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lundi 19 avril 2021
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Nouhoum SARR sur le M5: ‘‘la lutte est terminée, il ne reste que le label’’

Le Président du Parti Front Africain pour le Développement (FAD), Nouhoum SARR, a animé le jeudi dernier une conférence de presse au cours de laquelle il a affirmé avoir pris ses distances avec le M5-RFP, le FSD et l’ACRT. Parce que, argue-t-il, aucun de ces mouvement n’incarne encore les idéaux et les valeurs que prône le FAD.

Membre du Conseil national de Transition (CNT), Nouhoum SARR, également Président du FAD était face à la presse. Occasion pour lui de s’exprimer sur des questions d’intérêt national, mais également de faire des mises au point sur un ton d’ironie et de règlement de compte. Ainsi, Issa Kaou N’DJIM et Choguel Kokalla MAIGA étaient, entre autres, les cibles de sa communication. S’il taxe le premier d’être populiste, il reproche au deuxième de profiter du M5-RFP pour se donner une autre image.
Contexte oblige, le jeune responsable s’est exprimé sur les 30 ans de la démocratie malienne arrachée en 1991 au prix du sacrifice du sang. Plus de cent personnes ont perdu la vie pour plus de liberté. Après trois décennies, le bilan n’est pas très flatteur, a indiqué M. SARR. Tout n’est pas non plus négatif, contrairement aux déclarations d’Issa Kaou N’DJIM qui ne cesse de tout peindre en noir. « Nous disons non à ceux qui veulent substituer à notre démocratie l’obscurantisme. Il y a des chants de sirène qui tentent de mettre en cause notre démocratie. Nous ne l’accepterons jamais », a averti le Président du FAD. Pour lui, l’avènement de la démocratie a permis l’instauration du pluralisme, de la liberté d’expression sans lesquels la lutte du M5-RFP n’allait jamais exister. Alors, il n’est pas d’accord que les acquis de la démocratie si fragile, si minime soient-ils, soient jetés aux chiens.
L’autre raison avancée pour justifier sa divergence avec Issa Kaou N’DJIM est relative à la déclaration tendancieuse de ce dernier sur la candidature du Vice-Président de la Transition à la prochaine présidentielle pour le retour à l’ordre constitutionnel. Avant cette sortie controversée de Issa Kaou N’DJIM, les deux étaient pourtant ensemble au sein d’un regroupement pour soutenir la Transition appelé ACRT. « Cette déclaration n’engage pas le FAD. C’est un non-événement pour nous. Car, tout est déjà tranché par les textes. Donc, il n’y a pas de débat. Nous resterons derrière la Charte de la Transition », a précisé M. SARR, tout en insistant qu’aucune des actions du FAD ne va pas s’inscrire dans la violation des textes de la République et de la volonté du peuple malien.
Aussi, il est ferme que son combat va être le respect de la durée de la Transition au sein du Conseil national de Transition. « Une transition est par définition une période courte. Elle ne doit être prorogée pour aucun motif », a déclaré le Président du FAD.
Quant à ses relations avec le M5 et le Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), il affirme qu’elles sont rompues parce qu’après le coup d’Etat les idéaux du combat contre le régime ont été galvaudés. Il y a eu des divergences pour la gestion du pouvoir. « C’est pourquoi le bureau politique du FAD a décidé de suspendre sa participation au FSD. Parce que certains voulaient faire de ce regroupement leur patrimoine. Or, ces personnes avant d’adhérer au FSD étaient avec le régime IBK », a expliqué le conférencier.
Dans le même sillage, il soutient que le M5-RFP n’existe plus. Mais que certains sont en train d’utiliser son label pour en faire un instrument politique de positionnement. « L’héritage de M5 n’appartient à personne, pas à un clan, pas à un groupuscule, pas à un homme, fut-il président d’un parti. La lutte du M5 est terminée après le 18 août », a déclaré Nouhoum SARR.
Par ailleurs, il a évoqué la situation des victimes des 10, 11 et 12 juillet de Bamako et celles de Kayes et de Sikasso. Il a dit initier un projet de loi au CNT en vue de l’indemnisation des familles des victimes. Aussi, a-t-il promis de se battre que pour justice soit faite afin les auteurs de ces crimes soient connus et punis conforment à la loi.

Par Sikou BAH




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