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mercredi 16 octobre 2019
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Niono: une manifestation déchaine et fait trois morts, dont des policiers

Hier après-midi, la capitale de l’Office du Niger, Niono, était à feu et à sang. Et pour cause, des jeunes manifestants ont pris d’assaut le commissariat de police de la ville pour exiger qu’on leur remette le commissaire Idrissa Tounkara. Face à l’opposition des policiers, ils ont commencé à lancer des pierres sur le commissariat où les policiers avaient tenté de les disperser. Un violent affrontement s’est éclaté entre les deux parties et s’est soldé par la mort de 3 personnes, dont deux policiers et un civil.

Tout est parti d’un banal contrôle de routine de vignettes de motos, un dimanche de foire à Niono, au cours duquel un policier a donné un coup de pied à un motocycliste qui finit sa course sur un panneau publicitaire, au bord de la route, nous a-t-on expliqué. La victime, un chauffeur originaire de N23 a eu la jambe fracturée, suite à sa chute, nous dit-on. L’intéressé évacué sur l’hôpital de Ségou a été pris en charge par la mairie de Niono, selon nos sources.
La population se révolte et demande des sanctions contre le policier indélicat. Le commissaire de Niono, Idrissa Tounkara, qui avait pris l’engagement de le faire ne s’est pas exécuté, selon une source locale, puisque quelques jours après, le policier a été aperçu dans la ville. C’est donc à la suite que les jeunes avaient tenu une réunion pour préparer leur plan.
Fâchés contre les policiers notamment le commissaire et son agent qui brutalisent les populations, les jeunes exigent leur le départ. Selon notre source, pour calmer l’ardeur de la population, le commissaire est rentré à Bamako ou dans un lieu tenu discret, depuis la veille de la fête de Tabaski. Assurance a été donnée qu’il a été muté et remplacé par son adjoint Ely Dembélé, rapporte un habitant de la ville.
Selon notre source, à la grande surprise, les populations apprennent l’arrivée du commissaire Tounkara dans la ville, ce mercredi après-midi pour reprendre service, à Niono. Toute chose qui a été considéré par la population commun un affront.
Dès lors, les organisations de jeunesse et d’autres organisations de la société civile ont lancé des appels sur les radios de la place pour la mobilisation générale. Ainsi, dès le matin d’hier jeudi 19 septembre, des manifestants ont pris d’assaut les deux postes de police à l’entrée et à la sortie de la ville de Niono. À l’origine, l’objectif était, nous a-t-on rapporté, de faire partir le commissaire de police de gré ou de force.
« Très rapidement, tout a basculé vers midi où les esprits surchauffés se sont dirigés vers le commissariat pour enlever le commissaire Tounkara. C’est là où un bras de fer s’est engagé entre manifestants et policiers qui ont d’abord tiré à balles blanches puis à balles réelles. Mais c’était sans compter sur la détermination des manifestants qui ont foncé sur le commissariat pour défoncer la porte et tuer deux policiers », relate la source sur place.
Un manifestant, nommé Papou, mortellement atteint par balles a succombé à ses blessures avant l’hôpital. On nous rapporte que cinq autres civils ont été touchés par les balles des policiers.
Après le commissariat, les manifestants sont repartis bloquer la sortie de la ville à la recherche du commissaire, nous signale-t-on.
Aux environs de 18 heures, nous avons appris que des coups de feu ont été tirés en vue de dissuader la foule pour permettre l’arrivée du gouverneur de Ségou, Biramou Sissoko. Notre source nous a fait savoir que les manifestants jurent de faire la peau du commissaire où qu’il se trouve à travers la ville de Niono avant de se disperser. Le gouverneur réussira-t-il à calmer les ardeurs ? En tout cas, on nous rassure que ce ne sera pas par la force.
À suivre donc

Par Sidi DAO




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