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lundi 10 mai 2021
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Nouvelle attaque à main armée: l’insécurité se métastase dans la capitale

Hier mardi 1er décembre, aux environs de 11 h 30 min, une agence BDM, sise aux 1 008 logements de Yirimadio, a fait l’objet d’un braquage spectaculaire, de la part de 4 jeunes cagoulés qui sont partis avec toute la caisse, selon la caissière de service. Ladite agence est située dans une station-service. Comment a-t-elle vécu ce gangstérisme ? Quel enseignement en tirer, en corrélation avec les événements de la veille ?

Bamako n’est pas encore le Far West, mais force est de reconnaître qu’il y a beaucoup de bruits de révolvers et de plus en plus de victimes, jetant un regard interrogateur, sinon inquisiteur vers les Forces de l’ordre.
Selon la caissière de l’Agence BDM chapardée qui était sous le coup de l’émotion, c’est à travers les baies vitrées de la banque qu’elle a aperçu 4 individus tous cagoulés et armés de pistolets de fabrication artisanale avancer vers l’établissement bancaire. Prise de panique, la pauvre alla se réfugier dans les toilettes. Manque de bol, elle a été délogée et conduite, à coups de pieds, vers sa caisse par les bandits qui avaient hâte de faire main basse sur leur butin qui leur souriait en l’absence de toute résistance. Il ressort de son évaluation de la situation, sur le vif, que les malandrins ont réussi à voler une somme relativement importante d’argent, sans oublier d’emporter son téléphone portable.
« Ils sont partis avec toute la caisse », raconte l’opératrice.
Combien il y avait-il dans la caisse ? Encore sous le coup du traumatisme, elle ne pouvait être explicite, parce que n’en ayant aucune idée précise ; mais elle donne un indice intéressant : « quand la caisse atteint un certain montant, nous appelons la hiérarchie et les convoyeurs viennent transporter l’argent. Et la société de convoyage de l’argent devait venir convoyer le montant de la caisse aujourd’hui même ».
La caissière faisait son récit en présence du Garde de service qui a été préalablement neutralisé, à l’instar d’un agent d’une société de gardiennage, par les aigrefins qui n’avaient décidément pas froid aux yeux.
Selon d’autres témoignages sur place, les bandits arrivés sur les lieux étaient relativement très jeunes.
Aussitôt leur forfait commis qu’ils ont disparu dans la nature.
Très vite, deux éléments des Forces de sécurité ont été dépêchés sur les lieux pour recueillir les premiers éléments d’enquête.
Ils ont été suivis, vers 12 h 5, d’une équipe de patrouille du Commissariat du 13e Arrondissement de Police qui couvre la zone du forfait conduite par l’adjudant-chef Boubacar S. SIDIBE pour la sécurisation de l’agence et du personnel.
Selon certains témoignages, il y aurait un blessé par balles en dehors de la banque. Il a été transporté par la Protection civile vers un hôpital pour les soins appropriés.
Selon notre source, lors de son passage, les impacts de balles sur les vitres du guichet et dans la charnière de l’aluminium de la baie vitrée étaient visibles.
Ce braquage intervient dans les mêmes fourchettes horaires que les trois précédents commis, avant-hier lundi, dans différents endroits de la capitale. Il faut dire que le conducteur de voiture PRADO Mohamed TRAORE dit ‘‘Bafla’’ sur qui les bandits ont tiré lundi pour emporter son sac a finalement succombé à ses blessures.
Alors que la capitale sombre dans un regain de violence et que ses habitants ne dorment plus que d’un œil, l’on se scandalise de plus en plus de l’occupation inappropriée de certains professionnels de la sécurité. « ’Pendant que la criminalité urbaine se développe de façon spectaculaire- la BAC (brigade anti criminalité) contrôle les “cartes grises” et vignettes en circulation. Il n’y a aucune magie dans le succès, le résultat dépend du travail, et ce, suivant les priorités identifiées »’, dénonce un chercheur à l’Institut des Études de Sécurité, ISS, basé à Bamako.
Une consolation : L’on a appris que deux des quatre agresseurs de Abdel Kader MAIGA, membre du Comité Stratégique du M5-RFP et Président de la Coalition contre la Partition du Mali-»Igdah Mali Tè Tila », ont été épinglés par les Forces de l’ordre. Preuve qu’elles sont à l’œuvre. Mais, il faudrait accentuer la férule sur les chenapans qui croissent comme la mauvaise et infestent notre capitale et ses alentours. Bien, si l’on ne cessera jamais de rappeler l’importance d’une étroite collaboration entre la population et les Forces de l’ordre ; il est attendu de celle-ci une réadaptation de son dispositif afin d’apporter la réponse appropriée aux nouvelles formes d’insécurité.

PAR BERTIN DAKOUO




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