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mercredi 20 septembre 2017
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Ousmane Sy sur les pourparlers en Algérie : ‘‘ce n’est pas la nation qui est en cause, mais plutôt les institutions’’

Les travaux de l’atelier national d’information et de sensibilisation sur les pourparlers inter-Maliens inclusifs de paix, d’Alger, se sont achevés, le mardi dernier, au CIB. Ces travaux ont été sanctionnés par de nombreuses recommandations formulées par les participants pour améliorer le mémorandum du gouvernement.

La rencontre a enregistré la participation des acteurs de la société civile, des responsables militaires ainsi que plusieurs acteurs étatiques. C’était sous la présidence du ministre Ousmane SY, à l’absence du Premier ministre empêché.

Ces journées de rencontre devraient aussi permettre au gouvernement de prendre en compte les préoccupations des populations dans l’accord définitif de paix attendu à l’issue de ces pourparlers, en Alger.

Les mêmes activités se sont déroulées à l’intérieur du pays.

Les échanges ont été faits en plénière et en atelier de groupe de travail sur des questions d’ordre générale et spécifique sur la crise que le pays traverse. À cet effet, 5 groupes de travail ont été constitués: le groupe chargé des questions politiques et intentionnelles; le groupe chargé des questions de paix et de sécurité; le groupe en charge des questions de développement économique, social et culturel; celui de la réconciliation, justice et humanitaire; le groupe de la période intérimaire, des garanties, de l’accompagnement international et des mécanismes de mise en œuvre.

La nation n’est pas en cause

Le ministre Décentralisation et de la politique de la ville, Ousmane SY, a exprimé toute la satisfaction du gouvernement pour l’organisation de cet atelier. Evoquant les objectifs de celui-ci, le ministre a indiqué qu’il s’agissait de partager le contenu des documents de la médiation et du mémorandum du gouvernement pour qu’en retour il puisse prendre les appréciations de la population sur les pourparlers en cours.

«Le document de la médiation élaboré n’est pas un accord définitif. C’est un document qui doit être amélioré par les propositions et les observations de toutes les parties prenantes. C’est pourquoi, le gouvernement a élaboré un mémorandum pour ses premières réactions et observations en réponse à certains points du document de la médiation», a-t-il soutenu.

Aussi, il a expliqué l’importance et l’intérêt pour eux de partir en Alger avec les observations de la population.

«Il permettra aux représentants du gouvernement d’être beaucoup plus solides avec vos recommandations, vos souhaits et vos inquiétudes. C’était ça le but de l’exercice. Les produits auxquels nous sommes parvenus, le gouvernement en fera un bon usage. Nous allons travailler au mieux pour que l’essentiel de ce qui va être décidé soit le reflet de la volonté des Maliens et Maliennes», a-t-il martelé. Pour le ministre SY, c’est un défi aujourd’hui pour le pays de ramener la paix à l‘issue de ces pourparlers.

Le Mali, selon le ministre Ousmane SY, dispose des ressorts nécessaires pour sortir de cette crise, mais cela demande du temps et des moyens.

Le ministre de la décentralisation se réjouit déjà de la compréhension exprimée par les parties à l’issue des premiers rounds des pourparlers, en se reconnaissant, notamment de la nation malienne. C’est pourquoi, il dira que c’est les institutions qui sont en cause et non la nation.

«Heureusement encore, ce n’est pas la nation malienne qui est en cause. Ce qui est en cause, c’est l’État, ce sont les institutions. Et ça, n’ayons pas peur de le dire, de les réexaminer, de les réinterroger pour que l’État ne mette pas la nation en pâture. Voilà aujourd’hui la crise sur laquelle nous devons réfléchir», a-t-il relevé.

Ousmane SY a soutenu que le rendez-vous d’Alger entre les parties prenantes du conflit est de faire la paix. Pour cela, il a affirmé que le peuple doit s’attendre à des concessions de la part des autorités malienne, sans que la nation ne soit compromise.

La délocalisation des sites de cantonnement

Chaque groupe, selon sa spécificité, a fait des suggestions, des observations, des remarques au document proposé par la médiation, traçant ainsi les lignes de discussions des pourparlers. Les points d’amélioration de chaque groupe, selon la méthodologie, ont été lus en plénière avant d’être adoptés.

À l’issue de ces travaux, les panelistes ont formulé des recommandations qui ont été synthétisées dans un document. Celui-ci a été rapporté par M. Nafé KEITA, le rapporteur général de l’atelier national.

Ainsi, il a été question de la nécessité de mettre en place des forces spéciales d’intervention rapide capable de lutter contre les menaces; de la nécessité d’une véritable réforme des forces armées de défense et de sécurité; de la définition de critère d’éligibilité des combattants au cantonnement et à la réintégration; de la nécessite d’une délocalisation de sites de cantonnement par rapport aux agglomérations des régions du nord; de l’élaboration d’un plan spécial de développement; de la mobilisation des collectes en faveur du développement des régions du nord du Mali; la mise en place d’un mécanisme d’évaluation et de suivi au plan national de l’accord.

D’autre part, il a été demandé au gouvernement d’agir pour le changement du préambule du document de la médiation ainsi que sur des titres I et II au niveau des principes des engagements généraux.

Officiellement, les discussions vont se reprendre aujourd’hui jeudi à Alger entre les parties.

 

Par Sikou BAH

 




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