Opération achat des députés: le fiasco

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Le nouveau bureau de l’Assemblée nationale a été mis en place enfin, hier dans l’après-midi. Sur les 23 membres de ce bureau, le nouveau groupe parlementaire ADP-Maliba/Sadi, comprenant des députés courtisés par le parti de l’homme d’affaires controversé, Alou Diallo, PDG de Wassoul’or, à sa surprise générale, s’est retrouvé avec un seul député dans cette nouvelle équipe dirigeante de notre parlement. Ce dernier n’occupe également que le poste de 10e poste de secrétaire parlementaire. Si l’objectif ultime de la création de ce groupe était donc d’avoir des représentants dans le bureau, sans risque de se tromper, on peut dire que ‘’l’opération d’achat de députés’’ a été un fiasco.

Ça y est : hier, en fin d’après-midi, d’hier mardi, le bureau de consensus tant attendu de l’Assemblée nationale a été adopté. Dans un vote à bulletin secret, après de nombreuses tractations, les honorables députés ont validé la liste de bureau dit de consensus proposé au président de l’Assemblée nationale, l’honorable Issiaka SIDIBE, qui a présidé la plénière. Il a été entériné par 119 voix pour contre 14 voix contre.
Ce sont les 14 députés du groupe ADP-Maliba/Sadi, en commun accord, qui ont décidé de voter contre ce bureau de 23 membres estimant que le règlement intérieur de l’Assemblée nationale a été violé.
Au lieu d’un seul représentant, ce nouveau groupe parlementaire, qui veut inscrire ses actions dans l’opposition, pense qu’il devrait être représenté par 2 personnes dans ce bureau, nous a-t-on indiqué dans les coulisses. Ainsi, selon des responsables de ce groupe parlementaire, dont Amadou THIAM et de Oumar MARIKO, l’Assemblée nationale, en adoptant, en la forme ce bureau, est en train de violer son propre règlement intérieur puisque la répartition proportionnelle concernant leur groupe n’a pas été respecté.
Dans la même veine, d’un ton de colère, l’honorable THIAM, qui perd sa place de 2e vice-président de l’Assemblée nationale dans le nouveau bureau, après sa défection de la majorité parlementaire, qualifie le processus d’« anti-démocratique ». Avant de déplorer que le parti RPM est en train d’imposer des règles à l’Assemblée nationale. Mais au nom du Mali et de la mission de contrôle de l’action gouvernementale, le groupe va accepter ce poste, a-t-il laissé entendre.
Par rapport à la composition de ce bureau, l’on a enregistré quelques changements avec le départ notamment certains députés au poste de vice-présidences. Ainsi, note-t-on le départ de Amadou THIAM, de Mamadou TOUNKARA qui ont été remplacés respectivement par Moussa TIMBINE, 1er vice-président et de Hadi NIANGADOU, 2e vice-président. Toutefois, les honorables Mamadou DIARRASSOUBA et Belco BA vont conserver respectivement leur poste de 1er et de 2e questeur de l’Assemblée nationale.
Quant à la représentativité des membres du bureau, en fonction des groupes parlementaires, c’est le groupe RPM qui se taille la part du lion avec 11 représentants au bureau sur les 23 membres, soit 47 % de l’effectif du bureau. Il est suivi des groupes APM et de l’Adema qui ont chacun 4 députés dans le bureau, tandis que le groupe VRD est représenté par 3 députés.
À la queue, l’on retrouve, contrairement à ses ambitions démesurées, le groupe parlementaire ADP-Maliba/Sadi qui se contentera d’un seul représentant en la personne de Amadou Araba DOUMBIA, qui a été huée par ses collègues députés du parlement dès l’appel de son nom, comme signe de désaveu pour les membres de ce groupe.

Par Sikou BAH

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