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dimanche 9 mai 2021
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Mots pour maux: Sidatt, victime de ses ‘’employeurs’’ ?

À qui profite l’assassinat du Président Sidi Brahim Ould Sidatt ? La CMA n’est-elle pas une entité politique au service des intérêts français ? Tout le monde sait que la France n’est pas au Mali pour la sécurité des Maliens et elle n’acceptera jamais qu’un haut responsable de la CMA s’oppose à son projet machiavélique de déstabilisation. Depuis un certain moment Sidi Brahim Ould Sidatt était en train de travailler en faveur du retour de la paix en refusant de reprendre les armes.
Je vous laisse deviner ce qui pouvait lui arriver de la part de ses «employeurs» en de pareilles circonstances…
Sambou Sissoko
Sidati était plus patriote que beaucoup qui se tapent la poitrine
Je ne vais pas dire ceci parce qu’il était mon ami, ni parce qu’il fut Secrétaire Général Adjoint du parti que je présidais. Je vais le dire parce que vous devez le savoir : Sidi Brahim Ould Sidati était plus patriote que beaucoup qui se tapent la poitrine aujourd’hui.
Son assassinat est une triste nouvelle pour le Mali et une triste nouvelle pour la paix. Certains extrémistes qui ne le connaissent pas à Bamako diront bien fait, car c’était un rebelle, d’autres extrémistes de l’Azawad diront bien fait parce qu’il privilégiait le dialogue à la violence.
Pourtant, ceux qui aiment réellement le Mali savent que l’exécution sommaire du Président de la CMA établit une nouvelle forme de violence de nature à faire sombrer le Mali plus profondément. Une forme de violence qui ne fait pas partie de notre culture, une forme de violence que nous ne devons pas accepter sinon au risque de voir notre pays disloqué.
La conclusion de tout conflit est la paix. Non pas une paix à tout prix telle que consignée dans l’accord d’Alger, mais une paix équitable pour tous. L’accord actuel est un document imposé à un pouvoir défaillant qui malgré les avertissements avait envoyé nos enfants, notre armée à une défaite certaine et honteuse. Il ne peut donc être juste pour l’ensemble des Maliens, car on ne saurait être traité différemment parce que venant de telle région, mais traité avec équité, quelle que soit la région d’où l’on vient.
C’est cette recherche d’équité pour sa région qui a conduit Sidi Brahim à prendre les armes, il faut le préciser à un moment où il n’y avait pas de pouvoir légitime dans la capitale, non pas pour combattre le Mali, mais pour défendre sa ville de Tombouctou contre l’avancé conjointe du MUJUAO et du MNLA qui avaient fait fuir l’armée tandis que Bamako était aux mains d’un groupe putschiste (crime imprescriptible selon la Constitution) plus préoccupé d’honneurs et d’argent que de mourir sur le champ d’honneur.
Il n’est pas lieu ici de revenir sur le déroulé de l’histoire, ni d’entrer dans le détail de qui était Sidi Brahim. Une chose est sûre cet homme qui fut mon ami était un homme d’honneur d’intelligence et de courage. Avec lui s’éteint une voix propice au dialogue et à l’instauration d’une paix durable. Surtout, sa mort nous démontre que le Mali a plus que jamais besoin de se relever sinon on risque de se désagréger. Dieu veille.

Madani TALL




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