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samedi 23 juin 2018
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Nuages de poussières jaunâtres sur Bamako: les explications et conseils des spécialistes

La ville de Bamako s’est réveillée, hier mercredi, dans un nuage de poussière. Pour en savoir davantage sur les vraies causes de cette inhabituelle situation, notre équipe de reportage a joint par téléphone Bakari MANGANE, prévisionniste à l’Agence nationale de Météorologie, communément appelée Mali-Météo. Suivons ses explications et ses conseils face cette soudaine situation atmosphérique inhabituelle qui pourrait durer 3 jours.

En effet, une vague de poussière jaunâtre couve la ville de Bamako. Ainsi, depuis hier, le ciel bamakois est couvert de poussière. A 12 h (midi) à peine le rayon du soleil était visible à Bamako, à l’image des autres localités de l’ensemble du territoire national.
M MANGANE, prévisionniste à Mali-Météo, a expliqué cette situation par une forte dépression de poussière au niveau de la Libye et qui est en train de se propager dans la bande sahélienne.
Aussi, a-t-il précisé, plusieurs pays, tels que le Niger, le Tchad en plus du Mali, sont touchés par ce phénomène.
«La forte remontée de poussière au niveau de la Libye est drainée par le grand vent sur les pays du Sahel. Sinon la ville de Bamako n’est pas une zone réputée de poussière », précise-t-il, ajoutant que c’est tout le Mali qui est concerné par ces nuages de poussière qui, à son avis, pourrait durer trois jours sur l’ensemble du territoire national avec des variations différentes.
«En fonction des réalités de chaque grande ville, la situation pourrait s’améliorer ou s’aggraver », alerte le prévisionniste de la Météo.
Il analyse que la situation pourrait persister pendant trois jours, selon les premières données de la Météo.
Cette atmosphère oblige des populations de la ville à adopter surtout de nouveau de comportement : couvrir la tête de turban ou porter un casque, protéger le nez par un masque. En tout cas, hier, certains habitants de Bamako étaient méconnaissables de par leur nouveau look.
« Je me suis réveillée trouver que tout le ciel était couvert de poussière. En sortant, j’ai pris des mesures de protection contre cette poussière», déclare Mariam TRAORE, la tête protégée par un foulard rouge. Jetant un coup d’œil de temps en autre sur son jeans gris et T-shirt bleu couverts de poussière, la jeune étudiante se rappelle n’avoir pas eu connaissance d’une telle situation depuis près de quatre ans.
A côté d’elle, aux feux tricolores en face de la mairie centrale, Alou KEITA interrompt la conversation et confirme inhaler de quantité importante de poussière. A cause de la situation, indique-t-il, sa gorge l’irrite, son nez le démange depuis ce matin (ndlr hier).
Ses yeux cachés dernières des lunettes noires, M. KEITA conseille la protection du nez, des oreilles et des yeux.
«En sortant de chez moi, je n’avais pas de lunettes, c’est en ville que je les ai achetées et un masque pour protéger mon nez. Parce que je sentais que la poussière allait m’étouffer », ironise-t-il.
Amadou KAMATE, sur sa moto Djakarta bleue, est convaincu que c’est une situation éphémère. Lui ne voit pas la nécessité d’acheter des instruments de protection. Il a l’air d’être peu soucieux des conséquences de la poussière, il ajoute « d’ailleurs, je n’ai pas l’argent sur moi tout de suite pour acheter, un masque ».
Mais avec 200 FCFA, il est possible d’avoir un masque. M. KAMATE peste « J’ai dit que je n’ai pas d’argent. Je vais passer ma journée comme ça. Je ne dis pas que ce n’est pas bon de se protéger. Les sourcils et les cheveux couverts de poussière, il affirme que sa priorité se trouve ailleurs.
Les vendeurs de masques profitent de cette situation pour faire de bonnes affaires. Au bord des routes et dans les grands carrefours de la capitale, ils sont nombreux les jeunes qui brandissent les masques pour le nez, l’un des produits fortement réclamés en ce jour.
« Je vends d’habitude d’autres articules comme les porte-clés. Avec la poussière de ce matin, j’ai senti que les usagers auraient plus besoin de masques pour le nez que de porte-clés», soutient Karim DEMBELE tout souriant. Ce jeune commerçant ambulant confirme avoir vendu entre 8 heures et 12 heures près de 60 unités de masque en raison de 200 FCFA à 400 FCFA.
« J’ai fait plusieurs tours dans les boutiques grossistes de vente de masque. A ce rythme, d’ici le soir, je vais faire de bonnes affaires », espère le jeune DEMBELE avant d’interrompre la conversation pour discuter avec un client. Ce dernier repart sans acheter estimant que le prix est un peu cher.
Sur le plan sanitaire, le pédiatre Pierre TOGO indique que cette poussière a de nombreuses conséquences sur la santé des tout-petits. Elle peut être sources de bronchite et de rhinite chez les enfants. Pendant cette période, il conseille les parents à la vigilance et de bien protéger les enfants.

Par Sikou BAH




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