Organisation du hadj 2016: le gouvernement relève le défi

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Comme prévu, les premiers pèlerins de notre pays de la filière gouvernementale sont arrivés samedi dernier à Bamako. De l’avis général, l’organisation a été à la hauteur des attentes avec des innovations majeures.

L’on apprend de nouveaux El hadj que l’une des innovations majeures sur place a été que le mouton du sacrifice leur a été présenté vivant avant d’être abattu. Une première qui a été unanimement saluée. Aussi souhaite-t-on le maintien de cette disposition qui permet au croyant d’être beaucoup plus concerné par l’acte religieux du sacrifice.
Par ailleurs l’on se réjouit des conditions d’hébergement, de restauration et de transport des pèlerins de notre pays. Selon les témoignages concordants, toutes les appréhensions ont été levées une fois arrivée sur les lieux saints de l’islam sur ces questions qui ont souvent été à l’origine de frictions. Ce qui confirme que le département des Affaires religieuses et du culte a maintenu sa dynamique d’organiser cette année le hadj dans les conditions optimales.
Il faut rappeler que c’est pour l’optimisation de ces conditions que la campagne du pèlerinage a été ouverte quatre mois à l’avance. Ce qui était du jamais vu dans notre pays où l’on était plutôt habitué à une course contre la montre avec tous les risques d’insuffisance que cela comporte. Ce choix judicieux a permis aux différents acteurs d’accomplir les formalités d’usage, au plan administratif, sans trop de pression avec une marge d’erreur extrêmement réduite. Ce d’autant plus que notre pays a opté pour le passeport biométrique qui a ses contraintes.
L’on ne saurait non plus ignorer qu’une ouverture de la campagne à l’avance inouïe de permettre aux futurs pèlerins de disposer du maximum d’informations sur la conduite à tenir lors de leur séjour sur les lieux saints de l’islam.
Aussi, faut-il noter, l’ouverture de la campagne en avance cette année a permis à nos futurs pèlerins d’effectuer les visites médicales en toute sérénité permettant d’être dans les normes exigibles par les autorités du Royaume d’Arabie saoudite.
Dans la foulée, des innovations pour une meilleure organisation du hadj ont eu lieu les deuxièmes journées de réflexion qui ont abouti à l’adoption d’un cahier de charges. Il faut signaler que pour l’organisation de ces journées, les agences de voyages privées ont été pleinement impliquées à toutes les étapes de la procédure. Ce qui confère au cahier de charges qui en a été issu un caractère consensuel.
Une autre résultante des journées de réflexion a été la mise en place d’une commission de dépouillement ouvrant sur la base de critère très rigoureux. Dès lors l’on comprend aisément que sur 204 dossiers des agences de voyages qui lui ont été soumis, 75 ont été rejetés. La rigueur était d’autant plus de mise que parmi ces agences dont les dossiers ont révélé des insuffisances, il y avait certaines qui avaient une vingtaine d’années d’expérience.
L’ossature du cahier de charges porte sur les conditions de participation ; critères de répartition du quota alloué aux agences ; la signature de contrat d’hébergement en Arabie Saoudite ; les sanctions ; les dispositions pratiques et finales.
L’on apprend que dans le souci de la bonne organisation du hadj et pour permettre aux pèlerins de notre pays d’accomplir leur devoir religieux sur les mieux saints de l’islam, le département des Affaires religieuses et du culte appliquera de nouvelles mesures pour le pèlerinage de l’année prochaine. L’on signale à cet effet la mise en place de la Délégation nationale du pèlerinage. C’est cette structure, précise-t-on, qui aura à prendre en charge l’ensemble des pèlerins de notre pays.
La Délégation nationale en question aura l’obligation de rédiger un rapport après chaque pèlerinage. Toute chose qui permettra de sanctionner les agences qui n’auraient pas tenu leur engagement et de délivrer un certificat de bonne conduite le cas échéant.
Dans le pipeline, pour l’année 2017, une Commission de suivi-évaluation devrait voir le jour. Elle aura comme mission principale de veiller à l’application du cahier de charges.
Contrairement à de nombreux pays, c’est le gouvernement qui paye la caution des 9.000 pèlerins maliens, autant pour ceux de la filière gouvernementale que de la filière privée. Toutefois, précise-t-on, lesdites cautions sont remboursables après le pèlerinage si aucun problème ne se posait.
En définitive l’on peut soutenir sans risque de se tromper que le ministre Thierno Amadou Omar Hass Diallo est en train de relever le pari de la bonne organisation du pèlerinage.

Par Bertin DAKOUO

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