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mercredi 25 mai 2022
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Nouveau scandale des logements sociaux: 462 cas d’attribution frauduleuse, deux présumés responsables sous les verrous

Décidément au Mali, un scandale chasse un autre en matière de logements sociaux. Après le scandale de la vente en cash de 120 logements sociaux en juillet 2019 par le Gouvernement pour faire face à un problème de ‘’liquidité financière’’ et celui de l’attribution irrégulière de  la 2e tranche des logements sociaux par le Commission d’attribution à certains proches des barons de la Transition. Maintenant, c’est un réseau d’attribution frauduleuse qui est démantelé. En tout cas, c’est les conclusions du dernier rapport  de l’Office malien l’habitat (OMH) qui révèle que  de 462 logements ont été attribués,  occupés ou modifiés de manière frauduleuse.

Selon les auteurs dudit rapport dont nous avons reçu copie, suite à des visites effectuées sur le site des logements sociaux par le ministre, la direction générale de l’Office malien de l’habitat (OMH) et la direction nationale de l’urbanisme et de l’habitat (DNUH), il a été constaté des occupations frauduleuses de logements à N’Tabacoro.

Pourtant, rappelle le rapport, des campagnes de sensibilisation avaient été menées, notamment le communiqué du 25 août 2021, précisant les conditions d’occupation des logements sociaux et invitant les usagers à respecter les règles d’occupation et de modification sous peine de poursuite judiciaire.

Selon les termes du rapport, les services techniques composés de représentants de l’OMH et de la DNUH ont été chargés de faire un état des lieux précis sur le terrain.

«Les premiers éléments issus de ces investigations ont montré que de nombreux occupants disposaient de documents, semble-t-il, fournis par l’OMH, qui se sont révélés faux à l’analyse », peut-on lire dans le document.

Le rapport d’enquête précise que les notifications en cause font référence aux 3 743 logements (1re tranche des 12.566 logements) alors que les intéressés ne figurent pas sur la liste y afférente, publiée depuis mai 2019.

Comme il est recommandé en pareilles circonstances, poursuit le rapport, la direction de l’OMH a déposé une plainte contre X, en vue de connaître et traduire devant la justice les personnes responsables de la délivrance desdits documents.

Le document relève que dans le cadre de l’enquête menée par le Pôle économique et financier, le chef du service juridique et le chargé de dossiers à la section suivie et gestion des logements ont été entendus et mis sous mandat de dépôt, respectivement les 18 et 21 janvier 2022.

De même, un autre agent, convoqué par le juge, a abandonné son poste et est introuvable depuis plus d’un mois.

Toujours selon le document d’enquête, des personnes extérieures à l’OMH ont été convoquées par le juge d’instruction pour les besoins de l’investigation.

L’une, d’entre elles, a été placée sous mandat de dépôt dans le cadre de la même affaire.

À l’initiative de l’OMH, ajoute le rapport, l’Étude de Maître Minkoro TRAORE, huissier-Commissaire de justice, a produit un procès-verbal de constat faisant apparaître l’occupation ou la modification de 462 logements, à la date du 23 janvier 2022 dont la majorité a fait l’objet d’attribution frauduleuse.

«À ce stade, 184 personnes ont été recensées. Les investigations continuent », conclu document.

Par ailleurs, il ressort du document que c’est dans le cadre de la lutte contre la corruption et l’impunité que le ministre de l’Urbanisme de l’habitat, des domaines, de l’aménagement du territoire et de la population a initié plusieurs audits et évaluations : l’audit de la cession des bâtiments publics ; le recensement et l’évaluation des biens publics à l’intérieur et à l’extérieur ; l’audit de l’attribution des logements administratifs ; l’audit et la visite des logements sociaux, etc.

Ce rapport intervient dans un  contexte d’un autre scandale d’attribution avec la 2e tranche des plus de 2 000 logements sociaux. Face à cette affaire qui a défrayé l’actualité, le ministre en charge du département a décidé de l’annulation de l’arrêté d’attribution avant de mettre en place une nouvelle commission qui a 45 jours pour faire son travail.

Il était reproché à cette procédure, des irrégularités, du favoritisme et du  népotisme dans cette attribution avec les noms de barons et des très proches membres du gouvernement, des membres du M5-RFP.  Des actes fortement décriés par la population qui a soif de justice, d’égalité et d’équité pour un nouveau départ, un Mali Kura tant clamé par l’actuel Premier ministre, Choguel Kokalla MAIGA.

Par Abdoulaye OUATTARA 




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