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lundi 24 janvier 2022
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Organisation des élections: le tout sauf CKM en marche

Alors que le pays est plus que jamais heurté à une ribambelle de problèmes en chaîne et que le Premier ministre est engagé dans une course effrénée pour la mise en œuvre d’un Organe Unique de Gestion des Elections (OUGE), en prenant pour tremplin les «Assises Nationales de la Refondation », défiant la communauté internationale par un reniement des engagements consignés dans la Charte, le sens d’une « Transition réussie au Mali » des Partis et Regroupements des partis politiques du Cadre d’échanges prend une nouvelle trajectoire. Désormais, elle est synonyme de Choguel exit pour l’organisation de l’élection présidentielle. La nébuleuse conspirationniste réussira-t-elle à faire dégager l’actuel locataire de la Primature ?

L’offensive qui se mijotait à bas bruit, dans le plus grand secret, est désormais portée sur la place publique. En ce sens, il ne serait pas abusif de soutenir que le Parti pour la Renaissance Nationale (PARENA) a fait la fine bouche en se fendant d’un Mémorandum dans lequel il pointe du doigt le manque de volonté politique du Gouvernement de Transition qui le place dans l’incapacité d’organiser les élections marquant la fin de la transition et dans l’impossibilité de produire un nouveau calendrier électoral. Le Parti du Bélier Blanc objecte également une impasse sécuritaire qui est telle que le pays court le risque d’un nouvel effondrement.
« En arrière-fond de ce triste tableau », le Parti égrappe l’isolement diplomatique sans précédent d’un pays qui a plus que jamais besoin de ses voisins et du reste du monde ; une situation économique, financière et sociale au seuil du supportable.
Aussi, le PARENA invite-t-il le Président de la Transition, Chef de l’État, à réunir dans les meilleurs délais, les forces vives de la Nation pour dessiner une feuille de route consensuelle sur la base: d’une réelle volonté politique ; d’un nouveau calendrier électoral ; d’un CNT et d’un gouvernement plus inclusifs ; et d’un Premier ministre moins clivant, plus rassembleur et plus consensuel.
Selon les sources concordantes, cette position du PARENA présentée dans son Mémorandum du 1er novembre 2021 résume celle des Partis et Regroupements des partis politiques du Cadre d’échange pour une Transition réussie au Mali.
L’on apprenait d’ailleurs que les leaders de ces organisations politiques devraient se réunir ce week-end et que la question des Assises Nationales de la Refondation qui devraient servir de vernis populaire de légitimité à la prolongation du délai de la Transition et à la mise en place de l’Organe unique de gestion des élections ne manquerait pas d’alimenter les échanges.
A en croire nos sources, les acteurs politiques assimilés aux « forces rétrogrades » qui ont fait jusque-là contre mauvaise fortune bon cœur, en s’accommodant de la présence de Choguel Kokalla MAIGA à la tête du Gouvernement de Transition seraient inscrits dans une logique de dégagisme. En effet, révèle-t-on, s’ils font mince d’avaler la pilule de sa nomination comme Premier ministre, son maintien à son poste jusqu’à la fin de la période transitoire, synonyme qu’il a toutes les cartes en main pour l’organisation des élections et potentiellement de peser dans la balance pour le choix du futur président de la République, est le breuvage amère qu’ils n’entendent pas avaler. C’est le tout sauf CKM ou le CKM exit pour l’organisation des élections qui en marche.
C’est un secret de polichinelle que depuis sa nomination, le Premier ministre CKM est observé à la loupe, ses déclarations décortiquées, son action mise sur le gril. De ce fait, la demande de nomination «d’un Premier ministre moins clivant, plus rassembleur et plus consensuel » est loin d’être anodine, nous fait-on savoir. En effet, argumente-t-on, les discours du Premier ministre, sans aucun procès au faciès, paraissent bien souvent clivant comme l’illustre à suffisance l’usage de l’expression « les forces du changement » qui est forcément antinomique des « forces rétrogrades ». Ce qui représente, aux yeux d’une opinion politique nationale, une violation de la Charte de la Transition en son article 1er qui dispose : « Outre les valeurs affirmées par la Constitution du 25 février 1992 en son préambule, la présente Charte consacre les valeurs et principes suivants pour conduire la Transition : le patriotisme, l’intégrité, la probité et la dignité ;le mérite, le sens de la responsabilité et la redevabilité ; la discipline, le civisme et la citoyenneté ; la fraternité, la tolérance et l’inclusion ; la neutralité, la transparence, la justice et l’impartialité ; le dialogue et l’esprit de consensus ; l’esprit de solidarité, de pardon et de réconciliation ».
Pour de nombreux acteurs politiques, le Premier ministre est gagné par une paranoïa revancharde qui pervertit les décisions dont le Mali en crise a tant besoin pour se remettre sur pied et pour compter dans le concert des nations.

PAR BERTIN DAKOUO




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