constitutionnelle qui a été à l’origine de beaucoup agitations, ces dernières semaines, dans notre pays. Suite à ce report, nous avons rencontré, hier mercredi ; le président du Conseil national de la société civile, Bouréima Allaye TOURE, dont son organisation avait appelé, quelques mois plutôt, à renoncer à ce projet.

Au cours de notre entretien, M. TOURE a indiqué ce report doit être mis à profit par le chef de l’État pour continuer le dialogue afin d’aboutir à un consensus autour de la question.
Aujourd’hui, a-t-il fait savoir, le CNSC a un sentiment de satisfaction suite à cette décision du président de la République de sursoir à ce referendum. Depuis le mois d’octobre, le CSNC, selon son président, après un état des lieux, était arrivé à cette même conclusion.
De même, a-t-il fait savoir, le CNSC a contribué au processus de révision constitutionnel, depuis la commission des experts jusqu’à la saisine de l’Assemblée nationale où il a exprimé son souhait de le rejeter.
Malgré son opposition, le conseil a compris qu’il y avait un problème après l’adoption cette loi portant révision de la constitution, à cause essentiellement de la division au sein de l’opinion publique.
« Nous avons trouvé que c’était un danger pour notre pays. C’est pourquoi nous avons préféré faire notre déclaration depuis le mois de juin pour demander au président d’annuler », a-t-il dit.
Après cet appel courageux à l’époque, les responsables de l’organisation ont eu le sentiment de n’avoir pas été entendus. Malheureusement, l’histoire semble donner raison au CNSC et à ses responsables suite aux velléités et les manifestations qui ont suivi jusqu’à la rupture entre deux parties de l’opinion.
« Aujourd’hui, nous sommes très heureux que la sagesse a prévalue et qu’un issu heureux a été trouvé », a-t-il expliqué.
Mais pour le CNSC, c’est maintenant que le travail doit commencer non seulement pour les autres échéances que nous attendons, mais aussi pour la cohésion sociale et pour que le dialogue tant attendu puisse s’amorcer réellement entre tous les acteurs de la nation.
Dans ce système démocratique, le président est au-dessus de la mêlée parce qu’il est le garant de l’unité nationale.
« Gouverner n’est pas chose aisée, il faut beaucoup de patience, d’écoute, de persévérance », a-t-il reconnu.
C’est pourquoi il a invité le président à faire prévaloir le dialogue entre les acteurs politiques. De même, il a demandé au président de soutenir la société civile, en tout cas, celle qui ne cherche pas la conquête du pouvoir. De son avis, même si la société civile est souvent très critique, il s’avère que dans la plupart des cas, elle a raison. C’est pourquoi elle doit être écoutée et soutenue pour qu’elle puisse émettre des avis éclairés sur toutes les questions d’intérêt national.
Pendant la crise, le CNSC, a fait savoir M. TOURE, s’est mis à l’écoute de tous les protagonistes, notamment, les partis politiques, les structures en charge de l’organisation des élections ; les groupes armés, les différentes plateformes nées de cette crise.
Après ce tour d’horizon, le CNSC a retenu 3 points essentiels, dira-t-il, à savoir : faire prévaloir le dialogue et la concertation ; informer largement le peuple, à travers les médias et des émissions en langues nationales.
En dernier point, et non des moindres, le président du CNSC a soutenu que force doit rester à la loi.
Par ailleurs, le CNSC a déploré le fait que les réseaux sociaux sont en train de mettre en mal nos valeurs sociétales et a invité les autorités à prendre les dispositions idoines pour stopper cette dérive.
Pour ce faire, il faut que la société civile reste dans son rôle et révise sa position de politisation.
Il n’a pas manqué de dire aussi aux hommes politiques de rester dans leur camp pour nous éviter cette politisation dangereuse de la société.
« Si aujourd’hui, la politique se confond avec la société civile, pour une raison ou une autre contre l’autre camp, il doit comprendre que les données peuvent changer et ceux qui sont aujourd’hui à l’opposition peuvent se retrouver au pouvoir », a-t-il expliqué. Dans ce cas, ils seront combattus par un système qu’ils ont eux-mêmes mis en place ou contribué à mettre en place.
« Il faut que le jeu soit clair », a-t-il dit, avant de reconnaitre que ce n’est pas facile.
« Il faut éviter de prendre la société comme tremplin dans leur jeu politique », a-t-il asséné.
Parlant des violences verbales qui ont caractérisé les manifestations de rue et sur les réseaux sociaux, M. TOURE dira que c’est la preuve que le politique a échoué. Rarement, a-t-il fait constater, on voit un parti politique donner une formation civique et politique à ses militants dans notre pays. La conséquence, chacun devient homme politique du jour au lendemain sans aucune culture politique. Et aujourd’hui, nous sommes dans une situation, qu’il a jugée préoccupante.
Pour lui, la Constitution nous donne beaucoup de moyens pour nous faire entendre sans violence sans manifester dans les rues.
« Aujourd’hui, les choux et les carottes sont mélangés et on ne sait plus qui est qui et quoi faire », a-t-il regretté.
De l’avis de responsables de la vie nationale, la diversité de la société civile est profitable à la démocratie, à condition que chacun respecte les règles de jeu.
Selon lui, les activistes peuvent conduire à des changements positifs comme négatifs.
Quant à la société civile d’une manière générale, elle doit rester dans la légalité pour mener son combat, sans grabuge. Elle doit continuer essentiellement la construction nationale après les périodes d’agitation.
« On n’a pas encore 30 ans de démocratie, donc, on est en apprentissage. C’est pourquoi il faut souvent tolérer quelques dérapages tout en prenant des mesures pour qu’ils ne deviennent pas trop glissants », a-t-il conclu.

Par Abdoulaye OUATTARA




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