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lundi 24 janvier 2022
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Non-respect des engagements: CKM, le profil du coupable idéal

Des centaines de militants du Cadre d’échanges et des organisations de la société civile qui ont estimé que la transition n’est pas sur une bonne voie ont manifesté, le samedi dernier, au Palais de la culture Amadou Hampathé BA de Bamako.

Le meeting était organisé par les responsables du Cadre d’échanges dont le président Housseini Amion GUINDO, Amadou KOITA, Bocary TRETA, Youssouf DIAWARA, Dr Modibo SOUMARE.
L’objectif du meeting, en plus de dénoncer la situation sécuritaire, la cherté de la vie, a demandé le respect du délai de la transition par l’organisation des élections en février 2022.
La rencontre a été marquée par plusieurs interventions qui dressent toutes un bilan mitigé de la gouvernance du Premier ministre Choguel Kokalla MAIGA qui estime pour autant avoir fait mieux que son prédécesseur en quelques semaines seulement.
En plus des revendications sur la sécurité, la cherté de la vie, des manifestants et des responsables politiques à la tête de ce meeting demandent la démission du Premier ministre qui, selon eux, enfonce le pays dans la crise.
Le président Housseini Amion a fait savoir que contrairement à ce que le gouvernement tente de faire croire, le Mali a besoin du reste du monde. La preuve : ce sont les démarches entreprises par des autorités de la transition pour apaiser la situation avec la CEDEAO, dont le représentant a été chassé par le gouvernement.
« L’exécutif n’a pas agi avec la raison, mais avec le cœur. Aujourd’hui, nous n’avons pas besoin d’épreuve de force avec les autres. On peut réclamer nos droits sans faire des agissements comme ça a été le cas », a déclaré le président en exercice du Cadre, Housseini Amion GUINDO convaincu que seul le Mali ne peut résoudre ce problème. En clair, soutient-il, le Mali n’a pas d’issue sans ses voisins et amis de la CEDEAO.
Quant aux Assises nationales de la refondation, il a rappelé que le Cadre maintient sa position de ne pas y participer. Sur ce sujet, l’un des membres de l’organisation politique, en occurrence l’Adema PASJ, a annoncé sa disposition à prendre part à ces rencontres nationales dont l’objectif, selon le gouvernement, est de poser le jalon d’un nouveau départ.
L’activiste Aboul NIANG a déploré que le gouvernement soit dans une logique de maintenir les voix discordantes dans le silence. Rien ne nous empêchera de parler, a-t-il indiqué.
« L’État de droit est à terre au Mali. Nous appelons les magistrats dignes de ce nom pour se mettre debout, pour former une digue, pour faire reculer cette dictature dont le Mali n’a pas besoin », a exhorté l’activiste malien qui vient de sortir de prison après plusieurs mois de détention.
« A Niono, on est en train de massacrer des habitants jusque dans leurs maisons alors qu’ils ne réclament que la paix. Leurs récoltes sont brûlées. Leurs troupeaux sont volés. Malgré tout, le gouvernement n’a d’autre ambition que de mettre ses citoyens en prison et de débourser des milliards FCFA pour faire avaler la pilule que tout va bien », a-t-il indiqué.
Dans la déclaration du Cadre lue par Amadou KOITA, ses signataires soulignent que de la nomination de Choguel à la Primature à nos jours, aucun acte n’a été pris pour rassurer l’opinion nationale et internationale sur sa volonté de respecter le délai de la transition.
« En lieu et place, il brandit les Assises Nationales de la Refondation comme la panacée aux maux qui minent notre pays et la réponse aux engagements pris par notre Nation », indique la déclaration.
Le Cadre dans son document déclare assister à des déclarations à travers les médias, que « les élections ne sont pas une priorité » et que tous ces « détails » de chronogramme électoraux seraient donnés au Peuple malien et à aux partenaires par les Assises Nationales de la Refondation dont les conclusions seront connues en janvier 2022.
« Ainsi, nous, Partis politiques et Regroupements de Partis politiques du Cadre pour une Transition Réussie au Mali, ne comprenons plus la logique totalement contradictoire du Gouvernement mettant en danger l’évolution de la transition et les relations avec nos partenaires concernant le Chronogramme électoral, les réformes institutionnelles et la révision des textes », préviennent les responsables du Cadre d’échanges.
Quant à la mise en œuvre de l’Organe en charge des élections qui devait se terminer le 10 octobre 2021, celle-ci s’est muée en une série de propositions issues d’une table ronde, les 24, 25 et 26 septembre2021, contestée pour son manque d’inclusivité par le Cadre d’échanges.
« La majorité de la Classe Politique et de la Société Civile, rejette toujours le type d’Organe Unique de Gestion des Elections du Gouvernement envisagé au forceps par le Premier Ministre Choguel Kokalla MAIGA », a affirmé le regroupement politique.
En effet, l’indépendance, l’autonomie, la transparence, le type de structure, la composition, l’organisation, la désignation de ses membres, restent TOUJOURS FLOUS et CLIVANTS et le temps imparti est insuffisant pour sa mise en place, en tenant compte des Protocoles pertinents de la CEDEAO auxquels notre pays est partie prenante.
« En lieu et place d’un Organe Unique, pendant cette période de transition, le gouvernement doit, en plus des structures déjà opérationnelles, renforcer la CENI, en lui confiant, notamment, la mission de contrôle de toutes les opérations électorales », propose le regroupement politique.
Aussi, le Cadre d’échanges a dénoncé que le gouvernement de Transition, après avoir pris des engagements à la CEDEAO, de ne pas être en mesure publier le calendrier électoral avant la fin du mois d’Octobre 2021.
« Force est de reconnaître cet engagement n’est pas tenu. Nous tenons le Premier Ministre Choguel Kokalla MAIGA pour seul responsable des conséquences du non-respect des engagements pris devant la communauté internationale », a déclaré le Cadre d’échanges.
Au regard de ces faits, constatant une profonde cassure de la dynamique de réussite de la Transition conséquence des ratages de chronogramme, de la création forcée de l’AIGE et des résultats qui sont attendus par des Assises qui ne sont pas nécessaires et dépensières, le Cadre exige du gouvernement le respect de ses engagements vis-à-vis du Peuple malien et de la communauté internationale.

PAR SIKOU BAH




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