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dimanche 21 octobre 2018
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Opérationnalisation séquentielle des 9 régions restantes: le collectif rejette les propositions du gouvernement

Le ministre de l’Administration territoriale, Tiéman Hubert COULIBALY, a rencontré, avant-hier mardi, le Collectif des 9 régions non encore opérationnelles (CRNOP) dans la salle de conférence de son département. L’objectif de cette rencontre était d’échanger sur le plan d’opérationnalisation séquentielle desdites régions échelonnée sur trois ans (en raison de 3 régions par an). Cette promesse prise par le gouvernement aux députés à l’Assemblée nationale cours de la séance plénière du 25 octobre 2017 a été aussitôt rejetée par le Collectif (CRNOP) après son annonce par le ministre COULIBALY.

Aussitôt annoncée par le ministre Tiéman, le Collectif (CRNOP), par la voie de son porte-parole, Mamba COULIBALY, a immédiatement rejeté cette proposition du gouvernement avant d’exiger que toutes ces régions soient rendues opérationnelles avant la tenue des élections régionales prévues pour le 17 décembre prochain.
En cas de non-satisfaction des doléances, le CRNOP se donne le droit de boycotter les élections régionales et locales prévues pour le 17 décembre prochain.

Cette prise de position du CRNOP, à quelques semaines seulement de la date des élections régionales prévues pour le 17 décembre 2017, est un pied de nez au gouvernement qui entendait parachever le processus électoral entamé en 2013 par la tenue des élections régionales, locales et communales partielles, le 17 décembre prochain.
Le gouvernement payera-t-il cher les conséquences de son silence affiché face à cette question qui dure, depuis le mois de mars 2016, avec la tenue de la première rencontre des chefs de village du cercle de Bougouni sur la question ?
Ce qui est évident, c’est que depuis sa création en mars 2016, la position du CRNOP n’a jamais varié sur cette question.
On se rappelle qu’à l’issue de cette conférence de presse, le 13 mars 2016, sanctionnée par une déclaration dite de Bougouni, les autorités traditionnelles ont adressé une correspondance au gouvernement demandant l’opérationnalisation de ces régions avant la tenue des élections régionales et locales.
Mardi dernier, le ministre a rappelé, à l’entame de ses propos, que la loi portant création des 11 nouvelles régions administratives du Mali a été prise en 2012 dans un contexte particulier.
En effet, a-t-il rappelé, l’adoption de cette loi a été suivie des événements du 17 janvier 2012 qui ont conduit notre pays dans une crise politico-sécuritaire sans précédente.
Au début de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, a expliqué le ministre, les deux nouvelles régions du nord, à savoir Ménaka et Taoudénit, ont été rendues opérationnelles.
Ce qui fait que sur les 11 régions initialement prévues, il reste 9 régions à opérationnaliser, selon le ministre.
Depuis, le collectif s’est donné pour objectif de se battre pour rendre opérationnelle leur ces régions à l’image de Ménaka et de Taoudénit.
« Nous avons entendu les différentes prises de position qui ont été les vôtres. Et aujourd’hui, il est utile d’avoir un moment d’échanges afin que nous puissions nous mettre d’accord sur la manière d’y procédé », s’est adressé le chef du département à ses hôtes.
Le ministre COULIBALY a affirmé que le gouvernement a la ferme volonté d’aller au bout de la mise en œuvre de cette loi.
« Il est clair que le délai de 5 ans qui était prescrit pour la mise en œuvre de ces mesures est largement dépassé », a reconnu.
Ce qui, de l’avis du ministre, oblige les acteurs étatiques et la société civile à trouver un terrain d’entente pour que la mise en œuvre de ces lois soit facile pour tout le monde.
En la matière, le gouvernement dit avoir à faire face à un certain nombre de contraintes, notamment d’ordres financiers, mais aussi de ressources humaines.
Pour l’opérationnalisation des 9 régions qui restent, des prévisions du gouvernement, il faut, selon Tiéma Hubert COULIBALY, plus de 70 milliards de F CFA. Toute chose qui n’est pas aujourd’hui à la portée de l’État malien dans la situation actuelle du pays.
