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vendredi 24 septembre 2021
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Ouatagouna: l’hécatombe

Cinquante et un morts, c’est le bilan provisoire d’attaques jihadistes, ce dimanche 8 août, contre les villages de Karou, Ouatagouna, et Daoutegeft. Il s’agit de trois localités voisines et proches de la frontière avec le Niger. Une nouvelle tragédie qui s’ajoute à la liste de Sobame Da, de Ogossagou, de Koulogon Peul. Qu’est ce qui s’est-il réellement passé ce dimanche ?
Ces attaques sont confirmées par un responsable sécuritaire dans notre pays.
« Plus de quarante civils ont été tués dimanche (8 août) par des terroristes dans les villages de Karou, Ouatagouna, et Daoutegeft », a-t-il déclaré à un confrère.
«Les terroristes sont entrés dans les villages et ont massacré tout le monde », a informé la source militaire.
Toutes les sources interrogées se sont exprimées sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité.
« À Karou, 20 civils ont été massacrés. À Ouatagouna, 14 civils ont été tués, et dans le hameau de Daoutegeft, d’autres civils ont été massacrés », a dit un élu d’une des localités. Les assaillants sont arrivés à moto et ont pris les villageois par surprise, a-t-il ajouté.
Un élu d’une quatrième localité a également rapporté une attaque contre son village. Un détachement militaire a été dépêché sur place pour porter secours aux populations, a indiqué un responsable militaire.
Un responsable d’une ONG malienne a cependant souligné que les communications avec la zone étaient mauvaises. La région, comme une partie du nord du Mali, a été largement coupée des réseaux ces derniers jours à cause d’attaques attribuées aux jihadistes contre les infrastructures de télécommunications.
Cette tragédie qui endeuille le pays intervient après d’autres qui ont eu lieu dans la région de Mopti. Selon le gouvernement, le 1er janvier 2019 la tuerie de Koulogon a causé la mort de 37 civils. Le 14 février 2020 une attaque meurtrière d’hommes armés fait 21 morts et des disparus parmi les populations civiles à Ogossagou. Dans la nuit du 9 au 10 juin 2019, des hommes armés attaquent Sobame Da. Ils incendient les habitations et abattent tous ceux qui essayaient d’en sortir. Selon un premier décompte d’un élu local, le bilan est de 95 morts, mais dans le communiqué du Gouvernement qui a suivi, il a été ramené à 35. Néanmoins, ce bilan reste effroyable.
Il y a désormais une spirale de la violence dans laquelle le pays est enchevêtré, avec les actes d’une barbarie inqualifiable. Qu’est-ce qui peut bien pousser au massacre de civils innocents ? Une idéologie ? Une illumination ?
Le Secrétaire général de la Plateforme des mouvements du 14 juin 2014 d’Alger, Fahad Ag Almahmoud, tente d’apporter un élément de réponse.
« Au moins 51 civils tués par l’EIGS dans la commune de Ouatagouna. Selon nos informations le but de cette barbarie est de chasser la population dans la zone (îles). Pour lutter contre le terrorisme désormais il faut aussi avoir des brigades fluviales ».
Faisant d’une pierre deux coups, il lève également le voile sur l’identité des assaillants, à savoir l’Etat Islamique au Grand Sahara (EIGS).

En tout état de cause, rien n’autorise des individus de tuer des créatures de Dieu au nom de Dieu, ou de priver des citoyens de l’un de leurs droits fondamentaux, à savoir la liberté de circuler librement sur le territoire national et de choisir son lieu de résidence.
‘’L’Etat reconnaît et garantit, dans les conditions fixées par la loi, la liberté d’aller et venir, le libre choix de la résidence, la liberté d’association, de réunion, de cortège et de manifestation’’, Article 5 de la Constitution du 25 Février 1992.
L’hécatombe de ce dimanche 8 août relance de plus belle le débat sur la protection des personnes et des biens. C’est vrai qu’en la matière, les FAMa ne sont pas des bras cassés et leur détermination n’est plus à prouver. Mais, il est urgent de trouver la meilleure approche possible pour l’atteinte des objectifs de cette mission régalienne. Parce que c’est révulsant et ulcérant de telles atrocités qui installent un climat anxiogène dans les localités criminogènes, dont d’ailleurs l’épicentre se déplace à tout moment et dans toutes les directions comme l’attestent les attaques du Campement et du Radisson Blu, à Bamako, et plus récemment des postes de sécurité à Sikasso et à San.
Une union sacrée des populations s’avère indispensable pour surmonter les épreuves rédhibitoires qui sont imposées à notre pays.
Le personnel du Journal Info-Matin présente ses condoléances les plus attristées aux familles de tous les morts du fait de la barbarie d’obscurantistes psychopathes et souhaite prompt rétablissement aux blessés.

PAR BERTIN DAKOUO




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