Objectifs du Développement Durable (ODD): le Mali franchit un nouveau palier

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6 mois seulement après son adoption par les Nations-Unies et 9 mois après son lancement en grande fanfare par les autorités nationales, voilà que le Mali entame le processus de priorisation ou tout simplement, de détermination des objectifs du développement durable (ODD). Ce, à travers un atelier national de sensibilisation, d’appropriation et d’identification des objectifs de développement prioritaires qui se tient, depuis hier à l’Hôtel El Farouk de Bamako.

En septembre 2015 à New York, les Chefs d’État et de gouvernement, lors du Sommet consacré au développement durable, ont pris l’engagement de transformer le monde afin de le rendre digne pour tous ses habitants. À cet égard, ils ont adopté un programme définissant 17 objectifs assortis de 169 cibles, dont l’atteinte contribuera de façon significative et durable, à l’amélioration des conditions de vie de tous et dans tous les pays.
Ce sommet, qui a connu la participation du Président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA, a fait renaitre l’espoir chez les couches les plus défavorisées aux quatre coins du monde. Ce, d’autant plus que le nouveau Programme, adopté à l’unanimité, appelle tous les pays à réaliser 17 Objectifs de développement durable (ODD) lors des 15 prochaines années, couvrant les besoins des peuples à la fois dans les pays développés et dans les pays en développement.
Vaste et ambitieux, le Programme bâti autour d’une vision commune et d’un plan pour le futur de l’humanité tient compte des trois dimensions du développement durable : sociale, économique et environnementale, ainsi que d’autres aspects importants liés à la paix, à la justice et à l’efficacité des institutions.
Les 17 ODD s’appuient sur les huit Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) qui les ont précédés et qui visaient à parvenir à la fin de 2015 à : éliminer la grande pauvreté et la faim ; réaliser l’accès de tous à un niveau d’éducation primaire ; promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ; réduire la mortalité infantile ; améliorer la santé maternelle ; lutter contre les grandes pandémies comme le sida, le paludisme et d’autres maladies ; assurer la durabilité de l’environnement ; et développer un partenariat mondial pour le développement.
Les progrès ont été réels, mais inégaux à travers les régions et les pays, laissant de côté des millions de personnes, en particulier parmi les plus pauvres et les plus désavantagées pour des raisons liées au sexe, à l’âge, aux handicaps, à l’appartenance ethnique ou au lieu de résidence. D’où, la nécessité d’enchaîner avec les ODD qui sont traduits en 169 cibles et 231 indicateurs.
Ceux-ci visent à parvenir à un degré zéro de pauvreté et de faim, à la santé, à une éducation de qualité pour tous, à l’égalité des sexes, à l’accès pour tous à de l’eau propre et à des installations sanitaires, et à des sources d’énergie, à un emploi décent et à la croissance économique, à l’innovation, à la réduction des inégalités, à des villes viables, à une consommation responsable, à une action sur le climat, à des océans et des terres non polluées, et à des partenariats pour parvenir à ces objectifs.
Les situations de départ n’étant pas les mêmes, il a été vivement recommandé à chaque État de se doter d’un plan d’action pour l’atteinte de tous les objectifs à l’échéance 2030, en fonction de ses réalités et stratégies de développement. Les États seront évalués sur la base de leur propre plan d’action d’où, la nécessité pour notre pays de la tenue du présent atelier national de sensibilisation, d’appropriation et d’identification des objectifs de développement prioritaires.
La rencontre, organisée par le Gouvernement du Mali, avec l’appui du Système des Nations Unies, vise à renforcer la capacité de leadership des autorités, des Représentants de la société civile dans la priorisation, l’appropriation, l’intégration des ODD dans les politiques et stratégies de développement et de l’accélération de leur atteinte au Mali. Un défi énorme que le Mali a décidé de relever dans le cadre d’un large partenariat et d’un processus inclusif où chaque Malienne, chaque Malien se sentira concerné et impliqué dans l’atteinte des ODD. Pour ce faire, le pays entend s’appuyer sur l’Accord de paix et de réconciliation qui vise à instaurer au Mali, une société pacifiée et une cohésion nationale favorable au développement.
Un objectif qui est en lien avec l’ODD 16 qui s’intitule : « Promouvoir l’avènement des sociétés pacifiques et ouvertes aux fins du développement durable, assurer à tous l’accès à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes.
D’autres ateliers suivront au niveau des régions afin de disposer d’un document final qui dégagera les priorités de notre pays en matière d’ODD.
Mme M’Baranga Gassabwe, Coordinatrice humanitaire des Nations Unies au Mali, a félicité les autorités nationales qui ont déjà balisé le terrain. Elle a réitéré l’engagement de l’organisation onusienne à accompagner le gouvernement dans la poursuite des objectifs de stabilisation et de développement du pays.
Extension de la Déclaration du millénaire pour le développement (OMD), dont les 8 objectifs constituent des éléments essentiels de ce nouveau programme, les nouveaux objectifs de développement durable ont une dimension globale et couvrent l’ensemble des enjeux de développement, au Nord comme au Sud.
Selon le ministre des Affaires étrangères, l’adoption des ODD à l’échelle de notre planète, est une politique ambitieuse dont les effets transformeront nos modes de vie sur le long terme.
Pour la détermination des ODD prioritaires, en plus des acquis au titre de l’ancien programme, il a invité des participants d’avoir à l’esprit les ressources sur lesquelles notre pays peut, en premier lieu, compter, c’est-à-dire ses ressources propres.
À ce sujet, le ministre Abdoulaye DIOP a fait référence aux recommandations de la troisième Conférence des Nations Unies sur le Financement du développement, tenue en juillet 2015 à Addis-Abeba, qui méritent aussi une attention particulière.
L’occasion était également bonne pour lui d’exhorter les partenaires au développement à la mise en œuvre diligente des mécanismes prévus par ladite Conférence, dans le cadre de l’objectif 17 portant sur le partenariat mondial.
Réaffirmant l’attachement du Mali à l’amélioration des conditions de vie de tous et partout sur notre planète aussi bien pour les générations présentes que futures, il a invité les acteurs à un examen minutieux du document soumis à leur appréciation afin que les recommandations qui seront issues de cette rencontre servent de base à une stratégie cohérente, assortie d’un plan d’action mettant l’accent sur la coordination à trois niveaux : la coordination entre les structures nationales ; la coordination au sein de nos partenaires au développement ; la coordination entre la partie nationale et les partenaires extérieurs.

Par Mohamed D. DIAWARA

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