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mardi 1 décembre 2020
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Occupation illégale du site de l’ORTM à Souleymanebougou: des magistrats et des officiers généraux pointés du doigt

Parmi les points les points de revendications contenus dans le préavis de grève que vient de déposer les comités syndicaux de l’ORTM et de la SMTD, figure en bonne place la question du litige foncier qui oppose l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (ORTM) à des occupants illégaux. Et pas des moindres, puisqu’il s’agit de magistrats et d’officiers supérieurs de l’armée. Lors de la conférence de presse qu’il a animée ce samedi 31 octobre 2020, à la cantine de l’ORTM, le secrétaire général du Comité syndical de l’ORTM, Abdourhamane Hinfa TOURE, a invité l’Etat à les dégager dudit site où est prévue la construction d’un édifice pour abriter les archives du Mali.

Le foncier demeure un véritable casse-tête dans notre pays. Les litiges qui y sont liés sont légion et opposent, soit des particuliers, soit des services aux particuliers. C’est le cas dans la gestion des titres fonciers N°74 861 de Souleymanebougou où un litige oppose l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (ORTM) à des occupants illégaux très menaçants. Ce site, faut-il le rappeler est un leg de l’Union des radiodiffusions et télévisions nationales d’Afrique (URTNA) à l’ORTM.
Face à la presse samedi dernier, le secrétaire général du Comité syndical de l’ORTM s’est appesanti sur cette épineuse question.
Pour remettre l’ORTM dans ses droits, il a invité l’Etat à s’assumer face à ceux qu’il qualifie ‘’d’intouchables du Mali’’, à savoir les magistrats et les officiers généraux de l’armée.
«A Souleymanebougou, nous avons un titre foncier d’environ deux hectares qui appartiennent à l’ORTM, mais qui été volé et morcelé par des spéculateurs fonciers, vendu aux intouchables du Mali. Il s’agit des juges et des généraux de l’armée. Ce sont des généraux qui ont payé ces terrains sur le site de l’ORTM morcelé par des spéculateurs fonciers. Ce sont des généraux et des juges qui se sont permis d’aller les acheter et tenter de les construire, s’il ne l’on déjà fait. Nous voulons que l’Etat les dégage parce que le terrain ne leur appartient pas. Nous demandons aux juges qui doivent rétablir l’ordre dans le pays et aux généraux qui sont les plus forts avec l’armée, avec les armes de quitter notre espace. S’ils ont de l’argent, il y a beaucoup d’espace, le Mali est vaste. Ils n’ont qu’à aller payer ailleurs et nous laisser notre espace. Ça ne leur appartient pas, c’est pour nous, c’est pour l’ORTM, c’est pour le personnel de l’ORTM. Il faut que les intouchables se laissent toucher en laissant notre terrain. Nous n’abandonnerons jamais ce dossier. Nous allons donner tout ce que nous pouvons donner pour que ces espaces soient récupérés.
Nous avons prévu de construire sur ce site notre édifice pour les archives du Mali. Cela ne saurait continuer, nous sommes dans un pays de droit et force doit rester à la loi. Sur ce point, nous avons des promesses qui n’ont jamais été tenues. On n’a même pas eu d’agent de sécurité pour sécuriser les lieux parce que les chefs sont complices.
C’est un espace qui appartenait à l’URTNA à l’époque qui avait légué ça à l’ORTM avec toute la documentation légale. C’était devenu une propriété de l’ORTM qui avait à l’époque mis des plaques ORTM pour délimiter le site. Nous avons toute la documentation, même le transfert a été fait au nom de l’ORTM. Nous demandons de l’aide pour que cette propriété nous revienne. On avait prévu un édifice pour l’archivage sur ce site, mais avec ces problèmes, nous ne parvenons pas à commencer les travaux.
Pour le moment, on préfère taire les noms. Nous avons gagné tous les procès, nous avons la grosse pour les déguerpir. Il y a deux clients qui sont en train de nous trainer encore. Ils ont interjeté appel de notre décision de justice. On attend de vider ces deux dossiers pour procéder au déguerpissement», a-t-il souligné.
Pour rappel, l’URTNA, en quittant en 1986, a légué le site de deux hectares à l’ORTM. Malgré plusieurs alertes lancées, les chantiers continuent de plus belle de pousser sur le site en question.

Par Abdoulaye OUATTARA




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