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jeudi 13 décembre 2018
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Paix et sécurité au Mali: la neutralisation de Iyad est-elle la solution ?

Si le retour de la paix et de la quiétude sur l’ensemble du territoire reste le vœu le plus cher de tous les Maliens, force est de constater que les solutions à envisager pour arriver à cette fin font encore débat. En tout cas entre l’irrédentiste question touareg et la lutte contre le terrorisme, le nom d’un homme apparait, Iyad Ag GHALY, présenté comme l’ennemi n° 1 de la paix et incarnation de sécurité.

Cette question du djihadiste incontesté s’est invité dans les débats, mardi dernier, lors de la conférence de presse du Chef de la MINUSMA, Mahamat Saleh ANNADIF, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU dans notre pays, à la Maison de la presse du Mali.
Alors que cette conférence de presse avait pour objectif d’expliquer aux hommes de média les innovations du nouveau mandat de la MINUSMA, l’une des questions a porté sur la stratégie de lutte contre Iyad Ag GHALY que le journaliste considère comme étant celui à l’origine du terrorisme.
En réponse à cette question, Mahamat Saleh ANNADIF (RSSG) souligné : « cela me rappelle une discussion que j’ai eue avec des parlementaires, il y a une semaine ici. Ils disaient que la lutte contre le terrorisme au Mali ou la paix se résume à l’élimination d’Iyad et de Moctar Bel MOCTAR. Je leur dis que c’est plus complexe que cela. Je crois qu’il a fallu au monde entier, après les évènements du 11 septembre 2001, au moins une dizaine d’années pour éliminer Ben Laden qui a créé Al Qaida. Il est parti, mais Al Qaida et ses tentacules continuent d’exister. Il y a un certain temps et un autre acteur, l’État islamique est apparu. Et là encore, on se dit qu’en tuant Al Bagdadi, cela pourra prendre fin ».
ANNADIF a rappelé la mobilisation des grandes puissances pendant deux longues années pour la libération de Mossoul.
« Vous avez vu que toute la communauté internationale et toutes les grandes puissances ont mis deux ans pour dire qu’aujourd’hui, ils ont libéré Mossoul. J’ignore quel Mossoul ? Est-ce que ce sont des ruines ou une ville et qu’est-ce que cela a couté comme dégâts », s’est-il interrogé.
Selon lui, la lutte contre le terrorisme est un phénomène complexe qui ne s’arrête pas à un individu. « Ce sont des gens que, quelques-uns avant moi, ont appelé voyous et d’autres des fous qui utilisent des noms et des sigles. Mais pour moi, ce sont des gens sans aucune orientation, sans aucun idéal, mais qui malheureusement causent beaucoup de torts aujourd’hui à l’humanité au nom de tel ou tel objectif ».
M. ANNADIF s’est dit convaincu que la réponse au terrorisme devrait être collective. « Elle n’est pas qu’au Mali », a-t-il dit.
À cet effet, il a indiqué que toutes les Nations du monde sont interpellées : « je suis sûr qu’avec la conjugaison de tout le monde, ce mal sera vaincu, quelles que soient les conditions ».
Avant de conclure : « le problème du terrorisme est un problème plus complexe et je crois que la conjugaison de tout le monde autour d’une réponse collective peut y mettre fin, y compris l’individu dont vous venez de prononcer le nom ».

Par Abdoulaye OUATTARA




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