Search
samedi 22 juillet 2017
  • :
  • :

Ouvrage sur la réconciliation nationale: Me Bourama Koné exprime des inquiétudes

L’ancien président de l’Association malienne des Droit de l’homme (AMDH), Me Bourama Koné, relance le débat sur le contexte de la réconciliation nationale dans notre pays, après une déchirure profonde du tissu social, consécutive à la crise de 2012, à travers la publication d’un livre intitulé: «Combattre l’impunité».
La parution de ce livre intervient à un moment historique où des négociations entre le gouvernement et des groupes armés sont engagées pour une paix durable. Le livre a été publiquement présenté, hier jeudi, à la Maison de la presse.
La cérémonie de lancement, présidée par M. Oumarou Bocar magistrat et ancien directeur de l’Institut national de formation judiciaire, a enregistré la présence de plusieurs militants infatigables des droits de l’homme dans notre pays.
La rencontre a été marquée par des témoignages sur le parcours de l’auteur du livre, son combat contre les violations des droits humains au Mali et partout dans le monde.
L’ouvrage présenté est composé de 69 pages paru chez les Éditions Jamana. Ainsi, différents aspects de la crise que notre pays est en train de traverser dont le volet violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire y sont traités, notamment les massacres d’Aguel-Hoc, ainsi que ceux perpétrés à Tombouctou, Gao, Kidal et Mopti qui ont tous fait l’objet de témoignages clairs de la part des acteurs et victimes de ces tristes évènements.
Les crimes rapportés dans le livre sont relatives aux viols collectifs à grande échelle, les exécutions sommaires extrajudiciaires, la destruction des biens publics et privés et des lieux publics, tels que les mausolées, mosquées, églises et l’enrôlement d’enfants soldats.
Brahima Koné estime qu’à travers les actes posés par l’état dans la gestion de la crise, les négociations risquent d’empiéter fortement sur les droits des victimes à la justice et d’encourager l’impunité. Au regard de cette situation, il met l’accent sur la nécessité de la justice pour une réconciliation qui respecte les normes de la dignité humaine.
Le livre ne traite pas les seuls crimes commis au nord du pays. Il fait également allusion aux crimes perpétrés à Bamako, lors de la crise multidimensionnelle.
L’auteur du livre conseille l’État malien, à travers des cas qui se sont passés ici et ailleurs et qui ont pris des dizaines d’années pour enfin aboutir à la justice. Il a cité, entre autres exemples: les cas du Chili et de l’Argentine, où actuellement, des hauts responsables sont poursuivis. devant les juridictions internationales. Une manière de dire que quel que soit le temps que cela prendra, les auteurs des crimes graves seront toujours rattrapés par la justice et la société.
Par ailleurs, des dispositions par rapport à la justice traditionnelles ont été faites. Car, chaque crise mérite une justice traditionnelle qui lui sied. Dans ce domaine, l’œuvre donne des orientations à l’État pour mettre en place des Commissions «Vérité-justice et réconciliation» qui répondra aux attentes du peuple malien et de la communauté internationale.
Dans son témoignage, le représentant des Editions Jamana, Moustapha Cissé, a souligné que le contenu de cet ouvrage cadre parfaitement avec sa logique de combat quotidien pour les droits de l’homme.
Pour Oumou Touré, président de la CAFO, le combat de Me Bréhima Koné a été mené loin des caméras. Elle a salué son esprit de patriotisme qui l’a conduit à défendre de nombreuses causes en faveur des plus faibles au Mali et à travers le monde.
Quant à notre confrère Birama Fall, du Journal Prétoire, il dira que le parcours de l’avocat international est élogieux. Car, Me Koné a été de tous les combats de l’ère démocratique du Mali. Le président de l’ASSEP n’a pas manqué également de saluer les engagements du défenseur des droits de l’homme aux côtés des journalistes à chaque fois que ces derniers sont convoqués devant les tribunaux. Fatoumata Siré Diakité, pour sa part, a fait savoir que ce document va être un bréviaire pour tous les autres défenseurs des droits de l’homme au Mali, afin de se battre pour la manifestation de la vérité en faveur des victimes de la crise.
Son collègue Me Kassoum Tapo, ancien Bâtonnier, lui pense que le document est d’actualité, au moment où des pourparlers sont engagés entre les groupes armés et l’État du Mali pour faire la paix. A son avis, il doit également inspiré et incité les autres militants des droits de l’homme à prendre la plume pour donner leurs contributions pour une véritable réconciliation dans notre pays.
Par Sidi DAO




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *