Paix et développement: le Canada sera de plus en plus présent en Afrique

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Après plusieurs mois de travail acharné, dont de nombreuses missions diplomatiques à travers le monde, les ministres des Affaires étrangères, de la Défense nationale, de la Sécurité publique, et moi-même pour le Développement international avons officiellement annoncé que le Canada se réengageait dans les missions de paix.

Tant au niveau de la sécurité que du développement, nous souhaitons soutenir les initiatives locales et partager l’expertise canadienne, afin que nos pays partenaires soient mieux outillés pour faire face aux crises qui les affectent.

La stabilité des États fragiles, notamment en Afrique, est critique pour la paix dans le monde, et on sait qu’il ne peut pas y avoir de paix sans développement, comme il ne peut pas y avoir de véritable développement sans paix. Outre les conflits armés, le terrorisme et le banditisme, les changements climatiques apportent aussi leur lot de défis. L’accès à une eau saine est crucial pour la sécurité alimentaire, la santé et à bien d’autres égards. Considérant qu’elle se fait de plus en plus rare, l’eau pourrait devenir source de conflit. Ici aussi, le Canada peut apporter une contribution, en promouvant une gestion pacifique de cette ressource vitale.

Situation alarmante
En Afrique, où la population est appelée à doubler d’ici à 2050, pour atteindre 2,4 milliards d’habitants, la situation est alarmante. En tant que membres de la Francophonie et du Commonwealth, nous avons le devoir d’aider les pays les plus vulnérables du continent à rétablir ou préserver la paix, non seulement par solidarité, mais aussi parce qu’il en va de la sécurité mondiale.

Je peux vous assurer que notre gouvernement a la ferme intention d’entretenir un véritable dialogue avec les gouvernements africains et les institutions régionales du continent. D’ailleurs, je me rendrai en Afrique prochainement afin de discuter avec les dirigeants, organismes et groupes de femmes locaux, ainsi qu’avec nos partenaires canadiens.

À titre de ministre du Développement internationale et de la Francophonie, je veillerai à ce que les femmes soient partie prenante des processus de paix et projets d’aide humanitaire et de développement, partout où le Canada sera présent. Plus encore, je m’engage à lutter pour la défense de leurs droits, notamment en matière de santé sexuelle et reproductive.

Évidemment, on doit permettre aux filles d’aller à l’école. C’est la meilleure façon de les protéger des mariages précoces et forcés, de leur donner les connaissances nécessaires pour assurer le bien-être de leur famille et de leur offrir la possibilité de contribuer au développement économique de leur communauté. On doit aussi faire en sorte que les garçons complètent leurs études afin d’éviter qu’ils soient contraints à travailler très jeunes ou pire encore, qu’ils soient recrutés par des groupes terroristes.

Aux garçons comme aux filles, on doit offrir la perspective d’un avenir meilleur afin d’éviter qu’ils prennent la route dans des conditions extrêmes, pour finalement devenir des réfugiés quelque part dans le monde.

Faire preuve d’innovation
C’est exactement pour ces raisons, et parce que nous sommes confrontés à des conflits de plus en plus longs et complexes, que nous unissons nos efforts pour la paix dans le monde, et que le Canada sera de plus en plus présent en Afrique.

Afin que nos ressources aient le plus grand impact possible là où nous interviendrons, il faudra faire preuve d’innovation, non seulement sur le plan technologique, mais aussi dans nos mécanismes de financement et les modèles que nous développerons avec nos partenaires.

À cet égard, le Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme est un bel exemple puisqu’il réunit les pays donateurs comme le Canada, mais aussi le secteur privé, dont la Fondation Bill et Melinda Gates et les produits Red. De plus, pour bénéficier des projets du Fonds mondial, les pays ciblés doivent aussi contribuer financièrement à ces programmes, mais plus important encore, ils doivent mettre en place des mesures de gestion saine et durable de leur système de santé.

C’est pourquoi je suis fière que le Canada accueille, à Montréal, les 16 et 17 septembre prochains, la 5e conférence de reconstitution du Fonds mondial. Là encore, nous jouons un rôle de leader, cette fois dans le secteur de la santé mondiale.

Par Marie-Claude Bibeau
Ministre du Développement international
et de la Francophonie

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