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samedi 17 avril 2021
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Paiement par passage de la redevance péage: les chauffeurs protestent, le gouvernement recule

Après l’avertissement donné par les chauffeurs évoluant sur le tronçon Bamako-Banamba, le lundi dernier, contre la décision du gouvernement de payer au niveau des postes de péage à chaque passage, la Fédération nationale des transporteurs routiers du Mali (FNTRM) a déclaré hier mercredi journée sans transport en commun. Les SOTRAMA et les taxis étaient absents dans la circulation à Bamako. Aussi, les routes nationales ont été bloquées par des apprentis chauffeurs pour empêcher les cars de faire la navette entre les villes.

Dans une note d’information, le ministère des Transports et des infrastructures, à travers la Direction générale de l’autorité routière, avait annoncé, le 29 janvier, le démarrage du paiement par passage de la redevance péage au niveau de tous les postes de péage et pesage à compter du 1er février 2021. Ainsi, la décision a été mise en exécution le lundi dernier. Elle a provoqué la colère des chauffeurs évoluant sur le tronçon Bamako-Banamba. Ceux-ci ont manifesté leur mécontentement en bloquant la route de Koulikoro. Deux jours après, la Fédération nationale des transporteurs routiers est rentrée dans la danse en décrétant hier mercredi journée sans transport en commun. Cette décision a beaucoup joué sur les mouvements de la population à Bamako et entre les villes. À Bamako ceux qui n’ont pas de moyen de transport ont eu des difficultés pour vaguer à leurs occupations. Les tricycles et les motos taxi étaient sollicités.

La Fédération a expliqué que l’arrêt des transports en commun s’explique par le fait que le gouvernement a pris la décision sans les impliquer. Selon les responsables de la Fédération, il n’est pas question que les chauffeurs payent à chaque passage.
« Nous n’avons pas dit que nous ne voulons pas une augmentation, mais nous voulons être respectés. La vraie démocratie, c’est le respect de tous les citoyens. Dans ces conditions, nous ne pouvons pas être d’accord avec le gouvernement. Si les autorités avaient discuté avec les syndicats des chauffeurs, une solution allait être trouvée », a expliqué le responsable de la fédération.
Pour trouver une solution à cette situation, la Fédération a appelé les autorités à prendre leurs responsabilités pour que le payement au niveau des péages revienne à la normale. Après cet arrêt de travail d’une journée, la Fédération envisage de déposer un préavis pour observer une grève d’envergure pour se faire entendre.
Mais en attendant, le ministère des Transports et des infrastructures a fait marche arrière. Dans un communiqué publié dans la journée d’hier, le ministre a informé les usagers de la route que l’entrée en vigueur du paiement de la redevance de péage par passage, initialement prévue pour le 1er février est reportée au mercredi 17 février.
Dans le communiqué, le ministre Makan Fily DABO rappelle aux usagers de la route que le paiement de la redevance de péage par passage procède de l’application des dispositions de l’arrêté interministériel N° 08-1388/MF-MET-MATCL-MSIPC du 14 mai 2008 portant création des postes de péage et fixation des tarifs. Selon le ministre DABO, ce mode de paiement confirmé par le conseil des ministres à sa session du mercredi 19 février 2020 est pratiqué par les autres pays de l’espace UEMOA.
« L’entretien des routes construites à grands frais par l’État est l’affaire de tous. En conséquence, chaque usager de la route doit participer à la protection et à la pérennité des infrastructures » a sensibilisé le ministre des Transports et des Infrastructures.

PAR MODIBO KONE




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