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jeudi 14 décembre 2017
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Nord du MALI : Le MNLA démasqué

Le retour en force explosive des jahadistes, dans le septentrion de notre pays, a permis de mettre à nu les faiblesses structurelles et organisationnelles du groupe armé qui avait vanté son expertise (un euphémisme pour désigner sa connaissance du terrain mouvant des sables) et sa combattivité contre les terroristes pour s’attirer la sympathie de la communauté internationale dans la résolution durable de la crise sécuritaire dans le Sahel.

Ce qui se passe au Nord de notre pays, depuis les 17 et 21 mai 2014, et dont le dernier en date s’est produit le 12 octobre 2014, ressemble fort à l’histoire de l’arroseur MNLA arrosé par son allié jahadiste.

« 18 h 35 heures locales. Un pick-up s’approche du check-point tenu par les Casques bleus de la MINUSMA, à l’est de Kidal, sur la route venant de Ménaka. Le véhicule transporte en fait des membres du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), les rebelles touaregs qui contrôlent la ville. Le pick-up roule sur un engin explosif non identifié. Bilan : deux blessés graves », relate notre confrère de RFI, révélant que les deux hommes ont été pris en charge dans le camp de la MINUSMA où ils sont soignés.

« Malheureusement pour eux, c’est un véhicule du MNLA qui est passé avant nous. Mais nous pensons, confie cette source, que c’est nous qui étions visés », explique une source onusienne citée par RFI.

En effet, comptabilise-t-on à l’ONU, 31 Casques bleus ont perdu la vie dans le Nord de notre pays, depuis le déclenchement de l’opération française et onusienne en 2013.

De son côté, le Mouvement national de libération de l’zawad (MNLA), dans un communiqué, dit « condamner avec la dernière rigueur ces actes terroristes répétés contre nos forces, de même qu’il condamne le terrorisme sous toutes ses formes ».

« Ces actes terroristes répétés contre nos populations et les forces internationales sur le territoire azawadien rappellent toute l’urgence de trouver une solution politique viable au conflit actuel, conflit qui dure depuis plus qu’un demi-siècle », ajoute le même communiqué, alors que c’est le même MNLA qui s’est allié à ces groupes terroristes, les 17 et 21 mai 2014, contre les FAMA.

C’est la chronologie même de ces attaques qui confond le MNLA puisque « les attentats suicides contre les Casques bleus » ont été effectivement enregistrés après les événements de Kidal ci-dessus évoqués, alors que les jahadistes avaient été chassés par les soldats français de l’opération Serval de janvier 2013.

Donc, ils n’ont pu signer leur retour dans le Nord de notre pays qu’avec le concours et la bénédiction du MNLA qui avait lancé, dans la matinée du 21 mai, un pressant « SOS » à tous ses alliés face à l’offensive des FAMA pour reprendre les locaux du gouvernorat de Kidal.

Seuls ces renforts jahadistes ont permis au MNLA de se défaire des griffes (balles) FAMA, mais aussi, de contraindre celles-ci à battre en retraite, en y laissant des morts et quantité de matériels de guerre.

Si ce qui se passe en Irak et en Syrie, avec l’offensive des combattants islamistes, permet de comprendre en partie ce qui s’est passé à Kidal au sujet des FAMA, il n’y a point de doute que le MNLA a lui aussi montré toutes ses limites sécuritaires face à ses anciens alliés.

De deux choses, l’une : soit le MNLA est complice des jihadistes ; soit, le MNLA est impuissant face à ces jihadistes.

Mais, dans les deux cas de figure, la preuve est établie qu’il y a erreur de la communauté internationale sur la marchandise MNLA, dont la combattivité et l’expertise ou la connaissance du terrain n’étaient que de la poudre propagandiste aux yeux de ladite communauté internationale.

Par Seydina Oumar DIARRA-SOD




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