C’est la raison pour laquelle, le ministre a expliqué à ses interlocuteurs que cette question de ressources n’est pas négligeable dans la mesure où tout sera supporté par le budget national.
Dans le contexte actuel, il a invité ses interlocuteurs à faciliter la marche de l’État.
Selon lui, les services techniques de l’administration et de la décentralisation ont travaillé sur la question tout au long de l’année 2016.
D’ailleurs, a-t-il dit, dès sa prise de fonction au mois d’avril, il a recouvert le dossier avant de se rendre compte que le meilleur moyen d’y parvenir était de procéder de manière séquentielle.
« À chaque fois que nous activons une région, il faut un gouverneur, des préfets des sous-préfets et tout le personnel qui s’en suit. Il n’est pas dit que ce personnel soit disponible aujourd’hui dans notre dispositif », a-t-il plaidé.
Ce qui est sûr, c’est que le gouvernement, selon le ministre Tiéman, est aujourd’hui disposé à discuter de l’ensemble de ses problèmes avec tous les acteurs pour un issu heureux.
« J’espère que le cadre d’échanges qui vient de commencer aujourd’hui va continuer dans un esprit de concertation et de parfaite transparence afin que les différents groupes d’intérêt et l’État puissent trouver des points de convergences et éviter les lignes de fractures qui peuvent rendre la tâche difficile », a souhaité le ministre.
La proposition d’opérationnalisation séquentielle échelonnée sur trois ans en raison de trois régions par an a été faite par le ministre de l’Administration territoriale lors de son interpellation à l’Assemblée nationale en date du 26 octobre 2017.
À la suite de cet exposé liminaire du ministre, le président du collectif, Mamba COULIBALY, a indiqué que cette vision du gouvernement était contraire à la déclaration du CRNOP tenue à Bougouni pour exiger que l’ensemble de ces régions soient rendues opérationnelles avant les élections régionales.
Tout en saluant l’initiative du ministre, le CRNOP a demandé un délai de quelques jours pour rendre compte à la base afin de décider de la suite à donner aux propositions du gouvernement.
Selon lui, le gouvernement et le CRNOP ont les mêmes objectifs de développement de ces régions, mais avec des approches différentes.
À travers ces concertations avec les différentes bases, il s’agit de dégager une position commune de l’ensemble des populations des 9 régions face à stratégie du gouvernement.
Il a rappelé que son collectif avait été créé le 5 mai 2016 au cours d’une assemblée tenue au carrefour des jeunes de Bamako.
Après la mise en place du bureau, le CRNOP a entrepris une série d’activités d’information et de sensibilisation des autorités traditionnelles ainsi que l’ensemble des populations de ces 9 régions. Et cela, à travers des conférences de presse, des assemblées générales, des marches tenues à Bamako et dans d’autres localités du pays.
De même, au cours de ces différentes manifestations, plusieurs appels ont été lancés aux autorités de la république les invitant à rendre opérationnelles toutes ces régions avant l’organisation des élections. Dont, entre autres, la déclaration de Bougouni en date du 25 février 2017 adressée au ministre de l’Administration territoriale, ainsi que la lettre du 25 mars adressé au président de la République à Sikasso.
Mais, a-t-il déploré, toutes les correspondances sont restées sans suite de la part des autorités.
Face à ce dialogue de sourds avec les autorités, le CRNOP avait projeté une grande marche à Bamako, le 25 novembre 2017 à Bamako.
La seule certitude autour de cette question est que le dialogue est désormais engagé entre les deux parties. Un nouveau rendez-vous a été pris pour aujourd’hui jeudi afin de reprendre le dialogue pour harmoniser les positions.
Rappelons que ces 9 régions non opérationnelles concernent les actuels cercles de : Nioro du Sahel, Kita, Dioïla, Nara, Bougouni, Koutiala, San, Douentza et Bandiagara qui ont été érigés en région en 2012 par le gouvernement du Mali.

Par Abdoulaye
OUATTARA




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