Oxyjeunes 2016: les enfants à la découverte de l’histoire de Ségou

Au-delà de son caractère festif, Oxyjeunes est une tribune d’enseignement de l’histoire de notre pays aux enfants. C’est dans ce cadre que les participants à cette édition ont visité successivement, le dimanche 7 août, le barrage de Markala et les 7 vestibules du royaume bambara de Ségou construits au 18e siècle par le roi Biton dit Mamary COULIBALY.

Accompagnés de leur encadrement, les enfants ont commencé ces visites guidées par le barrage de Markala où ils ont été reçus par le responsable de l’ouvrage, Mamady FAMANTA. Avec lequel, ils ont discuté et échangé sur la portée du barrage dans l’économie nationale. Aux enfants, M. FAMANTA a rappelé les différentes phases et étapes qui ont abouti à la construction du barrage de Markala. C’est plus de 20 ans après le lancement des études de faisabilité par l’ingénieur français que le barrage a commencé à être opérationnel, en 1947, a-t-il expliqué.
Il a indiqué que cette infrastructure hydraulique fort de son débit de 300 000 m3/s occupe une place importance dans l’économie nationale pour être d’abord la source principale d’alimentation en eau des 8 systèmes hydrauliques de l’Office du Niger, dans la région de Ségou, à savoir Kouromari, Kala supérieur, Kala, Mema, Farimake, Kokeri, Kareri, Macina. Ensuite, le barrage sert de moyen de développement d’autres secteurs comme la pêche et d’autres petites activités génératrices de revenus auxquelles des populations locales s’adonnent.
Fort de tout cela, M. FAMANTA a déploré le fait que l’infrastructure ne soit pas exploitée à hauteur de ses capacités maximales, de même que l’Office du Niger qu’elle ravitaille en eaux. En effet, sur une superficie aménageable de 1 947 000 ha, il apprécie mal que notre pays n’ait pu aménager que 109 000 ha dans l’Office du Niger, selon des données statistiques de 2012.
La 2e étape de la visite guidée était les 7 vestibules du royaume bambara de Ségou construits par le roi Biton dit Mamary COULIBALY. Pour la découverte de cette histoire, les enfants se sont rendus à Sécoro où ils ont été accueillis par le Chef de village, Koke COULIBALY qui n’est autre que le 21e descendant du feu Biton Mamary COULIBALY. Avant l’exploration des 7 vestibules, le chef de village a remémoré la délégation sur les grandes lignes de l’histoire du royaume.
Selon lui, l’histoire du règne de Biton avec la crise que notre pays connaît doit servir de leçon à la jeune génération pour avoir mis en avant le brassage ethnique, la diversité culturelle et la coexistence pacifique entre les religions. Il a confirmé qu’à cette époque, les Bamanans ne priaient pas, mais éprouvaient du respect pour les autres qui pratiquaient d’autres religions.
À Secoro où est érigée jusqu’à présent la 1ere mosquée construite par un Syrien, chaque communauté avait le choix de sa religion, a-t-il indiqué, avant de faire savoir que même le roi Biton avait construit pour sa maman, qui était musulmane, une mosquée. Pour autant, Biton n’était pas musulman. Ce qui, selon le chef de village, explique combien les Bamanans de Ségou avaient du respect pour toutes les religions.
S’agissant des 7 vestibules majestueusement dressés dans la cour du roi, ils abritaient toutes les assemblées relatives à la gouvernance du royaume. Le ‘’Biton blon’’, appelé ainsi par les Bamanans, est le symbole de la puissance du royaume de Ségou. Sous le règne de Biton, il était le passage obligé pour tous ceux qui désiraient voir le souverain.
Quant à ses symboliques, dans la cosmogonie Bamanan, le chef de village a souligné que les 7 vestibules représentent l’homme et la femme. En effet, précise-t-il, chez les Bamanans, l’homme est toujours représenté par le chiffre 3, tandis que la femme est représentée par le chiffre 4. C’est pour symboliser l’homme et la femme que le roi Biton a érigé ces 7 vestibules, a expliqué Koke COULIBALY. Toute chose qui atteste, à son avis, que la femme a été et est toujours au cœur de la société de Bambara. Aussi, témoignent-ils, l’homme ne peut aller sans sa femme et vice-versa. C’est pourquoi s’étonne le chef de village d’entendre des propos Occidentaux qui laissent comprendre que la ‘’femme est marginalisée dans la société traditionnelle Bamanan’’.
Après les 7 vestibules, les enfants se sont recueillis sur la tombe du roi Biton et ont visité les deux mosquées emblématiques du village de Sécoro.
Dans le cadre de leur formation, les enfants coachés par des journalistes ont réalisé des reportages, organisé des émissions radiophoniques sur ces activités.

Par Sikou BAH
Envoyé spécial à Ségou

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