Mortalité maternelle et infantile: Sikasso affiche un taux alarmant

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Pour venir en appui au dispositif de l’Etat en vue de la promotion de la santé des mères et enfants, l’Association «Tous et chacun» (ATC) est en caravane depuis le 2 septembre dernier ce jusqu’au 11 septembre prochain. Objectifs: sensibiliser et informer les communautés sur les bonnes pratiques pouvant participer à la réduction significative du taux de la mortalité maternelle, infantile dans le pays.

Soutenue financièrement par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la caravane de cette année a été lancée, vendredi dernier, devant le siège de l’ OMS au Mali, par le directeur national adjoint de la Santé, Oumar GUINDO. C’était en présence du représentant de l’OMS au Mali, Lucien MAGAN ; de la représentante du parlement des enfants, Bassan SOW ; ainsi que nombreux responsables sanitaires du pays.

Les missions
de la caravane
Selon la présidente de l’ATC, la caravane «Tous et chacun» est une équipe constituée de journalistes, du personnel de Santé, de religieux, des enfants, des artistes avec comme mission principale de sensibiliser, d’informer et de disséminer les bonnes pratiques auprès des communautés en faveur de la promotion de la santé des mères et enfants.
En tant que sage-femme, elle dit mesurer l’impact de celle-ci pour le changement de comportement afin de permettre aux populations d’épouser des pratiques saines.
«Il y a beaucoup de décès qui peuvent être évités avec une bonne communication et de la sensibilisation», a-t-elle soutenu avant de saluer et féliciter l’OMS pour avoir financé cette caravane.
Pour le bailleur, Lucien MAGAN de l’OMS, il est important d’accompagner de telle initiative qui concourt au mieux-être des populations par la réduction du taux de la mortalité maternelle et infantile assez élevé dans notre pays ; parce que les services de santé ne sont pas suffisamment utilisés.
Aussi, a-t-il indiqué, au Mali, on a enregistré récemment 368 décès de femmes sur 100 000 accouchements. Cette situation est corroborée par des nombreux rapports internationaux qui affirment que le Mali reste toujours à la traine dans le classement mondial des pays à forte mortalité maternelle et infantile. Une position peu enviable pour notre pays qui fournit autant d’efforts avec l’appui des partenaires, dénoncent ces rapports.
Saluant l’engagement de la société civile en faveur de la santé, M. MAGAN a déclaré qu’il attend de cette mission de communication pouvant influer sur le comportement des communautés pour enfin de compte qu’il ait un changement de mentalité des populations en vue d’une réduction significative du taux de mortalité.
De son côté, la Représentante du parlement des enfants a témoigné en montrant ô combien les défis de la promotion de la santé des mères et enfants sont énormes dans le pays.
A son avis, « au lieu que les temps de grossesse soient des moments heureux dans la vie d’un couple, ils constituent des moments de cauchemar, d’inquiétude, de décès soit de la mère, soit de l’enfant ou les deux en même temps».
Certes, pour elle, cette situation est déplorable, mais elle estime que l’Etat est à saluer et à encourager pour ses multiples efforts de tous les jours en faveur de la santé.

Etape de Sikasso
Après son lancement, la caravane s’est rendue, pour sa 1ere étape, à Sikasso. Ici, la mission a été accueillie par les autorités sanitaires de la région, et conduite au Centre de santé universitaire de Sanoubougou 2 pour une conférence-débat sur les premiers soins aux nouveaux nés.
Cette conférence, à laquelle ont pris par des mères et responsables de différentes structures de santé de Sikasso, était animée par la sage-femme, Fily SY.
A ses interlocuteurs, cette dernière a expliqué l’importance de l’allaitement maternel exclusif, de la consultation prénatale et post-natale.
Aussi, a-t-elle fait savoir, le respect de ses exigences médicales concourt aux bien être des enfants et des mères, tout en démontrant que ceux-ci participent à la prévention de nombreuses maladies, dont la malnutrition.
Cette rencontre a été un cadre d’échanges interactif salué par les populations parce qu’elle leur a permis de comprendre beaucoup de choses sur la santé et des mères et des enfants qu’elles n’ignoraient.
Conscients que l’approche peut apporter de la valeur ajoutée à la démarche de l’Etat, les participants à cette rencontre ont souhaité que l’initiative soit dupliquée à d’autres localités du pays.
A cet effet, Fatoumata SANOGO, l’une des participants à cette conférence-débat, ne s’est pas empêchée d’apprécier la qualité de la communication faite et de témoigner d’avoir appris beaucoup de ces échanges directs avec le personnel sanitaire.
« Je ne savais pas que les premières goûtes de lait maternel sont un antibiotique pour l’enfant ; que le fait d’allaiter l’enfant au sein juste après l’accouchement est un remède efficace contre l’écoulement de sang de la maman», a-t-elle témoigné.
Auparavant, le médecin chef du Centre de santé universitaire de Sanoubougou 2, Dr Dramane TRAORE avait reçu les caravaniers avec lesquels, il a échangé sur la situation sanitaire de la région de Sikasso de façon générale, s’agissant de la santé des mères et enfants.
Pour lui, l’état de santé de la population dans la région n’est pas à hauteur souhait. D’ailleurs, il est critique en ce qui concerne les mamans et leurs enfants. En effet, confirme-t-il, il ressort des données semestrielles de cette année que le taux de la mortalité maternelle et infantile est en hausse comparativement aux deux dernières années. Déjà, il a déploré que sur l’ensemble de la région de Sikasso, le nombre de décès de ce semestre est égal à celui de l’année dernière.
Si cette tendance se poursuivait, il dépasserait de loin le nombre de décès des enfants et des mères de l’année dernière.
Selon le Dr TRAORE, ceci atteste qu’il y a de nombreux efforts à fournir, en termes de fréquentation des Centres de santé par la population parce que le constat général est que malgré la construction des structures sanitaires, la prise en charge gratuite du palu pour les femmes enceintes et les nouveaux nés, des individus ne fait pas recours aux centres sanitaires.
Outre la faible fréquentation des structures sanitaires, l’accès difficile des lieux par les populations est également un facteur aggravant de la mortalité à Sikasso, a ajouté Dr TRAORE qui s’est réjoui de la construction d’un centre de santé de référence à Garalo en cours dans l’optique de rapprocher davantage les soins de santé aux malades. Autre fait marquant de cette étape a été l’animation à grand public, à effet de drainer du monde, assurée par les artistes Coumba Sira KOITA, Batoma KOUYATE en plus des artistes locaux. L’occasion a été mise à profit pour faire des jeux ludiques et distribuer gratuitement des moustiquaires aux populations.

Par Sikou BAH Envoyé spécial

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