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mercredi 28 juin 2017
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Nouveau gouvernement: 8 partants, 3 revenants, 3 novices

La formation du gouvernement de Modibo KEITA, publiée dans la nuit du samedi 10 janvier dernier, l’a été au détriment de 8 ministres du gouvernement de Moussa MARA.

Deux jours après sa nomination, par le président de la République Ibrahim Boubacar KEITA, le nouveau Premier ministre, Modibo KEITA, a mis en place une équipe de 29 ministres contre 31 dans le gouvernement MARA.

Il ressort de cet nouvel attelage le départ de 8 ministres et la rentrée de 6 nouveaux, dont trois anciens ministres.

Le départ de la plupart de ces ministres n’a pas surpris, bon nombre de Maliens, car étant impliqués dans la sulfureuse affaires de surfacturation du marché d’équipements militaires et d’achat de l’avion présidentiel.

Par ailleurs, l’architecture de cette équipe est constituée majoritairement d’anciens ministres du gouvernement de Moussa MARA. Toutefois, l’un des faits marquants de ce gouvernement est l’entrée de 6 nouveaux ministres, dont 3 deviennent pour la première fois ministre et feront leur baptême de feu, tandis que les 3 autres ministres signent leur retour dans le rouage de l’État après plusieurs années d’absence.

Les partants

ils sont au total 8 ministres du gouvernement MARA à être remerciés. Les raisons du départ de la plupart d’eux seraient liées aux récentes affaires de surfacturation. Ainsi, l’on note le départ du ministre de la Défense et des anciens combattants, Ba N’DAOU, qui, faut-il précisé, n’est ni de près, ou de loin impliqué dans ces dossiers. Il a été remplacé par Tiéman Hubert COULIBALY, précédemment ministre des Domaines de l’État, des  affaires foncières et du patrimoine.

Le ministre de l’Économie et des finances, Mme BOUARÉ Fily SISSOKO, citée dans le rapport du Végal, est débarquée du gouvernement, pour des raisons supposées des surfacturation. Par ailleurs, on estime, qu’elle est partie pour faire plaisir au FMI, qui a demandé des sanctions juridiques, administratives ou politiques à l’encontre des ministres, cités dans ces affaires. L’hôtel de finance est désormais confié à Mamadou Igor DIARRA.

De même le départ  des ministres de l’Économie numérique, de l’information et de la communication, Mahamadou CAMARA et de celui de l’Industrie et de la promotion des investissements, Moustapha BEN BARKA serait dû aux mêmes affaires.

En plus de ceux-ci, le ministre du Travail, de la fonction publique et des relations avec les institutions, Bocar Moussa DIARRA ; le ministre de la Décentralisation et de la ville, Ousmane SY ; le ministre de l’Éducation nationale, Mme TOGOLA Jacqueline Marie NANA et enfin celui de l‘Artisanat et du tourisme, Mme BERTHE Aïssata BENGALY sont également débarqués.

Les entrants

Sans apporter de grands changements dans la composition de l’équipe de Moussa MARA, le nouveau Premier ministre, Modibo KEITA, a tout de même placé  sa confiance à  6 personnes.

Il s’agit, en occurrence du ministre de l’Économie et des Finances, Mamadou Igor Diarra; du ministre de l’Économie numérique, de l’Information et de la Communication, porte-parole du Gouvernement, Choguel Kokala MAIGA; du ministre de l’Éducation nationale, Kénékouo dit Barthélémy TOGO; du ministre de l’Urbanisme et de l’habitat, Dramane Dembélé; du ministre du Travail, de la fonction publique et de la réforme de l’État, chargé des relations avec les Institutions, Mme Diarra Raky Talla ; du ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du développement durable, Mohamed Ag ERLAF.  Si certains qui ont déjà été ministres dans le pays d’autres sont par ailleurs à leur première expérience.

Les revenants

Parmi ces 6 ministres rentrants de ce 3e gouvernement du Président IBK, il y a 3 ministres qui ont déjà au moins une expérience dans la gestion d’un département ministériel. Il s’agit de:

Mamadou Igor DIARRA avant sa nomination comme ministre de l’Économie et des finances, était à la tête de la Bank Of Africa Mali. Par ailleurs, Mamadou DIARRA a dirigé plusieurs structures bancaires, notamment Président directeur général de la BIM. SA, directeur général de la Banco Da Uniao Guinée Bissau, Établissement bancaire au capital de 2 milliards de FCFA, Directeur d’exploitation des Agences de Bamako, avant être ministre de l’Énergie et de l’eau sous ATT.

L’ancien ministre de commerce de l’Industrie, Choguel Kokalla MAIGA, non moins président du parti MPR, est le tout nouveau ministre de l’Économie numérique, de l’Information et de la Communication, porte-parole du Gouvernement.

M.MAIGA est l’un des candidats malheureux des élections présidentielles de 2013. il a finalement décidé de soutenir le président IBK au second tour. Choguel Kokalla MAIGA avant de se retrouver à la tête de ce ministre dirigeait le Comité de régulation des télécommunications. Il est né en 1958 et natif de la région de Gao.

Enfin, Mohamed Ag ERLAF est le 3e ministre qui fait son retour dans le gouvernement après plusieurs années à la tête de l’ANICT. Ancien cadre politique de la rébellion des années 1990, déclenchée par le Mouvement populaire de l’Azawad (MPA), Mohamed Ag ERLAF va faire son entrée pour la 1ere fois dans le gouvernement après l’élection de Alpha Oumar KONARE à la présidentielle de 1992.  Il y resta jusqu’en 2000, après avoir successivement occupé les postes de ministre des Travaux publics et des transports, de l’Emploi, de la Fonction publique et du Travail. Depuis 2000, il occupait les fonctions de directeur général de l’ANICT (Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales) jusqu’à sa nomination, le samedi dernier comme ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable. Depuis des années, il travaille à côté des autorités pour la lutte contre la rébellion dans le Nord et l’instauration de la paix dans le pays.

Les « novices»

Ils sont également 3 ministres à faire leur entrée pour la première fois dans un gouvernement. Il s’agit de Dramane DEMBELE, homme politique et candidat malheureux du parti Adema à l’élection présidentielle de 2013. Il est ingénieur de formation et a obtenu son baccalauréat (série Sciences exactes) au Lycée de Ségou en 1988 puis rejoint L’École Nationale des Ingénieurs (ENI) de Bamako où il obtiendra son diplôme d’Ingénieur Géologue en 1993. Pendant au moins 5 ans, il était le directeur national de Géologie et des mines (DNGM). En récompense de sa courageuse décision de soutenir le président IBK contre l’avis de certains barons de son parti, il est désormais le ministre chargé de l’Urbanisme et de l’habitat.

Kénékouo dit Barthélémy TOGO aura désormais la lourde responsabilité de diriger le ministre de l’Éducation nationale. Ce département hautement stratégique est aujourd’hui confronté à d’énormes problèmes liés notamment à la qualité de la formation et de l’organisation de l’administration scolaire. Pour ces défis, M. TOGO est en terrain connu, pour avoir a été pendant des années secrétaire général de ce ministère. Il remplace ainsi Mme TOGOLA Jacqueline Marie NANA à la tête du ministère de l’Éducation nationale.

Enfin, c’est à Madame DIARRA Racky TALLA, précédemment chargée de mission au ministère des Maliens de l’extérieur puis au ministère de l’Éducation nationale, qui a remplacé son camarade politique et président de l’UM RDA, Bocar Moussa DIARRA  à la tête du ministère du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme de l’État, chargé des relations avec les institutions.

Par Sikou BAH




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